
Le groupe allemand Deltec, spécialisé dans la sous-traitance électronique, vient de mettre la main sur l’usine tunisienne de Borj Cedria appartenant au groupe suisse Cicor Technologies, une transaction à 1,3 million d’euros.
L’opération, finalisée le 18 juin 2026, permet au sous-traitant bavarois de franchir pour la première fois les frontières allemandes et d’intégrer à son catalogue de nouvelles compétences industrielles, tandis que Cicor poursuit de son côté un vaste programme de restructuration touchant plusieurs continents.
C’est Carsten Ellermeier, dirigeant et actionnaire de Deltec Group, qui a signé le rachat de la société Cicor Digital Tunisie SUARL, filiale du groupe helvétique implantée à Borj Cedria et employant environ 90 salariés. L’accord avait été conclu le 16 juin 2026, avant que la cession ne soit officiellement actée deux jours plus tard, le 15 juin selon les informations communiquées par Deltec lui-même concernant la date d’effet réelle du transfert de propriété. Le montant de la transaction, fixé à 1,3 million d’euros, reste soumis aux ajustements habituels propres à ce type d’opération.
Pour Deltec, qui emploie environ 300 personnes et exploite neuf lignes de production CMS sur une surface industrielle de 30 000 m², voit ainsi ses effectifs renforcés par la centaine de salariés tunisiens repris dans l’opération. Le rachat lui ouvre également de nouveaux débouchés, puisque le site de Borj Cedria lui permet d’ajouter à son activité historique d’assemblage de cartes électroniques des prestations de câblage, de moulage par injection plastique et de fabrication de modules et de produits finis. Cette diversification doit permettre au groupe de proposer à ses clients une offre intégrée allant de la conception jusqu’au produit fini, tout en s’appuyant sur la complémentarité entre le site bavarois de Furth im Wald et la nouvelle unité tunisienne.
Carsten Ellermeier a justifié cette opération par la nécessité de répondre aux contraintes de compétitivité internationale pesant sur ses clients. Le dirigeant a indiqué que l’acquisition renforçait la capacité de son groupe à garantir une production fiable, aussi bien pour de petites séries que pour des volumes industriels importants.
Du côté de Cicor, cette cession vise à améliorer la rentabilité du groupe après les acquisitions réalisées en 2025. Le plan prévoit plusieurs transferts d’activités entre ses différents sites internationaux avec les opérations de production du site genevois, repris auprès de Mercury Systems, seront ainsi déplacées vers Newport au Royaume-Uni et vers Bronschhofen en Suisse, tandis que les activités d’outillage liées au moulage par injection plastique migreront de Singapour vers Batam en Indonésie. En Suisse toujours, l’unité de Wangs, spécialisée dans les substrats en couches minces, doit voir ses capacités de production augmentées afin de répondre à une demande soutenue dans les secteurs de l’aérospatiale et de la défense. Le groupe a par ailleurs procédé à une rationalisation de certaines structures managériales en Suisse, en Allemagne et en France, ainsi qu’à une réorganisation comparable en Thuringe, sans toucher aux sites de production existants.
En Afrique du Nord, Cicor recentre désormais ses activités sur ses deux sites marocains de Berrechid et de Temara, près de Casablanca, où les opérations d’Éolane et de Valtronic, jusqu’alors basées à Berrechid, seront regroupées sur un seul site. L’ensemble du plan de restructuration doit entraîner la suppression d’environ 220 postes, soit près de 5% des effectifs totaux du groupe, en intégrant les emplois liés à la vente du site tunisien.
Cicor évalue à environ 5 millions de francs suisses le coût exceptionnel de la mise en œuvre de ce programme pour 2026, la majorité de ces charges devant être comptabilisée sous forme d’ajustements au premier semestre. Le groupe table en contrepartie sur un gain récurrent annuel dépassant 10 millions de francs suisses d’EBITDA, avec une contribution déjà significative attendue dès le second semestre 2026. La cession du site tunisien entraînera quant à elle un impact négatif exceptionnel de 300 000 francs suisses sur le résultat net du groupe, frais de transaction compris, sans toutefois affecter son chiffre d’affaires, les relations commerciales avec les clients concernés restant assurées par Cicor.











