Transport en Tunisie entre Espoir et Galère

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Transport Enit Junior Entreprise

Le secteur du transport en Tunisie ne cesse de faire face à plusieurs difficultés. Les jours passent et nous entendons parler d’un grand nombre d’accidents routiers graves et violents, causant parfois la mort de plusieurs personnes. Passer à l’acte et faire un changement n’a jamais été aussi difficile dans un pays qui risque encore d’avoir une infrastructure défectueuse. Néanmoins, cela n’affecte en aucun cas la volonté des ‘Ambitieux’ qui croient au changement.

1/ Transport en Tunisie : diversité mais difficulté

En effet, 70% du transport en Tunisie est confié au secteur public. Ayant en charge la gestion du trafic, le ministère de transport a instauré un système de transport global économique afin d’en faire un facteur efficace de développement économique et social.

En outre, le dilemme du transport a toujours été un handicap pour le déplacement des Tunisiens en milieu urbain ou régional. Ce qui vient essentiellement du fait que les moyens de transport sont mal répartis au sein du pays.

D’après la Transtu, plusieurs difficultés entravent le déroulement du travail au sein de cette société. Il s’agit notamment de l’encombrement des moyens de transport.D’après la Transtu, plusieurs difficultés entravent le déroulement du travail au sein de cette société. Il s’agit notamment de l’encombrement des moyens de transport.

Cela est dû, particulièrement pendant les heures de pointe, à l’accroissement des agressions perpétrées contre les moyens de transport et le personnel, à la régression du nombre des bus exploitables et à la congestion du trafic routier.

Selon la même source, l’encombrement de la circulation est dû à la hausse de l’utilisation des véhicules privés qui couvrent environ 72% du transport et utilisent 50% de l’infrastructure.

Suite à cette situation critique, il est temps de reprendre conscience et penser à concrétiser le plan régional du transport, notamment le volet relatif aux voies réservées aux bus et le respect des différents plans de circulation, accordant la priorité au transport public.

De plus, notons que ce secteur représente environ 8,5% du PIB, assure 130 mille postes d’emplois directs, génère près de 1 500 millions de dinars de devises (près de 980 millions de dollars) et constitue 15% du total des investissements du pays.

2/ Startup transport : la nouvelle tendance en Tunisie

Nul ne peut nier le fait que la Tunisie dispose d’une infrastructure obsolète qui ne répond plus aux besoins des citoyens, notamment dans les grandes villes.

Le problème est encore pire dans les régions de l’intérieur où le transport public est quasi-inexistant. D’où vient l’idée des startups de transport récemment lancés qui ont facilité cette tâche.

Prenons à titre d’exemple « INTIGO » la première compagnie de moto-taxi en Tunisie.

Cette dernière se présente sous-forme d’application mobile qui va permettre aux citoyens de se déplacer sur un véhicule à deux roues proposant un réseau efficace, rapide et moins cher.

La tarification d’Intigo est 30% moins cher qu’un taxi tunisien classique. De plus, elle offre des prestations logistiques diverses telle que la livraison express.

Citons aussi la principale plate-forme européenne de transport à la demande «BOLT», qui lance aujourd’hui son service de téléphonie mobile à Tunis, avec des centaines de chauffeurs déjà abonnés et qui vise à rendre les déplacements urbains plus faciles, plus rapides et plus fiables. Bolt s’efforce de fournir les meilleures conditions de conduite aux chauffeurs, ce qui se traduit par un meilleur service pour les passagers.

Les chauffeurs à Tunis bénéficient également du système sophistiqué de bonus mis au point pour récompenser leurs efforts.

N’oublions pas aussi eFret.tn la première bourse de transport en Tunisie. C’est un espace électronique du marché du transport, qui fonctionne selon le principe de la bourse de fret. Son objectif est de rendre le transport en Tunisie plus simple, plus abordable, plus fiable et surtout plus économique.

Les expéditeurs publient sur le site des annonces décrivant leurs besoins et reçoivent des devis gratuits de la part des transporteurs, déménageurs, des sociétés de transport international et des transitaires en douane. Les transporteurs cherchant à optimiser leurs trajets et ainsi résoudre le problème de retour à vide en proposent aux expéditeurs des tarifs compétitifs.

