Tendance Startup : Avenir sûr ou réalité stérile ?

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ENIT Junior Entreprise entrepreneuriat

Hormis le fait que le ciel soit rempli d’étoiles, chacune garde son identité. C’est bien le cas des startups dont le nombre a connu ces dernières années une tendance exceptionnellement ascendante dans le monde généralement et en Tunisie plus précisément et qui sont, quoique leur multitude, différentes les unes des autres créant un écosystème entrepreneurial bien diversifié et riche.

La startup, étant à la base une initiative personnelle, nécessite l’étincelle d’une idée suffisamment innovante mais aussi réaliste pour être lancée. Une startup réaliste est une startup dont les sources de financement sont bien étudiées.

Structurer un projet d’innovation dans le but d’obtenir un financement n’est pas une chose aisée, ni en Tunisie ni sous d’autres cieux d’ailleurs. Une des caractéristiques vitales de la réussite d’une mobilisation de capitaux est justement la maîtrise des informations financières relatives au projet d’une part, et la connaissance de l’écosystème entrepreneurial, des instruments et dispositifs de financement disponibles sur le marché d’autre part. Ceci nous amène à nous demander quant à la motivation financière existante en Tunisie.

1/ Soutien Financier : où est ce qu’on peut le trouver en Tunisie ?

Il est vrai qu’une startup commence avant tout avec une idée, et ceci peut s’avérer être un processus extrêmement délicat.

En effet, concevoir une vision innovante, sensationnelle et hors du commun peut prendre jusqu’à des années, mais l’étape majeure qui va conditionner la concrétisation de cette perception est le support financier.

Si on aborde le sujet pour la Tunisie, on trouve que le terrain reste encore à restructurer, à améliorer et surtout à enrichir.

En évoquant le terme « support financier » on fait allusion aux banques, aux investisseurs, aux incubateurs de projets etc.

Le financement d’une startup passe par des étapes appelées tours de table, le premier apport capital se nomme « amorçage » ou « premier tour de table » puis avec l’évolution du cycle financier de la startup caractérisé par la génération de revenus, il est nécessaire d’injecter un deuxième apport appelé « capital développement » ou « deuxième tour de table ». Ajouté à cela, il doit y avoir une mobilisation de capitaux externes, en plus des fonds propres, afin de mener à bien son plan d’investissement.

Parlons maintenant concrètement du processus de financement ou accompagnement financier.

Il existe un acteur majeur dans cet écosystème nommé « Business Angel » (BA) qui est une personne physique avec un grand intérêt pour les entrepreneurs –inventeurs et les techno-entrepreneurs, en général : des projets innovants à haut risque mais en contrepartie un haut profit potentiel. La particularité du BA se résume au fait qu’il investit une grande partie de ses ressources ainsi que ses réseaux relationnels, compétences et expériences et ceci dès les premiers tours de table.

Pour entrer en contact avec ce réseau de personnes en Tunisie, consultez Carthage Business Angels (www.CBA.tn).

On trouve plusieurs sociétés de gestion de fonds spécialisées dans le financement et développement des startups et présentant plusieurs programmes variés et classés selon des critères bien déterminés. 

On peut citer :

1/,UGFS NA (United Gulf Financial Services-North Africa) qui est la société mère dont découle plusieurs programmes:

a/ Capitalease Seed Funds I : des fonds d’amorçage d’un plafond de 1 Million de Dinars afin de satisfaire les premiers besoins des jeunes entreprises ainsi que les promoteurs ou jeunes talents.

b/ Capitalease Seed Funds II: la particularité de la deuxième version c’est que c’est en partenariat avec Wiki Startup et Carthage Business Angel et que le plafond s’étend à 15 Million de Dinars.

c/ IntilaQ For Growth : des fonds commun de placement à risque (réinjections d’épargnes dans des capitaux-risques) avec un plafond de 22.5 Million de Dinars avec un objectif d’investissement dans les startups du domaine TIC.

d/ Tunisian Development Funds (TDF I, II, III) : des fonds ‘private equity’( capital investissement) avec un plafond allant jusqu’à 50 Million de Dinars.

e/ Fonds Theemar : des fonds de placement Shariaa avec un plafond de 50 Million de Dinars destinés aux financements des jeunes entreprises dans le but d’introduire le concept de la finance « islamique ».

f/ Capitalease Seed Fund : des fonds de pré-amorçage. La première édition a consacré des capitaux d’investissements entre 90 Mille et 120 Mille de Dinars puis suite au succès de cette dernière, une deuxième édition a été lancé avec cette fois un plafond de 15 Million de Dinars.

