Il était une fois, le phosphate…

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Selma Benkraiem

Nous voulons tous une part du gâteau, nous voulons tous partager notre richesse, …. Mais au fait, pourquoi devons-nous parler de partage équitable quand on parle de Phosphate ??? 

Avant d’avance, je voudrais remercier deux personnes qui m’ont aidé pour ce focus ; à savoir ;  Mme Chaima Fitouri du bureau d’études TESCO pour les données pratiques sur le secteur et Mr Khaled Kaddour, à travers son projet de vision pour la région de Gafsa. 

Le Gouvernorat de Gafsa, à l’instar de tout le pays, vit, depuis près de 50 ans des problèmes sociaux, économiques et environnementaux qui se sont développés durant les dix dernières années.

Comme vision prospectiviste et stratégique, le gouvernorat de Gafsa a besoin d’un projet global qui tienne compte de toutes les délégations et des trois secteurs environnemental, économique et social selon des délais allant à 2020-2025 et 2030 en tenant compte des attentes affirmées des citoyens et pouvant influencer toutes les mentalités sociales et les possibilités technologiques.

Avec de sérieuses difficultés économiques et n’ayant pas de tissu industriel, la seule richesse de toute la région repose sur les phosphates.

Le phosphate : est-il la solution ou le problème ?

En fait, le phosphate pose, des défis importants et sérieux sur la sécurité, la stabilité, l’environnement, la santé, le développement économique et social ainsi que sur les habitants, les employés et le site de production,

Il représente aussi un secteur d’importance internationale, 

La bonne gestion et le développement de la gouvernance ont des conséquences directes sur le résultat, la permanence des entreprises et le progrès de développement du pays.

Questions pertinentes ;

-la diminution sensible de la production des phosphates pose des problèmes à l’entreprise qui devient inapte à les surmonter,

-des doutes sur le transport des phosphates, les opérations d’achat et de recrutement inadaptés ainsi que sur les concours,

– la gouvernance interne et ses problèmes,

 -la politique sociale de l’entreprise,

-la gouvernance des sociétés de l’environnement et des plantations.

Les Mines : Quels sont les principaux défis?

-La production et l’exportation des phosphates n’ont pas repris leur cours normal,

-Amélioration de la qualité de la vie,

-Appui à l’emploi,

-Le développement dans les zones de production,

-Assurance d’un avenir meilleur.

Historique de la découverte

C’est en avril 1885, lors d’une prospection dans la région de Metlaoui, partie occidentale du sud du pays, que Philippe Thomas (1843-1910), géologue amateur français, découvrit des couches puissantes de phosphate de calcium sur le versant nord du Jebel Thelja.

C’était la première découverte de gisements de phosphate de chaux en Afrique du Nord, dans l’Éocène des versants sud et nord de la chaîne de Gafsa. 

Poursuivant sa prospection, il en découvrit d’autres au cours des deux années suivantes.

D’autres prospections géologiques et des explorations de grande envergure ont suivi cette découverte décisive. Celles-ci ont révélé l’existence d’importants gisements de phosphate au sud et au nord de « l’île de Kasserine » (appellation géologique de la formation en plateau calcaire de la région de Kasserine qui est une « île fossile »). 

Présentation de la compagnie des phosphates de Gafsa

À partir de 1897, date de création de la « Compagnie de Phosphate et de Chemin de Fer de Gafsa », une nouvelle activité industrielle des phosphates vit lejour dans le pays. 

Les premières excavations commencèrent dans la région de Metlaoui et, vers 1900, la production de phosphate marchand atteignit un niveau de 200 000 tonnes.

Après ces débuts, la Compagnie de Phosphate et de Chemin de Fer de Gafsa a connu, tout au long de sa longue histoire, une série de changements structurels avant d’acquérir son statut actuel et de devenir, en janvier 1976, la Compagnie des Phosphates de Gafsa (CPG). 

La Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) dispose de ressources géologiques importantes en phosphate, dont l’exploitation génère depuis plus de 120 ans (création en 1897) une importante activité économique dans le sud du pays.

Le long de plus d’un siècle, la CPG a constitué le principal employeur dans le bassin minier de Gafsa. Elle emploie actuellement environ 6000 personnes (2018). Elle est à l’origine de l’industrie d’engrais chimique en Tunisie depuis les années 1950.

Avec une expérience centenaire dans l’exploitation et la commercialisation des phosphates tunisiens, la CPG figure parmi les plus gros producteurs de phosphate dans le monde : le cinquième rang à l’échelle mondiale avec une production excédant huit millions de tonnes de phosphate marchand (année 2009).

