Sommet mondial sur le genre à Kigali : il faut promouvoir la parité dans le secteur énergétique pour lutter contre le changement climatique selon les experts

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Sommet mondial sur le genre à Kigali

Des spécialistes des questions énergétiques ont plaidé, ce mardi, en faveur d’une parité du genre dans les secteurs liés à l’énergie afin de lutter efficacement contre le changement climatique, lors du Forum sur le genre, qui se tient jusqu’au 27 novembre à Kigali, capitale du Rwanda.

« Les femmes sont vulnérables dans plusieurs pays d’Afrique, notamment dans le secteur de l’eau et de l’énergie. Et cette vulnérabilité peut avoir de nombreuses conséquences qu’on ne peut nier, sur leur santé par exemple », a souligné, d’entrée, Charlotte Eyong, spécialiste du changement climatique et de la croissance verte à la Banque africaine de développement.

Les autres panélistes, Claire Nelson du projet « Power Africa » au Rwanda piloté par l’agence américaine USAID, Barbara Kazimbaya-Senkwe du programme de financement de l’assainissement de l’eau et de l’hygiène (WASH-FIN) et Annemarije Kooijman de l’ONG Energia, ont contribué à nourrir le débat sur le thème de cette session intitulée « Le changement climatique et les effets sur les femmes. »

Le temps est venu d’agir, a affirmé Charlotte Eyong : « il faudrait institutionnaliser le genre dans les stratégies du gouvernement. Ce n’est pas juste une question de projets, mais une autre façon de faire les choses : assurer une parité de genre dans l’équipe de mise en œuvre des projets », a-t-elle soutenu, citant en exemple la Banque africaine de développement pour sa politique d’intégration du genre.

« Les femmes peuvent apporter beaucoup dans la lutte contre le changement climatique. Elles peuvent changer les mentalités pour résoudre des problèmes », a renchéri Claire Nelson, déplorant néanmoins le fait qu’il y ait peu de femmes dans le secteur énergétique. « Il faut voir comment on peut attirer les femmes dans ce secteur et les appuyer pour gravir les échelons. Sensibiliser les communautés, faire partager les expériences des femmes qui travaillent dans l’énergie afin de montrer aux jeunes filles que des opportunités existent », a-t-elle suggéré.

Une autre idée développée par Barbara Kazimbaya-Senkwe consiste à saisir les opportunités qui existent dans le secteur de l’eau, l’innovation et le financement, et d’adopter de nouvelles approches sur l’assainissement : « comment peut-on capitaliser le potentiel des déchets ? En faisant du marketing social pour changer les mentalités et amener à voir les déchets comme des ressources exploitables. »

Anne Marie Kooijman a estimé, pour sa part, qu’il était nécessaire de développer un outil de suivi afin de capter les besoins et les sensibilités : « il ne suffit pas d’avoir des données, il faut agir pour corriger les déséquilibres, se focaliser sur l’engagement des communautés, des hommes et des femmes. Le genre ne concerne pas que les femmes. »

Le Sommet mondial sur le genre, qui se tient pour la première fois en Afrique, et précisément au Rwanda, pays pilote sur le continent en matière d’égalité entre les femmes et les hommes, est co-organisé par le gouvernement du Rwanda et la Banque africaine de développement. Il vise à partager les meilleures pratiques et stimuler l’innovation afin d’accélérer les progrès en matière d’égalité des sexes.

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