Sébastien Sanchez : «Maghrebia, réaffirme sa position stratégique sur les segments santé et épargne»

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Interview avec Sébastien Sanchez, Directeur Général d’Assurances Maghrebia.

Présente sur le marché tunisien depuis 1973, comment Maghrebia réussit-elle à faire évoluer son modèle historique pour répondre aux nouvelles attentes en matière de digitalisation, de rapidité et de personnalisation des offres ?

Assurances Maghrebia a été réellement pionnière dans l’adoption des parcours digitaux, avec pour objectif à la fois de simplifier la vie des Assurés, mais aussi d’améliorer l’efficacité des processus de gestion. Ainsi, nous avons été la 1ère compagnie à digitaliser l’intégralité du parcours client du sinistre Automobile, avec la mise en ligne de notre application Digiclaim dès 2021. L’impact est sans appel : avant la mise en place de cette application, moins de 10% de nos sinistres matériels automobile étaient réglés en moins de 10 jours, nous sommes aujourd’hui à plus de 50%. La digitalisation des parcours a ensuite été étendue aux autres branches, et en particulier sur la santé avec la mise en place d’un portail permettant aux Assurés de transmettre leurs bulletins de soin. Nous continuons aujourd’hui à gagner en efficacité dans nos processus digitaux en y intégrant les technologies plus récentes de valorisation de la donnée, qui nous permettent d’être plus précis dans notre segmentation et de mieux identifier les comportements et besoins de nos clients.

La digitalisation de l’assurance est souvent abordée sous l’angle technologique. En réalité, n’est-ce pas avant tout une transformation culturelle et organisationnelle ? Comment Maghrebia conduit-elle ce changement en interne ?

Il y a selon moi 3 angles techniques essentiels pour garantir une digitalisation réussie. L’angle Technologique n’est pas à sous-estimer car il nécessite beaucoup de compétences et de savoir-faire pour intégrer des solutions efficaces, à des coûts compatibles avec les tarifs de nos contrats, et dans des conditions satisfaisantes de sécurité et de conformité réglementaire.

En parallèle, il y a un second angle tout aussi difficile de maîtrise des volumes conséquents de données traiter, et ce afin de pouvoir associer à la digitalisation une utilisation plus intelligente de ces données et donc de la rendre plus impactante pour les Assurés.

Le 3e angle, plus industriel, concerne la nécessaire adaptation de nos processus de gestion à ces parcours plus digitaux et plus orientés « Data », et c’est sans doute cet angle qui nécessite une remise en question culturelle et organisationnelle, afin de prioriser le confort d’utilisation du client sur le confort de gestion du gestionnaire en assurance. Cela passe par de la formation, par la mise en place d’objectifs chiffrés en termes de satisfaction client et d’indicateurs de performance de gestion, et par une révision régulière des processus imposée par ailleurs par notre référentiel de Qualité et d’Amélioration Continue.

Les difficultés persistantes de la CNAM (retards de remboursement, tensions financières et mécontentement des assurés) interrogent sur la soutenabilité du modèle actuel. Assiste-t-on, selon vous, à un basculement structurel vers des solutions d’assurance santé privée ou une complémentarité ? Comment Maghrebia accompagne-t-elle cette évolution ?

L’offre en assurance apporte des solutions à un panel très large de besoins en couvertures pour les particuliers comme les entreprises, et je pense que nous assistons à une évolution encourageante.

Nous venons en effet d’une situation dans laquelle les entreprises et citoyens entretenaient un rapport d’obligation avec leurs contrats d’assurance, sans être forcément convaincus de leur utilité : l’assurance Automobile est exigée pour circuler, la banque exige une assurance décès en couverture d’un financement, le bureau de visa requiert la présence d’une assistance en voyage, etc… Aujourd’hui, nous sommes spontanément sollicités par nos clients sur 2 grands besoins « non obligatoires », à savoir l’épargne assurantielle à long terme afin de compenser la perte de revenus liée à la retraite, et l’assurance Santé. Les gens ne viennent plus parce qu’ils sont forcés mais parce qu’ils ont une inquiétude réelle et qu’ils cherchent une solution fiable pour eux et pour leur famille sur ces deux sujets.

Maghrebia est très mobilisé sur ces 2 branches Santé et Epargne, et la Branche Santé présente en particulier des enjeux de gestion très conséquents liés à la volumétrie industrielle des prises en charge à traiter. D’une part, il est essentiel d’utiliser les technologies de valorisation de données pour mieux identifier les abus, et ce afin de contenir les évolutions tarifaires des contrats santé dans des proportions supportables pour les entreprises et citoyens. D’autre part, ces volumétries posent des défis immenses pour apporter une prise en charge rapide et claire afin d’assurer la satisfaction des Assurés. Nos investissements technologiques et humains sont donc particulièrement conséquents sur cette activité.

À l’horizon 2030, comment imaginez-vous l’évolution du métier d’assureur en Tunisie, et quelle place Maghrebia ambitionne-t-elle d’y occuper ?

Je pense que le métier d’Assureur sera en 2030 un métier qui sollicitera pleinement les 2 dimensions humaine et technologique. La technologie continuera à décharger l’Assuré et son Conseiller des problématiques administratives des contrats, pour recentrer leur relation sur du temps de conseil. Les investissements que nous portons en matière de structuration de nos données nous permettront de mieux connaître nos clients et de mieux comprendre leurs besoins en couvertures, ce qui rendra nos Conseillers de plus en plus pertinents dans leurs conseils et dans leurs offres.

Si les assurés les plus avertis pourront être autonomes dans le choix de leurs couvertures d’assurance, je reste convaincu que le rôle du Conseiller en Assurance restera déterminant pour la grande majorité des entreprises et des citoyens. En recentrant la relation Conseiller-Assuré sur le conseil et en étant plus pertinents dans notre compréhension des Assurés, nous gagnerons en pédagogie et devrions voir certaines couvertures se généraliser progressivement (multi-risques habitation, assurance scolaire, épargne collective en entreprises, prévoyance individuelle, etc…).

Maghrebia Siège

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