  1. Préalable géologique 

La Tunisie est un pays essentiellement sédimentaire. La série stratigraphique s’y étale depuis le Primaire (Permien) jusqu’au Quaternaire. 

Une zonation se distingue dans la région de l’Ensemble Atlasique tunisien qui nous intéresse  Les grandes zones géologiques de la Tunisie.

La zonation structurale de la Tunisie traduit sa position de transition entre les unités charriées issues de l’orogène alpin au Nord et le bâti africain au Sud. On peut y distinguer du Nord au Sud :

  • la zone des nappes de charriage caractérisée par |’empilement d’unités telliennes et numidiennes, largement allochtones, relayées au Sud par un ensemble d’écailles dont le front correspondrait au chevauchement de Touboursouk.
  • la zone des plis atlasiques, prolongement oriental de l’Atlas saharien, occupée par des anticlinaux décakilomètriques, allongés selon une direction N 30 à N 60, souvent coffrés, séparés par de vastes cuvettes synclinales. Des fossés d’effondrement mio-plioquaternaires découpent ces structures suivant une direction moyenne N 160.
  • la zone des structures liées aux grands accidents correspond d’une part aux structures de l’alignement N-S, et d’autre part aux faisceaux des plis de Moulares, de Metlaoui et des chotts, liés génétiquement aux couloirs de décrochement de Gafsa (bassin de Gafsa) et de Megrine-Tozeur éléments de l’accident sud-atlasique.
  • la plate-forme orientale caractérisée par une subsidence lente au cours du Mésozoïque et plus active au cours du Cénozoïgue. Le style de sa déformation est marqué essentiellement par des jeux de horsts et de grabens, associés à des plis à grands rayons de courbure.
  • la plate-forme saharienne est une zone stable dont les sédiments ne sont que légèrement basculés.

Le bassin de Gafsa-Métlaoui, fait partie de l’Atlas Méridional Tunisien et a constitué un modèle paléo-environnemental typique d’un milieu phosphatogène, se présentant sous la forme d’une large dépression semi-fermée, de type épicontinental communiquant avec la mer ouverte à travers un détroit appelé « seuil de Chemsi »

Dans la région de Gafsa-Métlaoui les différents plis et failles sont le résultat d’un ensemble de phases tectoniques dont l’évolution a beaucoup influencé l’histoire géologique du bassin ainsi que la sédimentation phosphatée.

Cet Ensemble comporte notamment:

1. la Zone des Diapirs, dite Zone des Dômes, qui sont associés aux diapirs, d’âge triasique ; plusieurs gisements, gîtes et indices miniers y sont connus ;

2. la Plate-forme carbonatée de la Tunisie Centrale; des minéralisations de Pb, Zn, Ba et Fe sontassociées aux grandes inconformités crétacées et aux hauts-fonds aptiens ;

3. l’Axe Nord-Sud: des minéralisations à F, Ba, Zn et Pb sont liées surtout à l’inconformité jurassique/crétacée : cas de la province fluorée à Zaghouan ;

4. le Bassin de Gafsa : il est connu par ses nombreux gisements de phosphates et par ses réserves en fer oolithique. Ce bassin phosphaté est situé entre les « îles fossiles » de Kasserine et de Jeffara.

Les minerais phosphatés se présentent sous forme de divers faciès, le plus commun est le faciès des phosphates sédimentaires qui se relèvent de trois principaux constituants pétrographiques : les granules (pseudo-oolithes), les nodules et les débris organiques (coprolithes). Les formes biogènes des phosphates, tels que les guanos d’oiseaux et de chauve-souris, sont exploitées depuis des siècles.

La configuration paléogéographique particulière du bassin de Gafsa-Métlaoui a engendré une circulation marine restreinte favorable au piégeage des détritus organiques. Au cours du MioPliocène, après le retrait de la mer, on a une sédimentation fluvio-lacustre de l’ordre de plusieurs centaines de mètres, mais de l’ordre d’un millier de mètres aux abords de la faille de Gafsa.

Dès le début du Tertiaire, durant le Paléocène supérieur-Eocène inférieur deux petits niveaux de phosphorites annoncent la grande sédimentation phosphatée. Le bassin de Gafsa–Métlaoui, qui se situe entre l’île de la Jeffara au Sud et celle de Kasserine au Nord, est le siège d’une sédimentation diversifiée avec des argiles, des carbonates, du gypse et des phosphorites

Le dépôt des phosphates provient de la conjonction de plusieurs phénomènes. 

