La Tunisie décroche le 1er rang mondial pour la part de diplômés en sciences et ingénierie

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La Tunisie devance toutes les économies évaluées pour la proportion de diplômés des filières scientifiques et d’ingénierie dans l’ensemble des diplômés du supérieur, avec un taux de 37,93 %, selon l’Indice mondial de l’innovation 2026 publié par l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle (OMPI). Cette 19e édition, qui passe en revue 139 économies, classe pourtant le pays au 71e rang général avec un score de 29,3, en hausse par rapport à l’an dernier.

L’Ouzbékistan occupe la 2e position avec 36,76 %, devant les Émirats arabes unis (36,45 %), Brunei (35,86 %) et l’Allemagne (35,76 %). L’indicateur rapporte les diplômés des filières de sciences naturelles, de mathématiques, de statistiques, de technologies de l’information, d’industrie, d’ingénierie et de construction au total des sortants de l’enseignement supérieur. Il fait partie des 79 indicateurs de l’indice, que l’OMPI établit chaque année pour jauger les capacités et les écosystèmes d’innovation d’environ 139 économies. Ces indicateurs se répartissent entre les facteurs qui favorisent l’innovation (institutions, capital humain et recherche, infrastructures, développement des marchés et des entreprises) et les résultats obtenus, qui regroupent la production de connaissances et de technologies ainsi que les réalisations créatives.

Avec 29,3 points, la Tunisie se place 71e sur 139, contre le 76e rang dans l’édition 2025 d’après la fiche nationale de l’OMPI. Elle se situe ainsi au 6e rang des 36 économies à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, derrière l’Inde (38e), le Vietnam (43e), les Philippines (52e), le Maroc (54e) et la Jordanie (60e), et au 14e rang de la région Afrique du Nord et Asie occidentale. L’organisation observe que le pays s’appuie sur le capital humain et la recherche, où il se classe 45e, un rang nettement meilleur que sa position générale. Ses autres piliers se répartissent entre le 53e rang pour les résultats en connaissances et technologies, le 60e pour les réalisations créatives, le 91e pour la sophistication des marchés, le 105e pour les infrastructures comme pour la sophistication des entreprises, et le 108e pour les institutions.

Outre le 1er rang des diplômés en sciences et ingénierie, la Tunisie se classe 12e pour la production scientifique, 18e pour les projets annoncés d’investissement étranger en recherche et développement et en haute technologie, et 38e pour les exportations de haute technologie. L’OMPI décrit une économie relativement diversifiée, dont ces atouts forment un socle pour monter en gamme technologique et accéder à des productions à plus forte intensité de connaissances. Le frein principal tient à l’environnement des affaires, classé 124e, à la faible participation du secteur privé à la recherche et à des liens d’innovation encore peu denses, qui occupent le 112e rang. La Tunisie figure aussi parmi les 21 économies qui innovent au-dessus de ce que laisserait attendre leur niveau de développement, un statut qu’elle détient pour la 7e fois, après 2018, 2020 à 2023, puis 2025 et 2026.

Chez ses voisins nord africains, le Maroc atteint son meilleur rang historique, 54e avec 32,8 points, grâce à la montée en gamme industrielle et à l’usage des actifs immatériels par les entreprises, avec le 5e rang pour les dessins et modèles industriels. L’Égypte gagne 3 places et se classe 83e avec 26,1 points, portée par un marché intérieur placé au 18e rang, une base scientifique étoffée et des dépenses de recherche légèrement supérieures à 1 % du PIB, mais son écosystème reste concentré autour du Caire, 86e pôle d’innovation mondial. L’Algérie progresse de 4 places pour atteindre le 111e rang avec 20,5 points, soutenue par l’éducation, où elle se classe 3e, avec le 2e rang pour les dépenses d’éducation et le 17e pour les diplômés en sciences et ingénierie.

À l’échelle du continent, la Tunisie se range au 4e rang africain du classement général, derrière Maurice (50e, 34,1 points), le Maroc et l’Afrique du Sud (63e, 30,9 points), et devant le Botswana (82e), l’Égypte, le Sénégal (90e) et le Rwanda (96e), qui domine le groupe des économies à faible revenu. L’OMPI note que les jeunes pousses africaines ont levé environ 3,2 milliards USD l’an dernier, soit une hausse d’environ 40 % sur 1 an. Dans la région Afrique du Nord et Asie occidentale, Israël conserve la tête à la 15e place avec 52,2 points, suivi des Émirats arabes unis (25e, 46,4 points), de Chypre (29e) et de l’Arabie saoudite (42e).

La Suisse conserve le 1er rang pour la 16e année consécutive avec 66,7 points, devant la Suède (63,2), les États-Unis (62,3), la République de Corée (61,4) et Singapour (61,0). La Suisse se classe 2e pour les moyens mobilisés et 1er pour les résultats, avec un score de résultats supérieur d’environ 11 points à celui que prédisent ses moyens. La Suède se distingue par le 1er rang en nombre de chercheurs, et les États-Unis par le 1er rang en sophistication des marchés et pour les plus grands investisseurs privés en recherche. La République de Corée mène pour la recherche menée par les entreprises, pour les chercheurs employés par le secteur privé et pour les brevets internationaux selon l’origine des inventeurs, avec des dépenses de recherche équivalant à 5,1 % du PIB en 2024, tandis que Singapour domine l’ensemble des moyens consacrés à l’innovation. L’Europe regroupe 14 des 25 premières économies, et aucune nouvelle venue n’entre dans les 15 premières.

 

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