
Fethi Zouhaier Nouri, gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie (BCT) a appelé à la mise en place d’une union africaine de résilience monétaire et financière, présentée comme une condition préalable à l’instauration d’une union monétaire durable sur le continent.
Cet appel a été formulé le 18 septembre 2026 à Nairobi, au Kenya, à l’occasion de la 48e réunion ordinaire du Conseil des gouverneurs de l’Association des banques centrales africaines, selon un communiqué de la BCT.
Dans une allocution intitulée « Dans un monde où l’incertitude devient la règle, quelle banque centrale pour l’Afrique de demain ? », le gouverneur a rappelé que les économies du continent doivent composer avec des chocs de plus en plus fréquents, rapides et interconnectés. Il a cité les tensions géopolitiques, les crises énergétiques et alimentaires, la volatilité des flux de capitaux, le changement climatique, les cyber-risques ainsi que les pressions exercées sur les réserves de change. Selon lui, l’Afrique ne peut plus se contenter de réagir aux crises une fois qu’elles surviennent et doit développer une capacité collective à les anticiper, à en absorber les effets et à en limiter les conséquences économiques et financières.
Le gouverneur a également estimé qu’une monnaie commune ne suffit pas, à elle seule, à produire la convergence économique entre les pays concernés. Il a affirmé que « la monnaie ne crée pas à elle seule la convergence, c’est la convergence qui rend la monnaie commune soutenable ». Il a ajouté que l’expérience internationale démontre qu’une union monétaire viable repose au préalable sur le développement des échanges commerciaux, l’approfondissement du marché commun, le rapprochement des institutions et la mise en place de mécanismes de solidarité crédibles entre les États. Pour le gouverneur, la question à traiter en priorité n’est donc pas de savoir quand l’Afrique disposera d’une monnaie commune, mais ce qu’elle doit bâtir au préalable pour qu’une telle monnaie devienne économiquement viable et pérenne. L’union africaine de résilience monétaire et financière constituerait, selon lui, une réponse concrète à cette exigence. Elle permettrait aux banques centrales du continent de mieux coordonner leurs actions, d’échanger leurs informations et de préparer ensemble leurs réponses face aux différents chocs.
Le gouverneur a précisé que cette union pourrait s’appuyer sur quatre axes :
Le premier consisterait en une connaissance partagée des vulnérabilités liées à la dette, à l’énergie, à l’alimentation, aux réserves de change, à la liquidité, au climat, aux cyber-risques et aux systèmes de paiement.
Le deuxième porterait sur l’organisation régulière d’exercices africains de stress macrofinancier.
Le troisième viserait le renforcement de l’interopérabilité des systèmes de paiement ainsi que le développement de l’usage des monnaies nationales dans les échanges intra-africains.
Le quatrième concernerait la création progressive de mécanismes régionaux de solidarité et de liquidité entre les banques centrales du continent.