En simplifiant : à l’Éocène inférieur, la région subit une subsidence ; le climat est chaud, aride, et ne permet pas la dissolution des cadavres d’animaux ; les sédiments ainsi accumulés constituent progressivement les phosphates sédimentaires sur de grandes épaisseurs. Pour être plus précis, il est suggéré au lecteur de lire deux résumés en annexe de ce compte rendu :

– Manifestations tectono-sédimentaires à l’Éocène et genèse des bassins phosphatés d’Afrique du Nord 

The cretaceous-tertiary transition on the shallowsaharianplatform of southernTunisia(résumé enfrançais : la transition Crétacé/Tertiaire).

  1. Exploitation 

Au cours des années 1980, la CPG a opté pour l’ouverture de nombreuses mines à ciel ouvert, suite à la complexité et les difficultés des exploitations souterraines ainsi qu’à l’accroissement de la demande en phosphate brut générée par le fort développement de l’industrie de la transformation de phosphate.

Des mines virent successivement le jour à Metlaoui (1899), KalâatKhasba et Redeyef (1903), Moularès (1904), Shib et M’rata (1970) ; des carrières sont également ouvertes à Moularès (1975), Kef Shfaier (1978), Oum Lakhcheb (1980), Oued El Khasfa et Kef Eddour (1986), Redeyef (1989) et Jellabia (1991). 

Actuellement, la CPG dispose de 9 sites miniers d’exploitation à ciel ouvert et de 9 usines de traitement. Elle a une capacité de production d’environ 8,5 millions de tonnes de phosphate marchand par an. Le développement du projet d’OM ELKCHEB prévoit une production supplémentaire de  2,0 millions de tonnes par an de phosphate marchant.

La méthode d’extraction adoptée actuellement par la CPG dans ses sites est celle des tranches horizontales (gisement à faible pendage (de 5 à 20 degrés au maximum)  qui consiste à l’exploitation sélective des couches phosphatées. Les équipements et les moyens matériels mis en œuvre pour la réalisation des différentes phases de l’exploitation minière sont :

  • L’abattage à l’explosif du recouvrement calcaire et de certaines couches de la série phosphatée; (foreuses rotatives, diamètre 200 et 229 mm et minage par l’ANFO).
  • L’abattage mécanique (bull dozersgamme600 CV.), des couches phosphatées et des intercalaires.
  • Le chargement des produits du recouvrement, par des pelles hydrauliques de capacités du godet de 13,  29  et 32 m3, par chargeuses sur pneus de capacité 10 et 13,5 m3et pelle rétro de 5 m3de capacité du godet.
  • Le transport des produits de recouvrement vers les verses par des dumpers de 85, 100,170 tonnes US de capacité de benne sur une distance de 1500 m au maximum. avec des pentes ascendantes de 8 à 12%.
  • Le transport du phosphate et des intercalaires par dumpers et camions routiersou articulés de 25 à 40 tonnes de capacité. 

La méthode d’enrichissement du minerai utilisée par la CPG est assurée essentiellement par le procédé de lavage qui repose sur la séparation granulométrique humide (tranche utile comprise entre 2 mm et à 70 µm). Le produit marchand est destiné à 90 % pour l’industrie locale de transformation et à 10 % pour l’exportation.

La Tunisie est pionnière à l’échelle internationale dans le domaine du phosphate naturel et des engrais minéraux. Cette activité est plus que centenaire pour l’extraction du phosphate par la Compagnie des Phosphates de Gafsa (CPG) et plus que cinquantenaire dans le domaine de sa valorisation en divers engrais minéraux par le Groupe Chimique Tunisien (GCT).

Après une longue expérience d’exportation du phosphate brut, la Tunisie s’est orientée vers la transformation et la valorisation de ce minerai par l’implantation d’une industrie locale de production d’acide phosphorique et d’engrais minéraux, et ce, au sein du Groupe Chimique Tunisien. La Tunisie est le deuxième pays au monde à valoriser un grand pourcentage de sa production de phosphate (près de 80 %).

Présentation de l’activité du transport du phosphate

Le transport ferroviaire du phosphate est géré, depuis 2002 par des conventions signées entre la SNCFT et la CPG. Ces conventions ont déterminé les conditions techniques, commerciales et financières de transport du phosphate par voie ferrée à partir desunités de traitement de phosphates situées à : Moulares, Redeyef, Kef Eddour, Metlaoui, Oum Elkhcheb et M’dilla vers les six usines de transformation relevant du GCT (les usines de M’dhilla, Sfax, Skhira, TIFERT, AP et DAP) et la Direction des Embarquement de Sfax.

