
La Tunisie perd chaque année une part grandissante de ses jeunes praticiens avec 1 600 médecins sur les 1900 diplômés de la promotion 2024 ayant choisi de poursuivre leur carrière ou leur spécialisation hors du territoire national, a fait savoir Bahaeddine Rabai, Vice-Président de l’Organisation Tunisienne des Jeunes Médecins.
Se basant sur les résultats d’une étude réalisée par l’Organisation, menée auprès de plus de 730 jeunes médecins de 24 gouvernorats, il s’agit d’un chiffre qui dépasse très largement la capacité du pays à renouveler ses effectifs médicaux puisque le nombre de départs annuels excède celui des nouveaux diplômés, creusant la pénurie qui frappe en priorité les établissements publics et les régions de l’intérieur du pays.
Bahaeddine Rabai explique que ces départs sont dus aux rémunérations insuffisantes, perspectives de carrière restreintes, conditions plus attractives proposées par les systèmes de santé étrangers ainsi qu’aux insécurités dans les hôpitaux publics tunisiens. En effet, selon l’étude présentée, 73% des professionnels interrogés ont subi au moins une agression verbale ou physique durant leurs premières années d’exercice au sein d’un établissement public. Plusieurs jeunes médecins rapportent avoir subi des coups, des menaces, et dans certains cas des agressions commises avec une arme blanche, dont 68,5% de ces agressions ayant lieu dans des établissements ne disposant d’aucun encadrement sécuritaire, tandis que 65% des incidents ne font l’objet d’aucun signalement, les victimes jugeant les démarches trop longues ou peu efficaces.
L’étude indique que 82% des médecins sondés envisagent de quitter les hôpitaux publics, invoquant en premier lieu l’absence de protection et de sécurité sur leur lieu de travail.











