
Le collectif « Stop Pollution » a annoncé que le tribunal de première instance de Gabès a rendu son verdict concernant le dossier introduit en référé pour obtenir la suspension immédiate des unités polluantes du Groupe Chimique Tunisien (GCT).
Après plusieurs reports, la juridiction a rejeté la requête, estimant que les éléments présentés ne permettaient pas d’établir l’existence d’un préjudice avéré.
L’action en justice, engagée par l’ordre régional des avocats, visait à contraindre l’industriel public à interrompre l’exploitation de ses installations contestées, alors que, sur le terrain, des mobilisations se multipliaient pour exiger leur démantèlement. À Gabès, une partie des habitants affirme refuser toute poursuite d’activité industrielle génératrice de nuisances dans une zone qu’ils jugent déjà fragilisée.
D’après le collectif, un premier rassemblement s’est tenu en avril 2025 devant le siège du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie à Tunis, suivi d’une nouvelle mobilisation le 23 mai 2025 devant le gouvernorat de Gabès, après la réunion du Conseil des ministres du 5 mars 2025.
En octobre dernier à la suite d’émissions inhabituelles de gaz provenant du complexe chimique, plus de 300 cas d’asphyxie ont été enregistrés, touchant des élèves et des mineurs, selon les chiffres avancés par le collectif.
Pour Stop Pollution, la situation environnementale à Gabès dure depuis plus de 53 ans et compromet toute perspective de développement équilibré. Le collectif affirme que l’activité chimique industrielle a provoqué la destruction de 93 % de la biodiversité marine dans le golfe de Gabès, affecté l’unique oasis maritime de la Méditerranée, épuisé les ressources hydriques et contribué à la dégradation de la santé publique, avec une progression de maladies qualifiées de dangereuses.











