Tunisie – Assurances : Le grand chantier 2026-2030 est lancé

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Le secteur tunisien des assurances devrait connaître une transformation en profondeur d’ici 2030, avec en tête de liste la création d’une couverture nationale contre les catastrophes naturelles, une réforme du Code des assurances et une refonte du régime automobile, selon le plan quinquennal validé par le Comité Général des Assurances (CGA).

Ce programme, conçu pour la période 2026-2030, ambitionne de renforcer la capacité financière des assureurs afin qu’ils puissent peser et contribuer davantage dans le financement de l’économie tunisienne, en canalisant une part accrue de l’épargne des ménages vers l’investissement productif et d’étendre la couverture assurantielle à des franges de la population aujourd’hui peu ou mal protégées, tout en accélérant la transition numérique et en revoyant les règles de gouvernance qui encadrent la profession.

La montée des périls climatiques a conduit les autorités à ériger la protection contre les catastrophes naturelles en chantier prioritaire avec un nouveau texte de loi qui devrait poser les bases juridiques d’une couverture qui engagerait à la fois les entreprises et les particuliers face aux sinistres liés au climat. En parallèle, les assureurs travailleront à la construction d’un modèle actuariel destiné à chiffrer avec précision le prix de cette garantie et à en calibrer les paramètres techniques. Des travaux complémentaires porteront sur les conséquences qu’un tel régime pourrait avoir sur la solvabilité des compagnies, pendant qu’une campagne d’information sera lancée pour familiariser le grand public avec ce dispositif et son utilité pour la stabilité économique et sociale du pays.

Pour le secteur agricole, le Comité prévoit que les produits destinés aux exploitants seront revus et diversifiés, avec à la clé une obligation d’assurance qui s’appliquera progressivement à certaines catégories de producteurs. Le traitement des dossiers d’indemnisation sera simplifié, et des cycles de formation viseront aussi bien les agriculteurs que les courtiers et les experts chargés d’estimer les dégâts subis par les cultures.

Concernant l’assurance automobile, le cadre qui régit le Bureau Central de Tarification sera remanié, et un mécanisme de mutualisation verra le jour pour prendre en charge les demandes d’assurance rejetées dans les segments considérés comme les plus exposés, à l’image du transport rural, des taxis ou de la location de véhicules.

Enfin, la révision du Code des assurances doit permettre de donner un nouvel élan à l’assurance-vie et d’enrichir l’offre en matière de retraite complémentaire, le texte prévoyant par ailleurs d’ouvrir le réseau de distribution à de nouveaux acteurs, la bourse et les institutions financières figurant désormais parmi les intermédiaires habilités à commercialiser des produits d’assurance.

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