L’IA pour sauver l’eau : Khaoula Khemiri décroche le Prix de la meilleure recherche scientifique féminine

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L’ingénieure Khaoula Khemiri a reçu le Prix de la meilleure recherche scientifique féminine 2026, décerné par la ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfance, Asma Jebri, pour des travaux consacrés à l’apport de l’intelligence artificielle dans la gestion des ressources hydriques tunisiennes, un enjeu économique majeur pour le pays.

Docteure-ingénieure en hydrologie et hydrométéorologie, actuellement en poste à l’Institut National de la Météorologie (INM), Khaoula Khemiri a été récompensée pour son étude intitulée « L’impact des changements climatiques et des pressions anthropiques sur les ressources en eau bleue ». Menés à l’Institut national des recherches agronomiques de Tunisie, établissement rattaché à l’Université de Carthage, ces travaux portent sur le stress hydrique, difficulté économique et environnementale de premier plan pour la Tunisie, confrontée à la fois à la raréfaction de ses réserves en eau et à des précipitations de plus en plus irrégulières, sur fond de demande croissante émanant du secteur agricole.

Lors de la cérémonie organisée au siège du ministère, la chercheuse a détaillé sa proposition de gestion intégrée des ressources hydriques, fondée sur les technologies de l’intelligence artificielle. Cette approche permettrait de croiser des données climatiques, satellitaires et hydrologiques recueillies simultanément, dans le but d’anticiper plus efficacement les risques et de consolider la sécurité hydrique et alimentaire du pays. Selon Khaoula Khemiri, ses résultats démontrent la capacité de l’intelligence artificielle à améliorer la fiabilité des données climatiques, ouvrant la voie à des outils plus précis pour suivre l’évolution des ressources en eau et anticiper les risques associés.

Le jury scientifique, présidé par Walid Barhoumi, a examiné 14 candidatures selon un processus en deux étapes, la première ayant permis de retenir cinq recherches, avant qu’un examen approfondi de chacune d’elles n’aboutisse à la désignation de la lauréate. Walid Barhoumi a précisé que l’évaluation reposait sur quatre critères principaux, à savoir la qualité scientifique des travaux, la pertinence des solutions proposées, leur caractère innovant, ainsi que leurs retombées économiques, sociales et environnementales et leur contribution au développement national.

Le ministère avait choisi de consacrer l’édition 2026 du prix au thème des innovations de l’intelligence artificielle pour renforcer la sécurité hydrique et alimentaire. Asma Jebri a indiqué que ce choix visait à rapprocher la recherche scientifique des priorités nationales de développement et à mettre en valeur la contribution des femmes et des filles tunisiennes aux sciences, aux technologies et à l’innovation.

La ministre a par ailleurs rappelé le poids des femmes dans l’enseignement supérieur tunisien, où elles représentent 66,8% des effectifs étudiants du secteur public. Cette présence est particulièrement marquée dans certaines filières scientifiques, avec 88,96% de femmes en sciences de la vie, 79,3% en sciences physiques, 72,8% dans les filières de santé, 50,4% en informatique et 47% en ingénierie. Les femmes constituent également 64,9% des doctorants et 72,5% des étudiants en mastère de recherche, tandis que leur taux de présence dans les structures de recherche et laboratoires nationaux atteint 59%.

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