Inclusion financière en Tunisie : Que révèle l’étude du PNUD ?

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Seulement 18 % des jeunes tunisiens interrogés dans sept gouvernorats disposent d’un compte bancaire, tandis que 98 % des femmes à faibles revenus continuent de privilégier les transactions en espèces, Nadia Gouta, responsable du Programme de croissance inclusive et de développement humain du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).

Dévoilant les résultats de l’enquête lors de son passage sur les ondes d’Express FM, elle a précisé que l’échantillon compte 1 457 femmes et 1 179 jeunes, hommes et femmes confondus.

Conduite dans le cadre du Plan de développement 2026-2030, l’étude s’inscrit aussi dans le projet consacré à l’économie verte et à l’autonomisation économique des femmes en Tunisie, conduit en partenariat avec le ministère de l’Économie et de la Planification et financé par le Canada. Les données ont été collectées dans sept gouvernorats, à savoir Gabès, Médenine, Tataouine, Kébili, Gafsa, Tozeur et Kairouan, qui représentent à eux seuls plus de la moitié du territoire national. Or ces régions ne comptent qu’un peu plus de 200 agences bancaires, sur un total de plus de 2 000 pour l’ensemble du pays, ce qui explique en partie les écarts observés par rapport aux autres gouvernorats de la République.

Seuls 18 % des jeunes interrogés possèdent un compte bancaire, et 70 % n’ont aucun compte auprès d’un quelconque service financier. Près de 35 % des étudiants sondés estiment ne pas être concernés par les services financiers, une perception partagée par 23 % des jeunes sans emploi, qui se trouvent eux aussi en situation de vulnérabilité économique et financière. La confiance envers les outils numériques reste limitée puisque seulement 50 % des jeunes interrogés font confiance aux comptes numériques et à Internet, contre 98 % qui privilégient les transactions en espèces. Parmi les jeunes qui font confiance aux services numériques, 66 % estiment qu’il n’est pas nécessaire de se rendre physiquement dans une agence bancaire ou un bureau de poste.

Du côté des femmes, l’étude montre que 35 % de celles à faibles revenus détiennent un compte bancaire, tandis que 50 % d’entre elles se rendent plutôt dans les bureaux de poste. Seules 18 % disposent d’un compte auprès d’un service financier formel, et 98 % préfèrent recourir aux espèces, une situation en partie liée au fait qu’environ la moitié d’entre elles perçoivent leurs revenus en liquide. Nadia Gouta a également signalé que le taux de recours à l’assurance dans les sept gouvernorats étudiés ne dépasse pas 0,2 %, un chiffre qu’elle a qualifié de très faible, voire quasiment nul.

L’étude s’est aussi penchée sur les services d’accompagnement non financier, largement méconnus puisque 81 % des personnes interrogées ignorent leur existence et les assimilent simplement à une forme d’accompagnement général. Parmi les bénéficiaires de ces services, 48 % recherchent avant tout une formation technique et professionnelle.

Nadia Gouta a tenu à rappeler que l’inclusion financière ne se limite pas à la simple détention d’un compte bancaire, mais suppose également un accès effectif aux services financiers de base, proposés au sein d’un système formel, à un coût raisonnable, et permettant de réaliser différentes opérations. Selon elle, les femmes et les jeunes représentent un potentiel économique considérable pour les régions concernées, et leur inclusion financière peut constituer un facteur d’égalité, de développement et de résilience territoriale. Ces catégories peinent pourtant encore à accéder aux services financiers, ce qui a motivé la réalisation de cette étude, destinée à recenser les obstacles rencontrés par les jeunes et les femmes dans ces gouvernorats.

 

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