3/ Projets et mesures pris par l’état Tunisien vis-à-vis de la situation

De nombreuses plaintes sont enregistrées quotidiennement auprès des usagers du transport en commun en Tunisie, citons à titre d’exemple : insalubrité, insécurité, accumulation des retards, etc.

Un calvaire que plusieurs citoyens endurent chaque jour. Pour ce faire et dans le cadre du programme du ministre du transport, plusieurs projets ont été prévus et ce en faveur du développement du transport en commun en Tunisie. En effet, un plan d’investissement 2016-2020 a été élaboré. Il inclura l’infrastructure de base du transport ferroviaire ainsi que l’équipement pour un coût total de 3.7 millions de dinars.

Le RFR Tunis est l’un des projets phares de ce plan qui permettra de fluidifier la circulation dans la capitale. Le responsable de la SNCFT et président de l’Union Africaine des chemins de Fer a précisé qu’une fois réalisés, ces projets permettront la modernisation et l’extension du réseau des chemins de Fer national qui ralliera certaines villes de l’intérieurs à l’instar de Kasserine, Sidi Bouzid, Tabarka, Médenine et Zarzis.

Dans le cadre de la mobilité urbaine à Tunis, trois partenariats franco-tunisiens de financement ont été signés en Juillet 2019 entre l’Agence française de développement, les acteurs de transport urbain en Tunisie et leurs homologues français.

Cette coopération couvrira le domaine terrestre, maritime ainsi qu’aérien dans le secteur du transport.

Ces accords viennent pour répondre, en priorité, aux besoins des usagers de transport public ce qui conduira par la suite à un service plus performant sur le plan de la fiabilité et de la qualité.

4/ Une Jeunesse Tunisienne impliquée et motivée

Vivre au sein d’un écosystème rempli de défauts incite certains à tout quitter et à lâcher l’affaire d’une façon définitive tandis que, pour d’autres voulant à tout prix faire un changement, cette situation s’avère extrêmement encourageante et motivante.

L’initiative au sein des jeunes tunisiens, quoique modeste, existe réellement. Dans le cadre d’un Projet de Fin d’Etude un étudiant à l’ENIT a eu l’ingéniosité de créer une application qui vise à organiser les horaires des moyens de transports publics.

A Tunis, plus précisément au campus Manar, un étudiant de l’ENIT, Marwen BEZZINE, a créé un groupe Facebook nommé ‘Covoiturage Campus Manar’ visant à faciliter le déplacement des étudiants à Tunis.

Ces projets, qui sont des gestes simples, soulignent la volonté de changement qui existe au sein de la jeunesse tunisienne. Parfois, on se demande qu’est-ce que la catégorie ‘Jeunesse Engagée’ a reçu comme enseignement pour aussi bien maitriser l’art de l’entrepreneuriat et ce à un âge précoce.

Un acteur important et en cours d’évolution dans l’écosystème entrepreneurial pourrait bien répondre à cette problématique.

En effet, il s’avère que Marwen BEZZINE est membre actif au sein de l’ENIT Junior Entreprise, une association à but non lucratif implanté au sein de l’ENIT et dirigé exclusivement par des étudiants.

Une Junior Entreprise a pour but d’initier les jeunes au monde de l’entrepreneuriat, et ce à travers la prospection et la réalisation concrète de projets.

Nul ne peut nier que, pour certains, l’art de l’entrepreneuriat est inné. Cependant, les Juniors Entreprises, les 37 éparpillés un peu partout sur toute la Tunisie, représente le moteur de génération de cet esprit entrepreneurial tant convoité par le monde des affaires.

Discuter des détails du transport en Tunisie pourrait prendre des heures. Entre avantages et inconvénients, la fiabilité de ces moyens est encore remise en question.

Le potentiel existe, l’infrastructure existe et surtout les moyens de transports sont tout à fait accessibles. Cependant, la maintenance est délaissée, les réparations ignorées et les routes négligées.

L’état ainsi que la jeunesse tunisienne sont conscients de la situation actuelle et essayent tant que possible de fournir des efforts efficaces dans le but de faire un changement et améliorer les conditions de vie de la Tunisie.

Donc, pensons tous à renforcer ce secteur !

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