
Dans un monde où l’électronique est l’infrastructure invisible des transitions numérique, énergétique et industrielle, la Tunisie a toute sa place. Le cluster ELENTICA se positionne comme catalyseur, est ambitionne de donner la visibilité qui se doit à l’écosystème, l’aider à monter en gamme et l’ouvrir à l’international. Son fondateur résume: « l’ambition est de faire passer la Tunisie du statut de sous-traitant à celui de partenaire technologique reconnu ».
Notre vision tient en trois axes. D’abord, bâtir une filière électronique tunisienne cohérente plutôt que des sites isolés: PME et start-up innovantes, centres de recherche connectés à l’industrie, et donneurs d’ordre internationaux nous considérant comme partenaires. Deuxiémement, faire d’ELENTICA un méta-acteur qui coordonne, connecte et accélère via des projets collaboratifs, l’ingénierie de financement et la visibilité internationale. Enfin, positionner l’électronique comme pilier stratégique national, au même rang que les TIC, l’automobile et l’aéronautique ou: passer de « pays atelier » à « pays concepteur et co-développeur ».
Les partenariats structurants sont ceux qui produisent prototypes, brevets et emplois. Trois familles piliers dominent : alliances avec la recherche et les universités (projets co-encadrés, PFE en entreprise, plateformes partagées); partenariats avec technopôles et pôles d’innovation (passage rapide idée-prototype-démo-marché, réduction du time-to-market, attractivité pour investisseurs); accords avec clusters et réseaux étrangers (accès marchés, programmes européens, appels internationaux).
ELENTICA recherche des partenariats industriels pour co-développer des produits, technologiques pour monter en gamme (composants, embedded software, cybersécurité, systèmes intelligents) et formation-compétences pour aligner les cursus sur les besoins réels.
L’international n’est plus un choix, c’est une condition de survie. La stratégie repose sur:
1) une présence collective sur les grands salons avec pavillon tunisien, identité commune et message clair;
2) un marketing de filière racontant cas d’usage, références, chiffres, où le cluster joue la vitrine;
3) l’intégration durable dans des chaînes de valeur mondiales (auto, aéronautique, énergie, télécoms, santé, TIC, IA), grâce aux certifications, aux standards, à la co-innovation et à la fiabilité contractuelle. La diaspora d’ingénieurs sert de relais. Sortir de l’assemblage simple exige d’investir dans l’intelligence.
Dans un monde où l’électronique est l’infrastructure invisible des transitions numérique, énergétique et industrielle, la Tunisie cherche sa place. ELENTICA, cluster catalyseur, veut donner visibilité à l’écosystème, l’aider à monter en gamme et l’ouvrir à l’international.

Vous avez fondé ELENTICA à une époque où l’industrie électronique tunisienne était peu visible. Quelle est votre vision pour l’écosystème, le cluster et la Tunisie ?
Au lancement, l’électronique tunisienne avait du savoir-faire mais peu de récit: on parlait “main-d’œuvre”, rarement “intelligence industrielle”.
Ma vision tient en trois axes :
1) Pour l’écosystème: passer de sites isolés à une véritable filière, avec des PME/start-up innovantes, des centres de recherche connectés au tissu productif, et des donneurs d’ordre internationaux qui nous traitent en partenaires et cotraitants.
2) Pour ELENTICA: agir en méta-acteur qui coordonne, connecte et accélère, en “produisant” les conditions de succès nécessaires.
3) Pour la Tunisie: faire de l’électronique un pilier stratégique aux côtés de l’automobile, de l’aéronautique et des TIC. Nous avons les compétences, la proximité avec l’Europe et une jeunesse technophile; il manque un cap assumé: passer de “pays atelier” à “pays concepteur et co-développeur”. En bref: assumer notre ambition.
Vous évoquez souvent l’internationalisation. Quelle stratégie pour renforcer la visibilité des entreprises tunisiennes ?
Ce n’est plus un slogan, c’est vital. Nos entreprises sont solides techniquement mais peu visibles.
Nous avons entrepris donc une stratégie en trois leviers :
1) Présence collective sur les grands salons avec un pavillon tunisien, une identité commune et un message clair: “Tunisie, plateforme électronique fiable et innovante”.
2) Marketing de filière: raconter des cas d’usage, références clients, chiffres et témoignages; le cluster joue la vitrine.
3) Intégration dans des chaînes de valeur mondiales (auto, aéronautique, énergie, télécoms, santé, etc) via certifications, standards, co-innovation et engagements durables. Nous nous appuyons aussi sur la diplomatie économique et la diaspora comme relais.
Alors que certains parlent d’industrie 6.0, comment monter en valeur et sortir de l’assemblage simple ?
La valeur se déplace vers l’ingénierie, le logiciel, la donnée et le service. Notre réponse:
1) Montée en compétences ciblée (conception cartes/systèmes, firmware, test-validation-certification, cybersécurité, maintenance prédictive, SAV à forte valeur) avec parcours, certifications et formation continue.
2) Transformation des usines en sites intelligents: digitalisation, IIoT, jumeaux numériques, traçabilité en temps réel, optimisation énergétique; nous accompagnons via diagnostics, feuilles de route et mutualisation.
3) Fidélisation des talents: projets stimulants, environnement moderne, reconnaissance; trajectoires de carrière, intrapreneuriat et connexions à des projets internationaux depuis la Tunisie.
Votre “to-do list” pour les trois prochaines années ?
Pour le secteur: une feuille de route nationale chiffrée (export, emploi, R&D) avec moyens alignés; une montée en gamme ciblant des segments où exceller (électronique automobile, énergie, IoT industriel, santé connectée); une marque sectorielle forte. Pour ELENTICA: multiplier les projets collaboratifs qui aboutissent (produits, prototypes, licences, marchés), renforcer les alliances internationales (programmes européens/africains), et offrir des services à forte valeur (veille, certification, montage de projets, formation, appui export). Le cap sera franchi quand des entreprises conçoivent — pas seulement assemblent —, que les talents choisissent de rester, et que la Tunisie est reconnue comme un hub électronique crédible.












