
Le Forum Economique Mondial (WEF) a publié le 16 septembre 2026 la 20ème édition de son Global Gender Gap Report, qui positionne la Tunisie au 125ème rang sur 146 économies évaluées. Avec un score de 0,650 sur une échelle allant de 0 à 1, le pays a enregistré un recul de deux places par rapport à l’édition précédente, où il occupait le 123e rang avec un score de 0,654. L’étude, qui mesure chaque année l’écart entre les femmes et les hommes dans quatre domaines majeurs, dessine une Tunisie partagée entre des progrès dans la participation économique et un net affaiblissement de l’autonomisation politique des femmes.
La participation économique et les opportunités professionnelles s’établissent à 0,519, plaçant le pays au 131e rang, contre le 135e rang et un score de 0,515 un an plus tôt, soit une progression de quatre places. Le taux d’activité des femmes s’élève à 26,68 % contre 64,89 % chez les hommes, un écart qui vaut à la Tunisie le 138e rang mondial avec un score de 0,411. L’égalité salariale pour un travail équivalent obtient en revanche un score de 0,658, soit le 64e rang, l’un des meilleurs résultats du profil tunisien. Le revenu annuel estimé atteint 6,85 milliers de dollars internationaux pour les femmes contre 18,84 milliers pour les hommes, pour un score de 0,383 et un rang de 134. La part des femmes parmi les responsables législatifs, cadres supérieurs et dirigeants s’établit à 20,80 % contre 79,20 % chez les hommes, pour un score de 0,263. Les professions techniques et intellectuelles se rapprochent davantage de la parité, avec 48,37 % de femmes contre 51,63 % d’hommes, ce qui vaut à la Tunisie le 79e rang mondial et un score de 0,937.
Sur le marché du travail, la population active comprend 1,09 million de femmes et 2,57 millions d’hommes, soit un total de 3,66 millions d’actifs. Le taux de chômage frappe 20,61 % des femmes actives contre 13,06 % des hommes. La part des femmes dans le secteur informel s’élève à 30,31 %, contre 39,28 % chez les hommes. Les entreprises à majorité féminine représentent 18,60 % du tissu économique et celles dirigées par des femmes 8,99 %. L’avancement des femmes vers les postes de direction obtient une note de 4,67 sur une échelle de 1 à 7.
L’accès à l’éducation atteint 0,974, avec un rang de 106, en léger retrait par rapport au 105e rang de l’édition précédente, le score restant identique. Le taux d’alphabétisation atteint 80,07 % chez les femmes contre 92,69 % chez les hommes, soit un score de 0,864 et le 111e rang mondial. La Tunisie obtient en revanche la première place mondiale pour les taux de scolarisation, avec un score parfait de 1,000 dans le primaire, où 98,31 % des filles sont scolarisées contre 99,54 % des garçons, dans le secondaire, avec 85,45 % contre 95,49 %, et dans le supérieur, avec 27,38 % contre 49,40 %.
Dans l’enseignement supérieur, les femmes représentent 30,65 % des diplômés en sciences, technologies, ingénierie et mathématiques, contre 52,41 % chez les hommes. Elles dominent en revanche les filières de commerce, administration et droit, avec 27,76 % des diplômées contre 23,70 % des diplômés, ainsi que les filières artistiques et humanités, avec 15,18 % contre 8,39 %. Les femmes titulaires d’un doctorat représentent 0,73 % contre 0,86 % chez les hommes, pour un indice de parité de 0,79.
La santé et la survie affichent un score de 0,968 pour un rang de 80, contre le 81e rang enregistré l’année dernière. Le ratio de sexe à la naissance obtient un score de 0,944, ce qui place la Tunisie au premier rang mondial. L’espérance de vie en bonne santé s’établit à 64,38 ans pour les femmes contre 62,93 ans pour les hommes, pour un score de 1,023 et un 91e rang.
L’autonomisation politique des femmes chute en revanche à 0,140, faisant reculer la Tunisie du 100e au 109e rang en une seule année, avec un score passé de 0,157 à 0,140. Les femmes n’occupent que 15,79 % des sièges parlementaires contre 84,21 % pour les hommes, un score de 0,188 qui vaut à la Tunisie le 115e rang mondial. Les portefeuilles ministériels comptent 20,83 % de femmes contre 79,17 % d’hommes, avec un score de 0,263 et un 82e rang. Sur les cinquante dernières années, les femmes n’ont dirigé le pays que 1,81 % du temps contre 48,19 % pour les hommes, un score de 0,037 correspondant au 58e rang.
Le besoin non satisfait en matière de planification familiale concerne 16,52 % des femmes âgées de 15 à 49 ans, tandis que le mariage précoce touche 1,00 % des cas recensés. Le congé parental rémunéré atteint 30 jours pour les femmes contre 1 jour pour les hommes. La prévalence de la violence fondée sur le genre au cours de la vie s’élève à 20,10 %. Le taux de mortalité maternelle s’établit à 36,00 décès pour 100 000 naissances vivantes, tandis que 99,50 % des accouchements sont assistés par du personnel qualifié. Le taux de fécondité total atteint 1,82 enfant par femme.
La Tunisie devance l’ensemble des économies nord-africaines et se positionne à la 3e place à l’échelle MENA, l’Égypte arrive plus loin au 138e rang mondial avec un score de 0,632, en amélioration de 0,7% par rapport à l’édition précédente, le Maroc se classe juste derrière, au 139e rang, avec un score identique de 0,632, malgré un recul de deux places depuis 2025, où le pays affichait un score de 0,628, l’Algérie arrive 141e rang mondial, avec un score de 0,618.
À l’échelle régionale, la région MENA occupe la huitième position parmi les régions étudiées, avec un score de parité de 62,5 %, en amélioration de 0,2% par rapport à l’édition précédente.
L’Islande conserve la première place pour la 17e année consécutive, avec un score de 0,930, seule économie ayant comblé plus de 90 % de son écart entre les sexes, la Finlande occupe le deuxième rang avec un score de 0,872, suivie de la Norvège au troisième rang avec 0,857. La Namibie complète la quatrième place avec un score de 0,845, devenant la première économie d’Afrique subsaharienne du classement mondial et gagnant quatre places par rapport à l’édition précédente. Le Royaume-Uni ferme ce top 5 avec un score de 0,842, malgré la perte d’un rang depuis 2025.











