
Le Groupe de la Banque Africaine de Développement (BAD) a réuni à Tunis, responsables publics, partenaires financiers, représentants du secteur privé et de la société civile lors d’un séminaire régional puis d’un dialogue national portant sur la mobilisation des ressources destinées au financement du développement en Afrique du Nord et, plus spécifiquement, en Tunisie.
Cette rencontre prolonge les travaux engagés lors des Assemblées annuelles 2026 de la Banque, organisées en mai à Brazzaville, à un moment où le resserrement des conditions de financement internationales, la baisse des ressources concessionnelles et la hausse persistante du coût du capital compliquent l’accès des économies nord-africaines aux financements extérieurs.
Selon Mohamed El Azizi, directeur général de la BAD pour l’Afrique du Nord, les mutations que traverse actuellement l’économie mondiale nécessitent de repenser les modes de financement du développement propres aux pays de la région. Les échanges organisés à Tunis ont permis de souligner que la problématique nord-africaine ne tient pas tant à l’insuffisance des capitaux disponibles qu’à la difficulté de les diriger vers des projets productifs. La région bénéficie en effet d’une épargne domestique conséquente, d’investisseurs institutionnels en expansion, de fonds souverains, d’un secteur privé actif, d’une diaspora impliquée et d’une localisation géographique stratégique entre l’Afrique, l’Europe et le Moyen-Orient. Ces ressources restent néanmoins peu mobilisées pour l’investissement productif du fait d’une intermédiation financière encore limitée, de marchés de capitaux peu développés et d’un choix restreint d’instruments financiers de long terme.
Le dialogue national qui a suivi ce séminaire a rassemblé près de 60 participants tunisiens représentant les institutions publiques, les partenaires techniques et financiers, le secteur privé et la société civile. Les débats se sont articulés autour de trois axes. Le premier concerne la mobilisation des ressources fiscales internes, qui passerait par une rationalisation des dépenses fiscales, un élargissement graduel de l’assiette imposable et une modernisation numérique de l’administration. Le deuxième porte sur la mobilisation du capital privé et des financements innovants, notamment par un renforcement des partenariats public-privé, le recours à la finance mixte et une meilleure orientation des transferts de la diaspora, lesquels ont atteint 2,96 milliards de dollars en 2025, soit 6,5% du PIB tunisien. Le troisième axe vise le renforcement de l’architecture financière du pays, à travers le développement du marché des capitaux, l’expansion de la finance verte et islamique, ainsi que la mobilisation accrue des investisseurs institutionnels.
Malinne Blomberg, directrice générale adjointe du Groupe de la BAD pour l’Afrique du Nord et responsable pays pour la Tunisie, a affirmé que le partage des bonnes pratiques et le renforcement de la coopération régionale représentent des leviers essentiels pour augmenter de façon durable la mobilisation des ressources nationales et internationales, accélérer la transformation structurelle des économies et construire un modèle de développement plus résilient, plus inclusif et davantage financé par les ressources propres de l’Afrique du Nord.
À l’issue de ces travaux, la BAD a confirmé son intention de continuer à soutenir ses pays membres régionaux dans leurs démarches de mobilisation des ressources, par le financement de projets, l’échange d’expériences internationales, la production d’analyses et le déploiement d’outils financiers innovants adaptés aux priorités nationales et régionales.











