La Fondation Konrad Adenauer (KAS) et l’AHK Tunisie fêtent l’Entreprise Formatrice

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KAS et l’AHK

Le programme Entreprise Formatrice-prêt pour le futur est un programme développé par la Fondation Konrad Adenauer (KAS) et l’AHK Tunisie depuis l’année 2013 et vise à introduire un standard de qualité à la formation professionnelle en Tunisie, par l’application du système dual allemand de formation par alternance.

Parmi les activités développées au sein de ce programme, les journées de sélection permettent d’accorder aux entreprises à la recherche d’un candidat à former et aux jeunes à la recherche de formation par alternance, une opportunité de se rencontrer et de subvenir aux besoins de chacune de ces parties à travers des entretiens de sélection.

Cette étape de sélection permettra par la suite au candidat de pouvoir identifier l’entreprise formatrice dans laquelle il poursuivra sa formation pratique par alternance, en complément des cours dispensés au Centre Sectoriel de Formation dont il relève. Forte des acquis de l’expérience accumulée dans le secteur de l’automobile, l’AHK Tunisie propose de lancer un pilote similaire en partenariat avec la KAS, en coopération avec le CSFIEE de l’ATFP, le Cluster ELENTICA et une sélection d’entreprises opérant dans l’assemblage électronique, dans le cadre de la formation BTS/TPE.

Témoignages 

Mme Souad Mami, Directrice du département HR Services, AHK Tunisie 

«L’AHK est présente aujourd’hui pour soutenir et accompagner les entreprises intéressées par le programme «Entreprise Formatrice». C’est un programme initié en 2013 dans le cadre d’un partenariat stratégique entre la Fondation Konrad Adenauer (KAS) et l’AHK Tunisie. L’événement d’aujourd’hui est consacré à la sélection par les entreprises de candidats apprenants dans le secteur de l’électronique. Ce programme vise à compléter certains aspects de la formation BTS/TPE en mettant en  avant les avantages et les vertus de la formation pratique par alternance. Le programme est réalisé en coopération avec le CSFIEE, l’ATP et le Cluster ELENTICA qui regroupe les entreprises opérant dans l’assemblage électronique. Il faut citer que le démarrage de 2013 n’était pas laborieux et je pense que les résultats que nous avons enregistrés au niveau de l’automobile sont favorables et encourageants.

Aujourd’hui, nous mettons en place une nouvelle étape en tirant toutes les conclusions utiles du programme lors de ses débuts. Notre but premier c’est l’employabilité des apprenants une fois sélectionnés par l’entreprise. Notre in-pout c’est d’accompagner les apprenants pendant les deux années passés au sein de leur centre de formation qu’au sein des entreprises où se déroulent leurs stages pratiques.

Il est important de noter qu’au bout du parcours, les candidats passent leurs examens dans le centre de formation mais aussi un examen pratique au sein de l’entreprise et devant un parterre d’examinateurs, c’est donc très concret ! Je souhaite enfin mettre en avant le volet soft-skils dans ce processus qui est assuré par des experts en inculquant aux apprenants des savoir-faire comportementaux divers qui leur permettent d’évoluer sereinement au sein de l’entreprise.

Il ne faut pas oublier également les tuteurs qui sont des formateurs présents dans l’entreprise. Ils bénéficient d’une formation spécifique, composée de Skils pédagogiques, qui est assurée toujours par les experts de l’AHK. Le couronnement de ce long parcours c’est que nous certifions les apprenants, les tuteurs mais aussi les entreprises pour leur forte implication.»

Hatem Gafsi, Chargé de Programme-Fondation Konrad Adenauer (KAS)

«La Konrad Adenauer est une fondation politique allemande et donc on est en droit de s’interroger sur sa présence et son rôle aujourd’hui dans cet événement sur L’Entreprise Formatrice. En réalité, la Fondation Konrad Adenauer travaille sur deux axes principaux, le politique et l’économie. Pour le second axe, la fondation essaye de développer l’économie sociale du marché et c’est une approche qui a largement contribué à la réussite de l’économie allemande d’après-guerre. C’est un capitalisme où l’aspect humain et social joue un grand rôle. C’est dans ce cadre qu’on a initié ce programme intitulé «Entreprise Formatrice-Prêt pour le futur». Il s’agit d’un côté, de promouvoir le système *dual allemand de la formation professionnelle et c’est une approche qui a donné des résultats remarquables au sein de la RFA. 

