Une rentrée académique pas comme les autres…

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Durant l’année écoulée, nos enfants ont été coupés du monde académique et privés de l’accès direct aux enseignants et à la connaissance. La Tunisie dans son isolement le plus total a essayé de trouver des solutions. Pour cela il fallait que chacun, avec ses propres moyens et sa culture du digital, trouve des solutions.

Pour sauver l’année, beaucoup d’instituteurs et de professeurs se sont improvisés à utiliser des moyens rudimentaires type : Messenger (Facebook) pour enseigner en ligne avec un maximum de huit élèves par groupe, Zoom pour les plus avertis, Microsoft Team pour les chanceux…

La fracture technologique en Tunisie était de taille. Soit due au manque de terminaux adéquats, soit à l’accès aux réseaux de data. Une heure de cours revient à l’étudiant environ un dinar. Pour une semaine de cours de 25h, c’est 100 dinars le mois à prévoir en plus dans le budget des ménages. Cependant, au-delà du fossé économique et technologique, une autre fracture a fait des dégâts : Le fossé psychopédagogique.

La digitalisation de l’éducation ne veut pas dire déshumaniser ou robotiser l’apprentissage. Ce que je reproche à l’ensemble des établissements, aveuglés par la course effrénée à trouver la solution technologique la plus adaptée au moindre coût, c’est d’avoir plongé les étudiants et les élèves dans un monde virtuel sans aucune préparation psychopédagogique. Ainsi, les professeurs se sont retrouvés sans formation ni préparation pédagogique à faire face à ce nouveau genre d’enseignement. Faible maîtrise des outils, absence sidérale de méthodologie ont été les constats partagés des parents d’élèves.

On ne s’improvise pas enseignant en ligne du jour au lendemain, ni élève d’ailleurs. Il y a un accompagnement, une formation, une éducation nécessaire pour réussir cette mutation. La vraie fracture n’était finalement pas celui de la technologie ou de l’accessibilité mais plutôt celle de la fracture psychologique. En effet, certains professeurs et élèves se sont retrouvés comme des poissons dans l’eau. Quand d’autre ont en souffert et naturellement manifesté de la résistance ou tout simplement ont abandonné. La pression du temps, et le confinement qui a duré, a fait qu’en bout de route beaucoup sont restés à la ramasse. Le taux de réussite au bac 2020 en est la preuve. Parmi les plus faibles de ces dix dernières années : 27% de réussite seulement à la session principale. Non pas parce qu’ils n’avaient pas accès, non pas parce qu’ils avaient pas les bons outils mais parce qu’ils n’y étaient pas psychopédagogiquement préparés.

Pour cette rentrée, une anticipation et une préparation sont nécessaires. Non seulement du point de vue sanitaire mais aussi psychologique.

Pour l’aspect sanitaire, il est important de revoir la taille des classes et le ratio cours présentiels/cours en ligne. Il faudrait maximiser la distance entre les étudiants eux-mêmes et aussi entre le personnel académique. Il faudrait renforcer les contrôles sanitaires : mesure de température, port de masque obligatoire et pourquoi pas exiger un test lors des inscriptions, en particulier pour les étudiants internationaux.

D’un point de vue psychopédagogique, il faudrait que les professeurs soient formés et préparés pour une année académique potentiellement troublée. Les objectifs pédagogiques des cursus devraient être repensés fonction des nouvelles dispositions. Les cours en ligne devraient se dérouler d’une manière beaucoup plus fluide et plus limpide. Plus personnes ne devrait être abandonné en chemin.

Par : Kaïs MABROUK

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