
Sur les 29 économies couvertes par l’édition 2026 de l’Absa Africa Financial Markets Index, qui évalue l’ouverture, la transparence et l’accessibilité des marchés financiers du continent, la Tunisie occupe la 27e position avec un score global de 45 sur 100 contre 46 l’année précédente, ce qui l’a fait reculer de la 23e place.
Cette 10e édition réalisée par le think tank indépendant OMFIF en association avec le groupe bancaire Absa, coté à la Bourse de Johannesburg, couvre 29 économies représentant environ 80% de la population et du produit intérieur brut de l’Afrique.
Elle repose sur des informations publiques et sur une enquête menée auprès de plus de 40 institutions, dont des banques centrales, des bourses et des régulateurs, parmi lesquelles figure la Bourse des Valeurs Mobilières de Tunis. Le score global est la moyenne simple de 6 piliers notés de 10 à 100, selon une méthodologie révisée qui a conduit à recalculer les scores de 2025.
La moyenne de l’ensemble des pays atteint 56, son plus haut niveau en 10 ans et 6 points de plus qu’au lancement de l’indice en 2017, de sorte que la Tunisie se situe 11 points en dessous. Les scores ont progressé dans 21 des 29 pays, et la Tunisie compte parmi les 8 économies dont la note n’a pas augmenté.
Le classement est dominé par l’Afrique du Sud avec 85, devant l’Île Maurice (77), la Namibie (71), l’Ouganda (68) et le Kenya (65). Le Maroc se classe 10e avec 60, en hausse de 2 points, et l’Égypte 11e avec 58, contre 56 précédemment, soit des écarts respectifs de 15 et de 13 points avec la Tunisie, qui devance uniquement Madagascar (44) et l’Éthiopie (41).
Pour la Tunisie, le rapport retient l’introduction d’exigences de divulgation en matière environnementale, sociale et de gouvernance ainsi que de divulgation liée au mécanisme d’ajustement carbone aux frontières, accompagnée d’un renforcement plus large de son cadre réglementaire des marchés de capitaux.
Sur le pilier de la profondeur des marchés, la Tunisie obtient 50, sans variation, ce qui la place 9e, juste derrière le Maroc (51) et loin de l’Égypte (59), qui gagne 13 points et devient la principale progression de l’édition, et de l’Afrique du Sud (92). Le détail fait apparaître une taille de marché de 31, une liquidité de 19, une diversité de produits de 30, une profondeur de 70 et un système de spécialistes en valeurs du Trésor noté 100. Sur la diversité des produits, la moyenne régionale s’établit à 40, contre 47 pour le Maroc et 59 pour l’Égypte, tandis que la liquidité tunisienne, à 19, est proche de celle du Maroc (20) mais très inférieure à celle de l’Égypte (70), dont la progression doit beaucoup à un volume quotidien moyen de 200 millions de dollars sur le marché horizontal des opérations de pension. Le rapport souligne que la liquidité demeure une contrainte centrale sur le continent et que la multiplication des instruments ne suffit pas à créer des marchés profonds.
L’accès aux devises constitue l’un des points les plus fragiles, avec un score de 44, en baisse de 4 points, qui place la Tunisie dans le bas du tableau, devant seulement le Mozambique (43), le Malawi (40) et le Zimbabwe (33). L’adéquation des réserves ressort à 53, la liquidité de change à 14, le régime de change et de contrôle à 40 et les normes de publication à 70. L’étude relève que l’adéquation des réserves s’est détériorée d’environ 17 points en Tunisie comme en Namibie, alors qu’elle s’est améliorée dans 16 économies, notamment au Bénin, en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Ghana, au Cabo Verde et au Lesotho.
Les normes de publication sont notées 100 dans 21 pays et 90 dans 7 autres, dont l’Égypte et le Maroc, la Tunisie étant pénalisée par un délai de publication plus long. Sur le régime de change et de contrôle, l’Égypte obtient 90 contre 40 pour le Maroc et la Tunisie.
Le pilier de la transparence des marchés s’établit à 65 pour la Tunisie, en repli de 5 points, ce qui la classe 18e, à comparer à 93 pour l’Égypte, 82 pour le Maroc, en hausse de 7 points, et 100 pour l’Afrique du Sud et le Kenya. La Tunisie n’est notée que par Fitch parmi les 3 grandes agences, alors que seuls 5 pays, l’Égypte, le Ghana, le Kenya, le Maroc et l’Afrique du Sud, le sont par les 3. Pour la transparence de la politique monétaire, l’Égypte obtient 100 contre 55 pour la Tunisie.
Le développement des fonds de pension reste modeste, avec un score de 17, inchangé, qui classe la Tunisie 18e. La taille des fonds est notée 16 et le rapport entre leurs actifs et les titres cotés localement 18, contre 38 pour le Maroc et 11 pour l’Égypte, alors que la Namibie et l’Eswatini atteignent 100. Le Botswana affiche les actifs de pension les plus élevés par personne en âge de travailler, à 7 547 dollars, devant la Namibie (5 637 dollars) et l’Afrique du Sud (4 513 dollars), et les actifs de pension de l’ensemble des économies ont augmenté de près de 70 milliards de dollars, soit 24% sur un an.
Le pilier de l’environnement macroéconomique est celui où la Tunisie enregistre sa performance la plus faible, avec 40, le plus bas des 29 pays.











