Afrique – IA : 82% des entreprises l’ont testée, 32% seulement ont les moyens de la déployer

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Si les organisations africaines ont massivement adopté des pilotes d’IA, moins d’un tiers d’entre elles disposent des moyens nécessaires pour en tirer des retours financiers substantiels, selon un rapport publié par PwC. Intitulée « Decoding ROI from AI in Africa », l’étude conduite en octobre et novembre 2025, auprès de 1 217 grandes entreprises mondiales représentant 25 secteurs d’activité répartis entre l’Afrique, l’Asie, l’Europe, le Moyen-Orient, l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud, met en lumière un fossé entre l’enthousiasme des entreprises et la capacité réelle à industrialiser l’IA.

Les 20% d’entreprises les mieux classées selon l’indice de maturité IA de PwC concentrent à elles seules 74% des retours financiers générés par l’IA à l’échelle mondiale. Sur une base ajustée par secteur, les entreprises les plus performantes enregistrent une performance liée à l’IA 7,2 fois supérieure à celle des autres. Ces organisations partagent trois caractéristiques communes, elles orientent l’IA vers la croissance et la réinvention de leur modèle économique, elles bâtissent des socles technologiques adaptés, et elles intègrent l’IA à l’ensemble de leurs fonctions.

Le positionnement de l’Afrique dans cet ensemble est mitigé, pour les 85 entreprises du continent, le cabinet souligne que, bien qu’actives sur le front expérimental, elles accusent un retard important par rapport aux leaders mondiaux de l’IA sur l’ensemble des dimensions mesurées. Avec un score de 5,7 sur 10 à l’indice de maturité IA, la région se situe exactement dans la médiane mondiale, devant l’Europe (5,5), l’Amérique du Nord (5,1) et l’Amérique latine (4,8), mais derrière l’Asie et le Moyen-Orient qui atteignent respectivement 5,8. Le problème n’est donc pas l’absence d’engagement, puisque 82% des organisations africaines déclarent avoir participé à des projets pilotes d’IA, contre 88% chez les leaders.

L’écart avec les leaders de l’IA se creuse sur tous les indicateurs de performance. En matière d’investissement, seulement 32% des organisations africaines estiment que leurs dépenses actuelles sont suffisantes pour atteindre leurs objectifs, contre 55% chez les leaders. La dépense médiane en IA représente 2% du chiffre d’affaires sur le continent, soit moins de la moitié des 5% observés chez les leaders mondiaux. Cette différence se retrouve dans la structuration stratégique avec seuls 41% des PDG africains déclarent disposer d’une feuille de route IA clairement définie, et 37% seulement ont mis en place des cadres formels de gouvernance et de gestion des risques liés à l’IA.

L’enquête annuelle de PwC auprès des PDG africains, dans sa 29ème édition, révèle que ces dirigeants affichent des anticipations positives sur la conjoncture économique et sur leur capacité à absorber les disruptions technologiques. Pourtant, la moitié d’entre eux citent la vitesse de transformation de leur organisation face aux changements technologiques comme leur principale préoccupation.

23% des PDG ayant investi dans l’IA déclarent avoir enregistré une hausse de leurs revenus, tandis que 25% font état d’une réduction de leurs coûts au cours des douze derniers mois.

L’Afrique obtient un score de 5,8 sur 10 pour l’utilisation de l’IA dans la convergence sectorielle, contre 7,1 chez les leaders, ce qui représente l’un des écarts les plus larges de toute l’étude. Or les recherches complémentaires de PwC sur les dynamiques de valeur mondiales estiment que plus de 7 000 milliards de dollars pourraient changer de mains entre industries en 2025 seul, à mesure que les entreprises réinventent leurs modèles économiques sous l’effet combiné de l’IA et d’autres mégatendances.

Pour la catégorie gouvernance et risque, l’Afrique obtient 6,3 sur 10 contre 7 pour les leaders, soit l’écart le plus réduit de l’étude. En revanche, les scores relatifs aux données et à la technologie (5,2 pour l’Afrique, 6,2 pour les leaders), à la vision et à la stratégie (6,4 contre 7,6) et à l’innovation (5,0 contre 5,8) reflètent des lacunes plus prononcées. L’enquête de PwC sur le cloud en Afrique, citée dans le rapport, précise que 33% des organisations ont modernisé leur architecture de données sur une grande partie de leur activité, que moins d’une organisation sur trois a déployé des stratégies multicloud ou des applications cloud-natives à grande échelle, et que 41% des entreprises citent les contraintes budgétaires et 33% les problèmes de gouvernance comme obstacles à la création de valeur mesurable à partir du cloud.

Concernant le capital humain, l’enquête Hopes and Fears de PwC auprès des travailleurs africains, 64% d’entre eux ont utilisé l’IA dans leur contexte professionnel au cours des douze derniers mois, contre 54% dans le reste du monde. 76% des salariés africains estiment que l’IA générative améliore la qualité de leur travail, et 72% s’attendent à ce qu’elle accroisse leur productivité dans les trois prochaines années. Les travailleurs africains déclarent également un niveau de confiance envers leur hiérarchie et un sentiment de sécurité psychologique supérieurs aux moyennes mondiales

Seulement 36% des organisations africaines affirment que leurs collaborateurs font confiance aux recommandations générées par l’IA et agissent en conséquence, contre 60% chez les leaders. Par ailleurs, seulement 35% des travailleurs africains estiment que leurs compétences actuelles resteront pertinentes dans trois ans, et l’Afrique consacre 11% de ses dépenses IA à la formation et au perfectionnement, contre 13% chez les leaders.

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