Tunisie : Gaz, solaire et phosphate, la feuille de route de Salah Zouari pour 2030

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Le ministre chargé de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie de la République Tunisienne est Salah Zouari place le gaz en tête des priorités pour la période 2026 à 2030, fixe à 35% la part du solaire dans la production d’électricité à l’horizon 2030 et confirme l’ambition de ramener la production de phosphate à environ 10 millions de tonnes par an.

Dans un entretien à Attaqa, accordé en marge du Forum égyptien des mines 2026, le ministre souligne que la stratégie électrique repose sur un recours accru à l’énergie solaire, dont la contribution est estimée aujourd’hui à 12% de la production. L’objectif est de la porter à 35% en 2030 puis à 50% des besoins du pays en 2035, selon une montée en puissance progressive, avec un appui de l’éolien. Il rappelle que la production d’électricité dépend largement du gaz, dont l’extraction locale reste limitée, ce qui oblige la Tunisie à en importer une partie auprès de l’Algérie. Interrogé sur une éventuelle exportation d’énergie renouvelable vers l’Europe, il répond que la priorité va à l’autosuffisance, à mesure que la consommation augmente.

Dans le secteur minier, Salah Zouari juge que l’enjeu majeur consiste à retrouver le rythme de production du phosphate. Les usines existantes sont en cours de mise à niveau pour améliorer leur efficacité et permettre à la production nationale de revenir à ses niveaux antérieurs, autour de 10 millions de tonnes par an. Il précise que « l’effort ne s’arrête pas à l’extraction » et que le pays travaille aussi à transformer le minerai en engrais, qu’il présente comme le nerf de cette industrie. Le développement des unités doit permettre, dans un délai rapproché selon ses termes, de transformer 60% à 70% des matières extraites en produits transformés. Le ministre mentionne par ailleurs l’exploitation des sels de toute nature et d’autres minerais, à conduire avec des industriels de rang mondial dans le cadre d’investissements à venir.

À propos des obstacles, Salah Zouari cite avant tout la capacité à exécuter le plan stratégique conformément aux cibles fixées, c’est-à-dire à convertir les objectifs en projets et en production effective. Il invite les investisseurs à nouer des partenariats avec l’État, au niveau régional comme avec des sociétés privées, et signale de nouvelles procédures d’investissement. La Tunisie s’apprête en outre à promulguer un nouveau code des hydrocarbures, appelé à régir les activités pétrolières et gazières dans un délai proche et à ouvrir la voie à des formules inédites, notamment des partenariats entre les secteurs public et privé.

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