2/ CDC Gestion (Caisse des Dépôts et Consignations Gestion) qui est une société spécialisée dans les fonds commun de placement à risque, elle a vu le jour à travers un partenariat entre la Caisse des Dépôts et Consignations et des acteurs privés de l’écosystème financier tunisien. CDC Gestion offre des fonds partiellement défiscalisé dans le but de financer 65% de ses patrimoines d’entreprises dans les domaines de l’agriculture, l’industrie ainsi que les entreprises ayant des difficultés financières.

3/ Africlnvest : comptée parmi les sociétés principales gestionnaires de fonds d’investissements en capital en Afrique du nord ainsi que l’Afrique sub-saharienne, AfricInvest est présente dans neuf villes à compter Tunis, Caire, Alger, Casablanca, Abidjan, Nairobi, Lagos, Paris et Londres.

En Tunisie, elle se trouve sous le nom de TunIvest Croissance.

4/ Diva Sicar : originaire du Groupe Tunisie Telecom, cette société compte parmi les premiers investisseurs du financement des startups en Tunisie.

5/ Banque de Financement des Petites et Moyennes Entreprises : celle-ci se fait distinguer des banques publiques grâce à son programme d’investissements dans le financement des petites et moyennes entreprises. Son capital pour cet encadrement s’étend jusqu’à 15 Million de Dinars.

6/ IntilaQ : c’est un Innovation & Business Hub établi par Ooredoo & Microsoft qui présente un programme de deux étapes : une première phase d’accompagnement financier avec un plafond de 1 Million de Dinars, un support matériel et technique, une recherche de cadres dirigeants et une visibilité avec leurs partenaires Média. Ensuite une deuxième phase durant laquelle il y a l’introduction de cette startup dans le monde du Business à travers des formations et rencontres.

Il existe encore une autre catégorie d’entité d’accompagnement appelée ‘Business Incubator’. 

En effet, c’est un acteur essentiel de l’écosystème de l’innovation qui a pour rôle non seulement l’hébergement du projet mais aussi son développement sous différentes perspectives à savoir, sa modélisation, son architecture, sa planification stratégique et enfin sa mise en œuvre.

En réalité, un Business Incubator s’appuie sur un réseau d’investisseurs et de BA.

Citons quelques Business Incubator présents en Tunisie :

1/ Start’Act de l’écosystème Wiki StartUp avec le support de l’AFD (Agence française de développement) : c’est un programme d’accompagnement et de supervision de 3 à 9 mois avec une planification personnalisée. Ce programme correspond aux startups qui sont juridiquement constituées et qui ont un prototype ou un MVP (Minimum Viable Product). Ajouté à cela, cet accompagnement est sélectif, néanmoins il est aujourd’hui la référence pour ce qui est d’assistance technique et à la fin, les startups retenues ont des services offerts de la valeur de 50 Mille de Dinars.

2/ Flat6Labs et Le 15 : Ces deux incubateurs sont des partenaires et offrent un programme de 4 mois en formations accélérées ciblant les startups en phase d’amorçage dans le but ultime de stimuler l’élargissement de l’écosystème entrepreneurial en Tunisie.

3/Bi@Labs: c’est une plateforme d’incubation, qui tient ses origines de la BIAT. Le programme offert est de 4 à 16 mois avec un accompagnement complet garni d’une multitude d’avantages et de possibilités.

Pour les startups retenues à la fin, un accompagnement supplémentaire de 12 mois est accessible toujours avec les mêmes avantages qu’offre la BIAT.

