Tunisie : L’OTIC adopte la Déclaration pour défendre les droits des demandeurs de visa

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Une coalition d’organisations civiles arabes et africaines, conduite par l’Organisation tunisienne pour informer le consommateur (OTIC), a adopté la « Déclaration de Tunis sur les droits du consommateur dans les services de visas et de mobilité internationale ».

Ce texte fondateur, premier du genre à réunir des associations de ces deux régions, entend convertir des griefs dispersés en une force de revendication structurée, face à un système consulaire jugé onéreux, peu lisible et confié pour partie à des opérateurs privés dont les pratiques sont contestées.

L’OTIC, qui a piloté cette initiative, a officiellement lancé cette déclaration afin de transformer ce qui relevait jusqu’ici de réclamations individuelles éparses en un mouvement collectif organisé, capable de peser sur la réforme d’un secteur perçu comme opaque et de plus en plus pesant financièrement pour les citoyens.

Lotfi Riahi, président de l’OTIC estime que la délégation partielle des services consulaires à des sociétés privées intermédiaires a engendré une multiplication des frais à la charge des usagers, des délais d’attente prolongés et une fragmentation des démarches à travers diverses plateformes numériques. Dans une déclaration à l’Agence TAP, il a tout particulièrement mis en cause le mécanisme par lequel un refus de visa entraîne la perte intégrale des sommes versées, alors même que le demandeur n’a obtenu aucune prestation en contrepartie.

Ce constat avait déjà conduit l’OTIC à publier, le 12 mai 2026, un communiqué dénonçant les abus de ces intermédiaires privés, accusés de pratiquer des tarifs excessifs au regard de la portée administrative limitée de leurs prestations et en l’absence de toute concurrence effective. L’organisation qualifiait ces pratiques de « forme de monopole déguisé » aux tarifs déraisonnables.

Face à cette situation, la coalition associative formule plusieurs exigences concrètes à l’adresse des autorités compétentes. Elle réclame l’instauration d’un mécanisme de remboursement total ou partiel des frais engagés en cas de refus, la dissociation claire entre les coûts administratifs obligatoires et les services à caractère optionnel, ainsi qu’une obligation de transparence sur les critères et les motifs de rejet des demandes. Les organisations signataires demandent par ailleurs que les sociétés privées intervenant dans ce circuit soient soumises à des exigences de contrôle et d’accountability nettement renforcées, et que la protection des données personnelles et numériques des demandeurs soit garantie.

Lotfi Riahi a tenu à préciser que cette mobilisation ne remet pas en question le droit souverain des États à définir leurs propres règles d’entrée sur leur territoire. Il s’agit de construire un cadre de traitement des demandes de visa plus équitable et plus respectueux des personnes. Pour opérationnaliser cette ambition, des démarches sont déjà engagées en vue de créer l’Observatoire africain des services de visas et de la mobilité, une instance indépendante dont le mandat sera de documenter les conditions réelles de ces services et de produire des indicateurs mesurables et comparables à l’échelle du continent.

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