Tunisie – BAD : Un marché nord-africain de 1 000 milliards de dollars mais un commerce régional bloqué sous les 5%

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La Banque Africaine de Développement (BAD) a réuni le 23 juin 2026, à Tunis, des représentants des autorités publiques, du secteur privé, de la société civile ainsi que des partenaires techniques et financiers, dans le cadre d’un atelier destiné à dresser le bilan de sa Stratégie d’intégration régionale pour l’Afrique du Nord couvrant la période 2020 à 2026.

Cette rencontre, une première pour l’institution selon ses organisateurs, doit permettre de recueillir les attentes des parties prenantes tunisiennes en vue de la préparation d’un nouveau cadre d’action pour 2027-2033, présenté comme davantage ciblé et opérationnel, avec pour ambition de consolider les liens économiques entre les pays d’Afrique du Nord et avec le reste du continent.

Le diagnostic régional exposé lors de cette consultation brosse le portrait d’un espace économique de 275 millions d’habitants, générant environ 1 000 milliards de dollars de produit intérieur brut cumulé. Cependant, les échanges commerciaux entre pays de la région restent toutefois limités, puisqu’ils représentent moins de 5% du commerce total de la zone. La Banque attribue cette faiblesse à un déficit de connexions dans les infrastructures transfrontalières, à la fragmentation des marchés financiers ainsi qu’à une harmonisation encore insuffisante des normes et des procédures applicables.

Pour la Tunisie, cette dynamique régionale ouvrirait des débouchés dans plusieurs filières, parmi lesquelles l’agro-industrie, les industries électriques, le textile, l’industrie pharmaceutique, les services numériques et l’ingénierie. Un renforcement de la connectivité avec l’Algérie, la Libye et l’Afrique subsaharienne permettrait, selon les éléments présentés, de réduire les coûts logistiques supportés par les entreprises tunisiennes, de diversifier leurs marchés d’exportation et de favoriser la création d’emplois qualifiés destinés en priorité aux jeunes actifs.

Tarek Bouhlel, directeur général de la Coopération africaine au ministère de l’Économie et de la Planification, a déclaré que par son positionnement géographique, son tissu économique et industriel diversifié et son ouverture vers l’Afrique subsaharienne, la Tunisie peut jouer un rôle fédérateur et catalyseur dans l’intégration régionale nord-africaine et continentale.

Sur le plan financier, la stratégie arrivant à échéance a permis à la Banque de mobiliser près de six milliards de dollars au profit de 23 opérations, souveraines et non souveraines, orientées vers les infrastructures régionales, le financement du commerce ainsi que la préparation de corridors économiques, avec pour objectif de mieux relier les marchés et de développer les chaînes de valeur régionales. Le futur cadre stratégique pour 2027-2033 devrait quant à lui donner la priorité au développement de chaînes de valeur régionales compétitives ainsi qu’au renforcement de la connectivité des infrastructures de transport, logistiques, énergétiques et numériques jugées stratégiques.

Malinne Blomberg, directrice générale adjointe de la région Afrique du Nord de la BAD et responsable pays pour la Tunisie, a souligné que l’intégration régionale représente plus que jamais une réponse stratégique pour mieux connecter les pays africains, élargir les marchés, stimuler les investissements et créer davantage d’opportunités d’emploi, ajoutant que la future stratégie doit partir des réalités nationales et transformer le dialogue en projets concrets, en infrastructures intégrées et en partenariats produisant un impact tangible pour les populations.

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