2/ La Junior Entreprise : exemple d’un incubateur technique de projet

Commençons par une petite introduction sur la Junior entreprise, beaucoup d’entre vous ne sont pas familiers avec son esprit et son dynamisme. La junior entreprise est un organisme à but non lucratif, formé par un groupe de jeunes étudiants issus de différentes disciplines (Ingénierie, études en économie et gestion, etc..), travaillant en équipe afin de réaliser des projets et des missions à but économique et pédagogique.

Nous pouvons nous demander quel est l’apport des juniors entreprises concernant l’initiation au monde des startups ? En fait les avantages que nous offre la junior entreprise sont tellement nombreux que nous nous considérons déjà comme des leaders d’entreprise. Nous avons le privilège de nous former en plusieurs compétences, à savoir les domaines des Soft et Hard Skills et ceci à travers les projets que nous réalisons. De ce fait, nous nous s’ouvrons de plus en plus sur l’importance de la qualité d’un travail professionnel tel que le développement d’un site web, l’étude de marché, l’écriture d’un Business plan …etc. Dans ce cadre, nous nous voyons capables d’accompagner les entreprises en création, comme les startups et ceci grâce au savoir-faire que nous avons maîtrisé avec le temps, même si on est encore considéré trop jeunes pour certaines responsabilités et engagements professionnels.

Vous hésitez encore quant au choix d’une Junior Entreprise ? Nous vous informons en toute modestie que depuis 2016, une Junior Entreprise prend les rênes de l’orchestration du phare Tunisien ; un événement à renommée mondiale organisé en collaboration avec l’association de l’école de commerce de Marseille KEDGE Business School « JEY Entreprenariat ».

Le phare Tunisien est un concours de pitch, où chaque porteur de projet est encadré par une Junior Entreprise, supervisé par un jury regroupant des acteurs de l’écosystème entrepreneurial national et international.

Prenons l’exemple de la troisième édition du Phare Tunisien.

En effet, c’est ENIT Junior Entreprise qui a assuré le bon déroulement de cette édition, et nous pouvons citer la présence de :

 Monsieur HICHEM RADOINE: Co-Fondateur de FACTORY 319.

Madame AFEF BILHAJ: Directrice de ORANGE LABS TUNISIA.

Monsieur LOTFI HAMADI : Fondateur de WALLAH WE CAN.

Monsieur YOUSSEF FENNIRA: CEO de l’Agence Nationale pour l’Emploi et le Travail Indépendant.

Monsieur MAHDI MAHJOUB : Co-Fondateur de BEEZ-SPARK.

Monsieur TAREK CHLAYFA : ‘Program manager’ de FLAT6LABS.

Monsieur SLIM LENGLIZ : Fondateur d’ILMARCHI.

Si vous avez encore des doutes quant à l’expertise de notre travail, n’hésitez pas à nous contacter, nous serons ravis de discuter avec vous, après tout un brin de jeunesse procure toujours du bien.

Nous nous entraînons quotidiennement et avec une forte motivation et persévérance pour assurer une excellente qualité de travail satisfaisant les besoins des clients. La junior entreprise est évidemment à but non lucratif, mais pas gratuite. Elle entre en compétition avec les bureaux de conseil en offrant un prix plus abordable. Ce qui donne une autre raison aux entrepreneurs pour choisir nos prestations de service.

En outre, la raison fondamentale qui pousse à retenir une junior entreprise est certainement l’esprit d’équipe qui nous rend plus flexibles face à n’importe quel projet. Ceci vient peut-être de la part de notre jeunesse éclatante qui se reflète même dans le travail accompli. Tout commence par une idée, mais l’idée seule ne peut jamais garantir une startup réussie.

C’est pourquoi demander l’aide d’une junior entreprise pour incuber une startup future, techniquement parlant, est toujours efficace.

3/ Pourquoi devrait-on Lancer sa startup dans un pays en voie de développement ?

