Ford rappelle 350 ingénieurs licenciés pour sauver ses usines de l’IA

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Après avoir remplacé une partie de sa main-d’œuvre par l’intelligence artificielle pour automatiser certains de ses processus industriels, Ford fait marche arrière et annonce le recrutement d’environ 350 ingénieurs, dont une part importante de salariés qu’il avait lui-même licenciés quelques mois plus tôt.

Le constructeur automobile américain reconnaît ainsi que les gains d’efficience attendus de cette automatisation ne se sont pas concrétisés comme prévu.

Le groupe avait pourtant communiqué largement en octobre dernier sur l’installation d’environ 900 caméras équipées d’intelligence artificielle dans ses usines, un dispositif censé détecter en amont les défauts potentiels des pièces avant même leur arrivée sur les chaînes de production. Neuf mois après cette annonce, le bilan reste mitigé, ce qui a poussé la direction à revenir sur sa stratégie initiale.

Charles Poon, vice-président de l’ingénierie matérielle des véhicules chez Ford, a admis que l’entreprise s’était trompée en pensant qu’il suffisait d’introduire l’intelligence artificielle et d’y intégrer les exigences de conception pour obtenir un produit de haute qualité. Il a également indiqué que les outils d’automatisation, d’apprentissage automatique et d’intelligence artificielle nécessitaient d’être formés par les collaborateurs les plus expérimentés, un constat qui a conduit le groupe à revoir sa position à l’égard de ses ingénieurs chevronnés, dont l’expérience n’avait pas reçu, selon lui, l’attention qu’elle méritait au cours des dernières années.

Les salariés rappelés, surnommés en interne les « barbes grises », se voient confier une feuille de route précise, devant repérer les sources de défauts avant même la fabrication des pièces concernées, résoudre les problèmes de qualité identifiés, réentraîner et reprogrammer les outils d’intelligence artificielle, former les nouvelles recrues et auditer régulièrement les chaînes de production afin de prévenir d’éventuels dysfonctionnements.

«Nous constatons une baisse des demandes de garantie et des coûts liés aux rappels», a déclaré le PDG de Ford, Jim Farley, précisant que ces réembauches permettaient déjà de réaliser des économies chiffrées en centaines de millions de dollars sur les rappels et les problèmes techniques.

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