Pharmaceutique : La Tunisie fait de l’œil aux investisseurs québécois

0
87

À l’approche d’une mission économique québécoise programmée en Tunisie en avril 2026 pour explorer des pistes d’affaires et d’investissement, les échanges s’intensifient entre les deux rives de l’Atlantique. Le 25 février 2026, un webinaire consacré aux perspectives du secteur pharmaceutique tunisien a rassemblé une trentaine d’entreprises québécoises aux côtés de responsables institutionnels tunisiens. La rencontre était pilotée par l’Ambassade de Tunisie au Canada et FIPA-Tunisia, en collaboration avec Investissement Québec International et le Bureau du Québec à Rabat.

Cette initiative avait pour objectif de présenter la Tunisie comme une base régionale pour l’industrie pharmaceutique et à préparer le terrain pour des partenariats concrets lors du déplacement prévu au printemps.

Ibrahim Medini, ingénieur général et chef de projet pharmaceutique à FIPA-Tunisia, et Issam Hmaida, chef de service, ont présenté les opportunités d’implantation et d’extension d’activités sur le marché tunisien. Khaled Nasraoui, PDG du BiotechPole Sidi Thabet, a décrit la contribution de cette infrastructure au développement de l’écosystème, tandis que Sameh Ben Khayat, représentant l’Agence Nationale du Médicament et des Produits de Santé, a précisé les missions de régulation et d’accompagnement assurées par l’ANMPS. Selim Bouzguenda, directeur général adjoint des Laboratoires Pharmaghreb, a pour sa part relaté l’expérience d’implantation et l’évolution d’une entreprise pharmaceutique en Tunisie.

Les atouts géographiques et commerciaux ont également été mis en avant. La Tunisie bénéficie d’un positionnement permettant un accès rapide aux marchés européen, moyen-oriental et africain, avec des liaisons aériennes d’environ 1 heure vers l’Europe et de moins de 3 heures vers le Moyen-Orient. Le pays dispose du statut de partenaire avancé avec l’Union européenne et demeure le seul membre non européen de l’AELE. Il est par ailleurs lié par 52 conventions de non-double imposition et 54 accords bilatéraux de promotion et de protection des investissements. Le marché pharmaceutique local et régional est présenté comme solide, avec des exportations annuelles estimées entre 250 et 350 millions de dinars. La Tunisie compte plus de 40 unités de production de médicaments à usage humain. Ces installations couvrent près de 80 % des besoins du marché national en volume et 60 % en valeur. Les intervenants ont également souligné la disponibilité de compétences qualifiées, la présence d’infrastructures modernes, un dispositif réglementaire structuré ainsi qu’une gouvernance sectorielle organisée autour du CNIP.

Parmi les acteurs internationaux implantés, Hikma Pharmaceuticals, groupe coté à Londres, commercialise une large gamme de médicaments génériques distribués en Amérique du Nord, au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Europe. Présent en Tunisie depuis plus de 35 ans, le laboratoire poursuit ses activités sur le territoire. Le groupe Pharmaceuticals a pour sa part inauguré sa 3ème usine en Tunisie, mobilisant un investissement de 50 millions de dinars.

Les participants ont également présentés les investissements conjoints notamment le laboratoire Nippomed qui résulte d’un partenariat entre le groupe japonais G-Cube et le groupe tunisien Unimed. Cette coentreprise a été lancée dans le cadre de la TICAD 8, organisée en août 2022 en Tunisie.

Autre projet évoqué lors de la réunion, la Cité Médicale Les Aghlabides à Kairouan, implantée sur environ 553 hectares à Menzel Mhiri dans le gouvernorat de Kairouan. Le programme comprend un complexe hospitalier associant hôpitaux universitaires, cliniques privées et centres spécialisés, un volet universitaire avec des écoles de médecine et d’ingénierie biomédicale ainsi qu’un centre de simulation médicale, un pôle consacré à la recherche intégrant des projets en intelligence artificielle et technologies médicales, et une zone industrielle destinée aux activités médicales et pharmaceutiques. Selon certaines estimations, ce projet pourrait générer jusqu’à 200 000 emplois directs et indirects pour un coût initial évalué à plusieurs milliards de dinars.

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here