Multiples sont les raisons qui poussent les entrepreneurs à entamer leur startup dans les pays en développement. Cette tendance qui ne cesse de s’accroître, contribue à une bonne économie du pays et ce en offrant des opportunités de travail, étant donné qu’il est devenu désormais difficile de décrocher un poste dans une grande entreprise, notamment pour nos jeunes diplômés.

En effet, ces startups ouvrent des horizons dans des domaines multiples et ce en présentant une expérience variée à travers la mise en pratique des compétences acquises. Et donc être entrepreneur dans une startup donne naissance à des individus polyvalents et non pas à des spécialistes dans un unique domaine.

De plus, ces startups contribuent à l’alimentation de l’économie nationale étant donné qu’ils utilisent des ressources locales.

Contrairement aux petites entreprises, les startups, veillent à la qualité, à la rapidité ainsi qu’au coût raisonnable de leurs produits avant qu’ils n’arrivent sur le marché.

Ainsi étant confrontés à des produits non seulement moins chers mais aussi plus efficaces, les startups auront plus de concurrence sur le marché. Finalement, il ne faut pas ignorer leur impact primordial sur les pays en voie de développement qui est essentiellement l’alimentation de la croissance économique.

4/ Succès des startups dans les pays en voie de développement : y-a-t-il de preuves concrètes ?

Dans un monde où la croissance est rampante, les voix des experts et économistes s’accordent à dire que le seul moteur de l’économie n’est autre que les startups; ces petites structures à haute valeur ajoutée qui créent un effet papillon. Ce projet compte parmi l’une des attentes majeures sur lesquelles la jeunesse talentueuse tunisienne par exemple fonde de grands espoirs.

En effet, ceci présente l’opportunité de la mise en place d’un écosystème propice qui lui permettrait de valoriser ses énergies et de financer ses idées innovantes.

En effet, ces projets portent l’étiquette du fort pourcentage de risque dans l’investissement ce qui rend les institutions classiques de financement réticentes quant à l’adhésion et au soutien.

Néanmoins, récemment, une formidable énergie d’entrepreneuriat s’est emparée du continent africain. Du nord au sud, de l’est à l’ouest, on enregistre chaque jour la création de nombreuses startups.

Citons quelques-unes les plus fameuses en Afrique :

PocketSlip : de l’Afrique du Sud créée en 2014

RecycloBekia : de l’Égypte créée en 2011

Solar Freedom Africa : de Ouganda créée en 2015

Agridata : du Maroc créée en 2006

Mawingu Networks : de Kenya créée en 2012

Il va sans dire que les startups riment avec innovation et un monde qui change. D’ailleurs tout le monde est d’accord, du côté du gouvernement comme du côté de la société civile, sur l’importance des jeunes pousses.

D’où on cite même des startups de la Tunisie :

– Chifco : qui est une startup tunisienne créée en 2011 spécialisée dans l’Internet des Objets (IoT) et le Machine to Machine (M2M).

– Dabchy : une startup qui permet de vendre et acheter des articles de mode neufs ou d’occasion à des prix imbattables.

– BnB Tunisie : C’est un site d’annonces immobilières en Tunisie.

– Tuniliv : consiste à faire des Livraisons et transports en Tunisie.

Pour conclure, l’éclosion des startups en Tunisie avait commencé déjà avant la révolution. Mais faute de régulation, d’un cadre juridique approprié et à cause d’une absence d’assouplissement des procédures financières, l’écosystème avait du mal à s’épanouir.

Dans un horizon proche, l’avenir des startups en Tunisie restera encore peu sûr. Mais, il y a quand-même une vision de l’état tachant à rendre de la Tunisie le premier hub régional en Afrique pour l’entrepreneuriat d’ici 2020. Et ceci afin d’aider les jeunes à avoir plus de vision entrepreneuriale.

Cette image rêvée pourrait ainsi faire office de tremplin pour les jeunes startups et pourrait réussir à créer des « licornes » au rayonnement international.

Finalement, l’espoir de révolutionner l’écosystème entrepreneurial en Tunisie et de diversifier les startups reviendra principalement aux jeunes, Leaders de Demain, et sur lesquels on compte encore pour avoir un futur plus prospère économiquement et socialement parlant.

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