
Alors que les cours pétroliers mondiaux continuent de grimper, l’État tunisien maintient les prix des carburants à la pompe à leur niveau actuel, assumant ainsi un coût budgétaire croissant au nom de la protection du pouvoir d’achat des citoyens. C’est dans ce bras de fer entre impératifs sociaux et contraintes budgétaires que s’est exprimé Hafedh Lamouri, expert en études sociales, dans une déclaration accordée à l’agence TAP.
Selon lui, avec le maintien des prix des carburants à leurs niveaux actuels, en dépit de la flambée observée sur les marchés internationaux l’État souhaite tenir ses engagements envers les citoyens et de préserver la stabilité des prix à la consommation.
Ce choix implique toutefois la suspension du mécanisme d’ajustement automatique des prix des carburants, un dispositif adopté par la Tunisie en 2016 pour indexer les tarifs nationaux sur les fluctuations des marchés mondiaux. Son application avait engendré des révisions tarifaires à répétition, avec jusqu’à 5 hausses successives au cours de la seule année 2022, avant que le mécanisme ne soit mis entre parenthèses.
Lamouri souligne que les dépenses de compensation sont vouées à progresser, du fait d’un écart grandissant entre le prix de référence retenu dans la loi de finances, fixé à environ 63 dollars le baril et les prix effectivement constatés sur les marchés, qui oscillent actuellement entre 90 et 100 dollars. Chaque dollar supplémentaire représente entre 150 et 160 millions de dollars de charges additionnelles pour l’État.
Si la décision préserve la stabilité des prix à la pompe, Lamouri met néanmoins en garde contre un effet indirect difficilement maîtrisable soulignant qu’une part des produits de consommation étant importée, les pressions inflationnistes pourraient se maintenir, voire s’intensifier, indépendamment du gel des tarifs énergétiques domestiques.











