
L’imposition par Washington d’une taxe de 25 % sur certains produits tunisiens bouleverse les circuits d’exportation de la Tunisie vers les États-Unis, en particulier pour l’huile d’olive, lancée Hayet Douss, membre de l’association professionnelle des industries agroalimentaires affiliée à la CONECT.
Depuis le début de l’année, la Tunisie avait expédié 207 000 tonnes d’huile d’olive à l’international, dont une part croissante à destination du marché américain.
S’exprimant sur les ondes de Jawhara FM, elle estime que cette surtaxe a d’ores et déjà entraîné des répercussions concrètes. Plusieurs clients américains ont mis un terme à leurs contrats en cours, invoquant l’augmentation soudaine des droits de douane.
Elle a également dénoncé la stratégie récemment adoptée par le Maroc, qui a acheté de l’huile tunisienne pour la revendre ensuite sur le marché américain, où elle n’est taxée qu’à 10 % dans ce cas précis.
Hayet Douss rappelle que les marges de profit sont faibles, ce qui rend le secteur vulnérable face à de telles fluctuations douanières. Elle plaide pour un soutien accru, à travers la mobilisation de ressources financières et un meilleur accès au crédit. Elle appelle également à l’adoption d’un cadre juridique spécifique dédié à la filière de l’huile d’olive, encore trop dépendante des ajustements politiques à l’international.
La nouvelle salve de droits de douane américains intervient trois mois après une première vague de mesures similaires. Donald Trump a récemment ordonné de nouvelles hausses tarifaires ciblant cette fois 14 pays, applicable dès le 1er août.
La Tunisie figure parmi les pays soumis au taux le plus bas, aux côtés du Japon, de la Corée du Sud, de la Malaisie et du Kazakhstan, tous fixés à 25 %. D’autres nations sont davantage frappées : 30 % pour l’Afrique du Sud et la Bosnie-Herzégovine, 32 % pour l’Indonésie, 35 % pour la Serbie et le Bangladesh, 36 % pour le Cambodge et la Thaïlande. Les taux les plus élevés, à 40 %, sont appliqués au Laos et à la Birmanie.
Les autorités américaines précisent par ailleurs qu’en cas de tentative de dissimulation sur l’origine réelle des produits, des sanctions encore plus sévères seront appliquées. Washington prévient également que toute riposte commerciale entraînera une réponse proportionnelle.
Dans ce contexte, Marouane Ben Jemâa, président de la Chambre de commerce et d’industrie tuniso-américaine (AmCham), avait annoncé que des échanges sont en cours entre Tunis et Washington pour réduire les nouveaux droits de douane américains à 10 %, un taux qu’il juge plus soutenable pour les exportateurs tunisiens. Selon lui, les discussions avancent, et la partie tunisienne affiche une volonté ferme de défendre ses intérêts économiques dans ce contexte marqué par une escalade protectionniste de l’administration Trump.