
Avec plus de 29 milliards de dinars en circulation hors des circuits bancaires officiels, la Tunisie fait face à une masse monétaire incontrôlée qui nourrit l’essor de l’économie informelle, souligne l’expert économique Maher Belhaj.
Sur les ondes de Mosaïque FM, l’expert qui se base sur les chiffres de la Banque Centrale de Tunisie (BCT) estime que cette réalité entretient directement le développement de l’économie informelle et alimente ce qu’il qualifie d’« économie fantôme », opérant en dehors de tout contrôle étatique.
Contrairement à une idée répandue, il écarte tout lien de causalité avec l’entrée en vigueur de la nouvelle loi sur les chèques. Selon lui, ce repli vers le cash a commencé à s’accentuer dès 2015-2016, révélant un dysfonctionnement structurel profond qui s’est progressivement aggravé au fil des années, bien avant toute réforme législative récente.
Face à l’ampleur du phénomène, Maher Belhaj plaide pour l’obligation légale du paiement électronique sur l’ensemble des règlements de factures courantes, notamment celles liées à l’électricité, à l’eau et à l’internet, ainsi que sur les services en général. À ses yeux, le recours systématique à la carte bancaire et aux autres instruments de paiement dématérialisés constitue une étape incontournable pour réduire le poids des transactions en espèces et réintégrer progressivement ces flux financiers dans le circuit officiel.











