Afrique : La Tunisie et la France se mobilisent pour les entrepreneures

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Organisée en Tunisie du 1er au 3 juillet 2026 autour du thème « One Market, One Future », consacré aux voies numériques permettant de tirer pleinement parti de la ZLECAf, la 7ème édition de la foire commerciale et du sommet des affaires pour les femmes entrepreneures du COMESA (CTF7) a rassemblé plus de 500 femmes entrepreneures, décideurs publics et investisseurs venus des 21 États membres du COMESA.

C’est à l’occasion du lancement du plan stratégique 2026-2030 de la Fédération des associations nationales des femmes entrepreneures du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (COMFWB) que l’ambassadrice de France en Tunisie, Anne Guéguen, a affirmé que la Tunisie, en tant que pays hôte, et la France réunissent les conditions permettant d’apporter une contribution déterminante à la mise en œuvre de ce programme. Selon la diplomate française, « cette collaboration est portée par les atouts de la Tunisie qui agit comme carrefour stratégique entre l’Europe et l’Afrique subsaharienne et la France qui bénéficie d’un fort entrepreneuriat féminin, dont 40 % des entrepreneurs individuels sont des femmes y compris une importante diaspora africaine », rapporte l’Agence TAP.

Ce plan quinquennal, dévoilé à l’ouverture du CTF7, poursuit 3 objectifs distincts, celui d’accroître la présence des femmes dans les circuits commerciaux intra-COMESA et intra-ZLECAf, celui de leur ouvrir plus largement l’accès au financement, et celui de faire des outils numériques un vecteur de performance économique pour leurs activités.

Elle a appelé à construire, ensemble, un partenariat d’égal à égal, pour co-produire, co-investir et co-inventer, avec les femmes et la jeunesse du continent africain, faisant valoir que les femmes entrepreneures, parce qu’elles réinjectent une part plus importante de leurs revenus dans leurs communautés et génèrent des emplois à plus forte portée sociale, constituent des actrices déterminantes de cette mutation économique. Elle a précisé que l’appui à l’internationalisation des femmes entrepreneures africaines relève autant d’un impératif d’équité que d’un choix d’efficacité économique. D’après elle, les femmes occupent une position centrale dans les mutations économiques qui doivent permettre de renforcer le dynamisme des entreprises, d’engager des investissements et de créer des emplois, au bénéfice des économies africaines comme de leurs partenaires les plus proches, à commencer par la France, dans la perspective d’un continent de prospérité partagée et de développement durable.

La France a revu en profondeur sa méthode de coopération avec les pays du continent africain et oriente désormais son action vers des objectifs de développement durable. « Elle n’est plus simplement un donateur ou un observateur de l’essor africain. Elle entend être un partenaire actif de l’essor africain, sur un pied d’égalité, aux côtés des entrepreneurs et en premier lieu des femmes qui font bouger les lignes », a précisé Anne Guéguen.

« La France se reconnaît pleinement dans ces priorités. Elle continuera, à travers le projet « Qawafel » et l’ensemble de ses instruments de coopération, à être à vos côtés pour les concrétiser », a affirmé Anne Guéguen, convaincue que les ambitions de ce plan quinquennal rejoignent largement la vision portée par son pays. Financé à hauteur de 3,8 millions d’euros, ce programme a bénéficié à plus de 170 PME tunisiennes accompagnées dans leur expansion vers les marchés africains, à travers un diagnostic à l’export, une mise en relation avec des partenaires B2B, un accès facilité au financement, ainsi que des formations aux outils numériques et aux normes internationales.

Ce dispositif a permis la création de 18 structures d’accompagnement, la conclusion de contrats commerciaux entre 250 entreprises tunisiennes et des partenaires mauritaniens, sénégalais, congolais et kényans, ainsi que la signature de plus de 10 accords institutionnels rendus possibles grâce à l’intervention d’Expertise France et du groupe Agence Française de Développement.

L’ambassadrice a également mentionné les engagements financiers pris par la France lors du sommet Africa Forward, organisé à Nairobi, qui portent sur 23 milliards d’euros consacrés à des investissements en faveur du continent africain, dont 14 milliards proviendront de fonds publics et privés français orientés vers l’énergie, les infrastructures numériques, les transports, l’agriculture intelligente et la formation des futurs talents africains.

Selon Anne Guéguen, cette vision de la co-construction s’appuie sur 3 principes, celui de privilégier l’investissement à l’aide, dans la mesure où l’Afrique, continent le plus jeune du monde, bénéficie d’un dividende démographique considérable et affiche l’une des croissances économiques les plus soutenues de la planète, celui d’appréhender les enjeux de développement à l’échelle du continent entier, et celui de placer les femmes et la jeunesse au centre des priorités.

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