Tunisie – GCT : Une nouvelle stratégie pour relancer le secteur des phosphates

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Hédi Youssef, Directeur général du Groupe Chimique Tunisien (GCT), a dévoilé la stratégie en cours d’élaboration visant à redéfinir le rôle du secteur des phosphates. Cette orientation repose sur une refonte du mode de gestion, pensée pour mieux répondre aux exigences des entreprises industrielles, tout en rapprochant les différentes étapes de la chaîne de production, de l’extraction jusqu’à la transformation.

Dans ce cadre, des commissions spécialisées, mises en place à la suite d’une décision en Conseil ministériel, ont déjà entamé leurs travaux. En parallèle, une structure interne dédiée à la réflexion stratégique a été installée au sein du GCT il y a près de dix mois, réunissant des compétences techniques chargées de définir des orientations précises pour l’appareil industriel du phosphate.

Le taux d’activité global du groupe ne dépasse pas 40 %, avec des écarts relevés entre plusieurs unités industrielles au cours de l’année 2025, dont les installations de production d’acide phosphorique à Gabès et Skhira, ainsi que les unités de superphosphate et de triple superphosphate à Mdhilla.

La consommation annuelle de phosphate avoisine 2 millions de tonnes, tandis que les stocks sont estimés à environ 600000 tonnes. En parallèle, les besoins en soufre atteignent près de 600000 tonnes par an.

Concernant les mesures en faveur de l’environnement, un programme validé prévoit l’arrêt immédiat des émissions polluantes, à travers une série d’actions incluant la maintenance et la remise en état de certaines installations industrielles.

Le groupe compte également renforcer ses partenariats avec des institutions étrangères, notamment algériennes, afin de soutenir les capacités de production et favoriser les échanges d’expertise. À moyen terme, les autorités misent sur une montée en puissance progressive de la production dans le cadre du plan 2026-2030. Le rythme devrait s’accélérer dès 2026 pour atteindre 5,5 millions de tonnes, avec une ambition de 13,6 millions de tonnes à l’horizon 2030.

Les exportations de phosphate séché devraient suivre avec des volumes attendus fixés à 300000 tonnes en 2026, avec une progression visant près de 1 million de tonnes d’ici 2030.

Pour atteindre ces objectifs, plusieurs conditions doivent être réunies, notamment l’amélioration du transport du phosphate brut vers les sites de transformation, la sécurisation de l’approvisionnement en eau industrielle et la levée des contraintes qui freinent certains projets structurants, dont Oum El Khacheb 1, parallèlement au lancement d’Oum El Khacheb 2.

Le programme économique pour 2026 prévoit une augmentation de la production d’acide phosphorique, sous ses formes ordinaire et purifiée, ainsi que du triple superphosphate, du mono-superphosphate, du phosphate de diammonium et du phosphate de monoammonium.

Le plan insiste également sur la nécessité de relancer le projet de Mdhilla 2, à l’arrêt depuis 2020, ainsi que sur l’achèvement du programme de mise à niveau environnementale des installations situées à Gabès, Gafsa et Skhira.

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