La BAD lance la Fondation africaine pour la technologie pharmaceutique

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Le Groupe de la Banque africaine de développement a officiellement présenté sa nouvelle initiative, à laquelle est associée l’Union africaine, La Fondation africaine pour la technologie pharmaceutique.

La Fondation, hébergée par le gouvernement rwandais à Kigali, devrait être opérationnelle au début de 2023.

L’objectif est de renforcer la capacité de l’Afrique à produire des médicaments, des vaccins, à fournir diagnostics et traitements thérapeutiques tout au long de la chaîne de valeur, et ainsi l’aider à développer son secteur pharmaceutique.

Approuvée par le Conseil d’administration de la Banque africaine de développement en juin 2022, la Fondation africaine pour la technologie pharmaceutique, devrait étendre l’accès de l’Afrique aux technologies de fabrication de toute la gamme de produits pharmaceutiques, en se concentrant sur la mise en place de chaînes d’approvisionnement et en élargissant l’accès aux technologies de base de différents types.

La Fondation servira également d’intermédiaire transparent, chargé de promouvoir et de négocier les intérêts du secteur pharmaceutique africain sur la scène internationale, afin d’améliorer l’accès aux technologies brevetées, au savoir-faire et aux processus industriels connexes, par le biais de licences et d’autres mécanismes, fondés – ou pas – sur le marché.

L’Afrique importe plus de 70 % des médicaments dont il a besoin, pour un coût annuel de 14 milliards de dollars, selon la Banque africaine de développement.

Changer la donne pour permettre aux pays africains de développer leurs propres capacités de fabrication de produits pharmaceutiques répond à des logiques de santé publique, stratégiques et économiques.

« Cette nouvelle initiative est une solution, car la plupart des pays [africains] ont encore du mal à recevoir [les médicaments] dans les temps », a déclaré le ministre rwandais de la Santé, Yvan Butera.

Solomon Quaynor, vice-président du Groupe de la Banque africaine de développement chargé du Secteur privé, des Infrastructures et de l’Industrialisation, a déclaré que le Covid-19 avait mis en lumière les lacunes du système de santé africain : « La pandémie de Covid-19 a mis en évidence la fragilité des systèmes de santé internationaux et les lacunes dans la production de médicaments essentiels sur le continent », a-t-il déclaré avant d’ajouter : « La Fondation africaine pour la technologie pharmaceutique est une institution novatrice qui va considérablement améliorer l’accès de l’Afrique aux technologies qui sous-tendent la fabrication de produits pharmaceutiques. »

Présentant la Fondation, Padmashree Gehl Sampath, conseillère spéciale du président du Groupe de la Banque africaine de développement, Akinwumi Adesina, sur les produits pharmaceutiques et les infrastructures de santé a souligné que celle-ci avait été conçue pour aider les pays africains à combler les lacunes technologiques dans la production locale durable.

« Les entreprises pharmaceutiques africaines se heurtent à trois obstacles spécifiques : l’accès à la technologie et au savoir-faire connexe pour la production, la mobilisation des ressources nationales pour la mise à niveau technologique et le manque de possibilités de diversification horizontale et verticale des produits, a-t-elle détaillé. De nombreux risques technologiques doivent être couverts pour bâtir le secteur pharmaceutique africain, en abandonnant notamment l’approche produit par produit, qui fait courir des risques aux entreprises africaines. »

La coprésidente de l’organe international de négociation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur la prévention, la préparation et la réponse aux pandémies, Precious Matsoso, a partagé ses réflexions sur l’importance des enjeux technologiques dans la préparation aux pandémies futures. La création de la Fondation africaine pour la technologie pharmaceutique « apporterait le soutien nécessaire pour lever les obstacles technologiques en vue d’un accès équitable », a-t-elle dit.

Soulignant que la création de la Fondation arrive « à point nommé », compte tenu de l’expérience de Covid-19, Richard Hatchett, directeur général de la Coalition de l’initiative de préparation aux épidémies, a déclaré que l’initiative « contribuera à sauver des vies sur le continent ».

L’OMS, la Coalition pour la prévention des épidémies, le South Center de Genève et le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement ont exprimé leur vif intérêt à collaborer avec la Fondation sur l’année à venir.

Carlos Correa, directeur exécutif du South Centre à Genève, a dit combien il importe que l’Afrique dispose de son propre cadre, qui lui permette de développer son industrie pharmaceutique : « La propriété intellectuelle confère des monopoles qui donnent aux propriétaires le droit de contrôler le partage des technologies. Créer la capacité de faciliter le transfert de technologies en temps voulu vers l’Afrique est important. »

Les panélistes ont souligné la nécessité d’établir des partenariats entre les entreprises pharmaceutiques africaines et leurs homologues d’autres continents, comme l’Europe.

Brigit Pickel, directrice générale pour l’Afrique au sein du ministère fédéral allemand de la Santé, a poursuivi en indiquant que le Covid-19 avait ramené l’attention sur la façon d’améliorer la fabrication locale de produits de santé essentiels. L’Allemagne se félicite de la création de la Fondation et de son rôle capital dans la résolution des problèmes liés à la technologie et au développement du marché, a-t-elle ajouté.

Fredrick Abbott, éminent professeur à l’université d’État américaine Edward Ball en Floride (États-Unis) a souligné la manière de véritablement créer un secteur pharmaceutique performant : « Il faut se concentrer sur la gestion de la propriété intellectuelle au sens large du terme […] Il faut aussi se concentrer sur la promotion de co-entreprises, comme celles qui ont facilité la création de nombreux vaccins anti-Covid-19. »

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