Le réseau ferroviaire phosphatier est composé comme suit : 

– Ligne 15 : de Metlaoui à Moulares ;

– Ligne 16 : de Tabeddit à Redeyef ;

– Ligne 14 : de Aguila à Shib passant par M’dhilla ;

– Ligne 13 : De Metlaoui à Ghraiba ;

– Ligne 21 : De Gafsa à Aouinet ;

– Ligne 17 : De Founi à Hmada ;

– Ligne 5 : De Hamada à Ghannouch passant par Shira.

Ressources humaines

Le secteur phosphatier occupe une place fondamentale dans l’économie tunisienne, tant au niveau de l’emploi qu’au niveau de la balance commerciale. En effet, le phosphate naturel ainsi que ses dérivés (acide phosphorique, etc.) sont exportés actuellement sur une cinquantaine de pays répartis dans les cinq continents.

En 1994, la baisse des cours du phosphate conduit l’entreprise à réduire sa production et ses effectifs qui passent de 15 000 à 5 000 employés. 

En 2008, des problèmes d’embauche conduisent à des mouvements sociaux ; ceux-ci interviennent dans une zone particulièrement touchée par le chômage, suite aux coupes opérées dans les effectifs qui accompagnent le repli de l’activité et la mise en service des mines à ciel ouvert. 

Suite aux événements vécus en 2011, la région de Gafsa, démunie en dépit de ses richesses naturelles, continue à avoir des mouvements sociaux pour la majorité non encadrés, on peut aussi citer les revendications des demandeurs d’emploi,…

En effet, des réticences sociales, provoquant un arrêt interminable de la production durant des mois, sont récurrentes ce qui engendre la baisse de production du phosphate commercial. 

En novembre 2011, 17 000 candidats se présentent pour 3 800 postes proposés par la CPG et ses filiales ; les tensions sociales se développent. La situation s’est maintenant relativement apaisée. (pas vraiment)

Selon les derniers chiffres publiés, la CPG comptait jusqu’à 7036 employés en 2014 (Taux d’encadrement de 9,4%) et 6682 employés fin 2015.

L’effectif a ainsi connu une croissance de 38% depuis 2011, tandis que l’encadrement a régressé de 1,9% 

Cette augmentation d’effectifs est principalement causée par le recrutement en masse de personnel non cadres (ouvriers pour l’essentiel) malgré le fléchissement du niveau de production. La CPG souffre, par contre, d’un départ massif à la retraite de compétences, générateur de gap vu l’absence de planification des départs (cadres moyens et supérieurs). Cette situation suscite des interrogations sur la performance de la société depuis la Révolution en l’absence de chiffres officiels publiés.

Témoignage de Mme ChaimaFitouri, Chef du département Environnement et DD, Bureau d’études Tesco

La CPG, comme une bonne majorité des institutions tunisiennes, aurait besoin d’une baguette magique pour la relance.
En visitant Gafsa pour la première fois en 2017, j’ai eu comme l’impression de visiter une ville fantôme, alors qu’elle gorgeait de richesses naturelles et historiques.
Je me suis alors rendue compte de la gravité de la situation qui ne fait qu’empirer suite à la révolution de la dignité!
Capsa, cette ville historique bercée par les cultures capsienne et romaine et enrichie par l’un des plus importants gisements de phosphate dans le monde, se trouve aujourd’hui démunie suite aux différents interminables liés essentiellement à l’activité de la CPG. 

En effet,  les protestations des demandeurs d’emploi et les fouteurs de trouble pour empêcher le transport du phosphate et dérivés causent l’arrêt de production et donc la chute considérable de la part de la contribution de la CPG dans l’économie nationale.

L’impact de cette situation est très ressenti tant sur le plan social qu’économique. 

L’impact environnemental des activités de la CPG et ses filiales est aussi à souligner, vu que l’eau, cette ressource qui s’épuise avec le temps, est la principale composante touchée par les activités d’exploitation.  

Rappelons que La CPG a adhéré au Pacte Mondial des Nations-Unies en septembre 2015 afin de renforcer son engagement en matière de responsabilité sociale, du respect des droits de l’homme, de la conformité aux normes de travail et de l’environnement ainsi que de la lutte contre la corruption.