Aujourd’hui et compte tenu de la démocratisation progressive de la Tunisie, ce type d’approche gagnerait à être adopté pour réduire le chômage qui est une des causes principales des bouleversements du 14 janvier.  Nous sommes en face d’un programme qui associe le secteur privé, le secteur public et la société civile organisée. Ces différents secteurs se sont réunis pour créer de la valeur économique en tentant d’intégrer ces jeunes tunisiens dans leur contexte socio-économique. C’est une sorte d’inclusion par le biais de la formation professionnelle.

Concrètement, c’est le fait qu’un apprenant passe de la théorie à la pratique et vice-versa, il va acquérir un savoir au sein du Centre qui représente le secteur public, il va acquérir un savoir-faire et une technicité concrète au sein des entreprises et, c’est une sorte d’insertion indirecte dans la vie professionnelle. Et au bout de quelques années, on enregistre un taux d’intégration de 95% des jeunes apprenants.

Ce programme a commencé en 2013 avec la branche automobile et au bout de six années on a enregistré des résultats remarquables. Cela nous a encouragé à élargir notre spectre d’intervention à d’autres secteurs porteurs comme l’automobile à l’instar du secteur de l’industrie de l’assemblage électronique. Notre stratégie c’est de dépasser le projet pilote et de parvenir à une standardisation. Depuis plusieurs années, nous essayons de montrer au secteur public toute l’utilité de la formation en dual afin qu’il la généralise à tous les centres professionnels sectoriels, c’est tout un projet de transformation…»

Ramzi Kheder, Coordinateur Technique CSFIEE

«Nous, au niveau de la formation professionnelle, avons adopté le modèle de la formation par alternance. L’apprenant étudie au sein du centre sectoriel pendant une durée d’un mois, ensuite survient une formation  pratique au sein de l’entreprise qui l’aura sélectionné. Le Centre Sectoriel  de Formation en Industries Electroniques et Electriques s’est associé au programme conjointement initié par l’AHK et la KAS parce que c’est un programme judicieux et que la formation se fait au sein même de l’entreprise. C’est un concept qui a fait ses preuves en Allemagne quand on voit la réussite historique et mondiale de son industrie.

Dans l’entreprise formatrice, on ne parle plus de stagiaire mais d’apprenant. C’est une nouvelle approche plus appropriée pour développer l’employabilité et l’essor des industries électroniques.

Dans le schéma actuel, l’entreprise devient un acteur à part entière de la formation. Il faut garder à l’esprit que le secteur de l’assemblage qui opère en Tunisie connaît une croissance annuelle de 17% et comprend plus de 100 acteurs dont plusieurs multinationales…»

Walid BENAMOR, Président du Cluster ELENTICA

«Je suis le Président cluster ELENTICA qui représente aujourd’hui plus d’une cinquantaine d’entreprises qui opèrent dans le domaine électronique et qui est présent dans différents secteurs d’activité comme l’automobile et l’aéronautique.

On représente plus de 15.000 salariés pour un chiffre global d’1.5 milliard d’euro, ça c’est pour le cluster.

Je dirige en parallèle la société la Pratique Electronique qui opère dans le secteur depuis une vingtaine d’années avec plusieurs certifications. L’initiateur, depuis plus de trois ans de cette approche PPP du cluster, c’est la Banque Mondiale. Aujourd’hui, il y a une synergie qui doit être réellement mutualisée et une stratégie à mettre en place parce que la demande sur certains secteurs est considérable comme c’est notamment le cas de l’électronique. La Tunisie a la chance d’être géopolitiquement au centre du monde et sommes de ce fait, un hub qui a tout ce qu’il faut pour devenir un fournisseur international de cartes électroniques. Cet enjeu fait que le secteur de la formation professionnelle est primordial.

L’expérience allemande en matière de formation en dual a fait ses preuves. C’est une approche qui correspond bien à la philosophie des entreprises. L’initiative de la KAS et de l’AHK est très importante pour nous accompagner mais on attend aussi des politiques qu’ils regardent loin en termes de stratégies futures. Au regard des tendances, la Tunisie excelle au niveau du Soft avec des entreprises de renommée internationale. Maintenant, le soft doit passer vers le hard afin qu’on puisse le convertir en produits. Notre potentiel est énorme, les investissements sont là. Maintenant, c’est  Gouvernement de tracer une feuille de route.»

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