Agrimer AI : A seulement 20 ans, Mohammed Adib Boufaja lance un outil plébiscité par 4 000 Tunisiens en 24h

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Seulement 24 heures depuis son lancement le 5 juin 2026, la plateforme tunisienne « Agrimer AI », avait déjà enregistré déjà près de 4000 connexions, rapporte l’Agence TAP.

Fondée par Mohammed Adib Boufaja, étudiant de vingt ans, l’outil fournit gratuitement aux agriculteurs et aux marins-pêcheurs du pays des données scientifiques destinées à optimiser leurs pratiques face aux dérèglements climatiques. Agrimer AI ne se contente pas de présenter des chiffres, mais des recommandations compréhensibles et exploitables. Conçue intégralement en arabe, la plateforme propose des informations pratiques, mises à jour en temps réel à partir de sources scientifiques mondiales fiables et couvrant les 24 gouvernorats tunisiens.

L’outil agrège des informations issues de sources ouvertes concernant les sols, les cultures et les conditions maritimes, puis les restitue sous une forme accessible à des publics ne disposant pas toujours d’un haut niveau d’instruction. Le volet consacré à la pêche fournit des indications sur les périodes les plus propices à l’activité, les zones où les poissons se concentrent, la hauteur des vagues ainsi que la température de l’eau. L’ensemble de ces données provient de bases ouvertes et gratuites, sans frais d’accès pour les utilisateurs finaux.

Mohammed Adib Boufaja, originaire de Ras Jebel dans le gouvernorat de Bizerte et inscrit en technologies de l’information et de la communication à l’Institut Supérieur des Sciences Appliquées et de Technologie de Mateur, présente cette initiative comme la première du genre en Tunisie et sur le continent africain dans le domaine agricole et halieutique. Le projet trouve son origine dans des travaux antérieurs de son concepteur sur l’internet des objets, menés dans le cadre de la conception de capteurs de température et d’humidité. Le constat déclencheur est survenu lors du tournage d’un documentaire consacré aux cultures sur polders de Ghar El Melh, localement appelées Gattayas ou Ramli, où Mohammed Adib Boufaja a observé que les exploitants recouraient encore à des méthodes d’irrigation traditionnelles dépendantes des précipitations. Il indique avoir souhaité, à travers cet outil, aider les agriculteurs comme les pêcheurs à mieux gérer les ressources en eau et les ressources halieutiques grâce à des données précises, dans le but d’éviter le gaspillage d’efforts et d’améliorer les résultats obtenus.

Le porteur de projet annonce plusieurs développements pour les prochaines étapes, parmi lesquels l’intégration de réponses vocales, l’ajout d’une fonction de diagnostic à distance des maladies végétales via une caméra, ainsi que la mise à disposition d’informations relatives aux centres de vulgarisation agricole. Il envisage par ailleurs de créer une startup spécialisée dans l’élevage, tout en pointant les lourdeurs administratives qu’il juge à l’origine du découragement de nombreux jeunes porteurs de projets en Tunisie.

Interrogé sur une éventuelle installation à l’étranger, il affirme ne pas envisager d’émigration définitive, précisant qu’un départ pour un master ne remettrait pas en cause son retour en Tunisie, où il dit vouloir contribuer à la croissance économique et scientifique du pays.

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