Economie, Société et Environnement : les trois piliers du Développement Durable, qui devraient « répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs », doivent être les points focaux d’une étude stratégique nationale qui permettra d’identifier les gaps actuels de la CPG et proposer des solutions pratiques et réalistes pour relancer ce secteur et appuyer l’économie nationale tout en assurant le  développement, tant rêvé, de Gafsa.
J’invite toutes les parties concernées à sauver nos richesses et à doubler d’efforts pour sauver notre Tunisie!
Aimons notre pays, soyons solidaires!

Conclusion : 

         Le phosphate pourrait devenir le pétrole de demain, c’est l’avis des scientifiques. En effet, les ressources du sol sur l’ensemble de la planète s’épuisent régulièrement et de manière alarmante. Les scientifiques avancent que l’activité agricole est grandement responsable de la transformation de la planète et du déséquilibre actuel du cycle de reconstitution des éléments nutritifs du sol.

L’agriculture a besoin du phosphore pour nourrir les plantes. Cependant, il est de plus en plus onéreux et souvent bloqués dans les sols. Des micro-organismes apportent des solutions pour débloquer le phosphore déjà présent dans les sols ou apporter par la fertilisation.

Le phosphore entre dans les processus vitaux de l’homme, l’animal et la plante : c’est la clef de voûte de l’ADN et de l’ARN.  Il est indispensable à la croissance cellulaire et à la constitution des graines, du pollen etc… Le phosphore crée des liaisons extrêmement fortes avec  d’autres atomes, c’est dans ces liaisons que tous les êtres vivants stockent leur énergie sous forme d’ATP (Adénosine Tri-Phosphate), Il est au centre du métabolisme énergétique de tous les êtres vivants : végétaux, animaux, bactéries, champignons ….

Sans le phosphore, pas de photosynthèse, la plante ne peut plus utiliser l’énergie solaire. Elle  ne peut plus respirer ni dupliquer son patrimoine génétique. En cas de carence en phosphore, la plante ralentie ou cesse toute croissance (nanisme), à l’extrême jusqu’à la mort. D’où l’importance de l’alimentation phosphorique via les racines. Le phosphore se trouve le plus souvent  dans les roches sous des formes totalement inutilisables. Les plantes s’alimentent essentiellement à partir du phosphore des matières organiques du sol ou des engrais minéraux.

Le phosphore est prélevé par l’homme  dans des mines qui sont en fait des dépôts organiques fossiles d’animaux marins ou lacustres. C’est à partir de ce phosphore naturel que sont élaborés les fertilisants minéraux après attaque à l’acide pour donner  une forme oxydée, le  PHOSPHATE, forme dite « assimilable » car soluble dans l’eau. C’est une ressource non renouvelable dont, certains annoncent la diminution dans 40 ans !! Quoi qu’il en soit, les fluctuations et parfois les flambées des prix de cette matière première, rendent son approvisionnement difficile et son usage de plus en plus onéreux pour l’agriculteur.

Les exploitants agricoles apportent le phosphore via les engrais organiques (le phosphore est présent naturellement dans les déchets animaux et végétaux) ou les engrais minéraux.

    Cependant, le phosphore est souvent rétrogradé et bloqué rapidement dans le sol. La grande majorité du Phosphore est sous une forme non disponible dans les sols à pH alcalins (>7,0) ou acides (<6,4).

Le « P2O5 » inscrit sur vos étiquettes est une molécule qui n’existe ni à l’état naturel ni dans les engrais, il s’agit en fait d’une simple unité de mesure. Le Phosphore est prélevé par la plante sous forme ionique (HPO42- ) présente en très faible quantité dans la solution du sol . Tout consiste donc à solubiliser le phosphore pour le rendre assimilable par la plante.

Des solutions existent pour optimiser un apport de phosphore de plus en plus cher : Certains  micro-organismes  (bactériesmycorhizes), véritables liens entre le sol et la plante, solubilisent le phosphore et le rendent bio disponible. Mais ils ne remplacent pas les apports de phosphore qui restent nécessaires pour équilibrer les exportations de cultures, mais ces solutions optimisent les ressources déjà présentes ou apportés via la fertilisation phosphatée.

Perspectives du phosphate selon Mr. Khaled KaddourIl était une fois, le phosphate …

– Nouvelles réformes : responsabilité sociétale et création d’emploi

– Nouveau modèle de développement de la CPG

–  Élaborer un code de conduite et de comportement éthique

– Travailler sur de nouveaux marchés pour préparer l’exploitation d’autres gisements non encore exploités en Tunisie  

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