
Haithem Bouagila, président de la Fédération Tunisienne du Textile et de l’Habillement (FTTH), a affirmé que le secteur du textile a réussi à résister et à préserver ses performances au cours des trois dernières années, malgré un contexte économique difficile et les fluctuations géopolitiques mondiales.
Grâce à son réseau de partenaires et aux chaînes de valeur couvrant toutes les étapes de production, le secteur a enregistré des exportations d’une valeur de 3 milliards d’euros, soit environ 10 milliards de dinars, au cours des années 2023, 2024 et 2025, en plus d’échanges internes estimés à 4,5 milliards de dinars.
Il a également mis en avant l’importance de l’industrie du jean en Tunisie, qui fournit environ 45 000 emplois et constitue l’un des segments les plus performants en termes de qualité et de compétitivité.
S’exprimant sur les ondes d’Express FM, il a souligné que le secteur du textile et de l’habillement est essentiellement tourné vers l’exportation, avec un taux d’entreprises totalement exportatrices compris entre 85 % et 88 %.
Cependant, Haithem Bouagila a mis en garde contre des facteurs qu’il a qualifiés de « secondaires », mais qui menacent l’existence des entreprises et des milliers d’emplois, freinent le rythme des exportations et ne touchent pas les entreprises concurrentes dans d’autres pays.
Il s’agit notamment des autorisations administratives, des certificats de prévention, des entraves à la création de nouvelles entreprises et du manque de digitalisation, soulignant que le secteur industriel demeure prisonnier d’un cadre législatif et réglementaire ancien qui régit encore la vie des entreprises.
Il a également évoqué le coût élevé du financement en Tunisie par rapport à des pays voisins comme le Maroc et l’Égypte, exprimant son étonnement face à la non-ratification, à ce jour, de la convention des règles d’origine euro-méditerranéennes, laquelle prévoit des exonérations douanières et offre des avantages majeurs aux industries tunisiennes.
Il a précisé que l’absence de ratification de cette convention entraînera l’assujettissement des exportations tunisiennes, y compris les produits textiles, à des droits de douane de 12 % à partir de janvier 2026, en raison de l’absence de certificats d’origine, ce qui réduira la marge bénéficiaire à moins de 10 %.
Haithem Bouagila a indiqué que ce dossier est actuellement soumis au ministère du Commerce et nécessite l’approbation du gouvernement ainsi que de l’Assemblée des représentants du peuple, avertissant que cette charge supplémentaire portera atteinte à la compétitivité du secteur et nuira au climat de confiance avec les partenaires étrangers.
Il a par ailleurs exprimé ses craintes quant aux pertes potentielles que pourrait subir le secteur du textile en raison du retard dans la ratification de cette convention, précisant que la Fédération a contacté l’autorité de tutelle sans obtenir de réponse à ce jour.










