Samy Kallel : « ERUDIA, au coeur du LEADERSHIP »

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Samy Kallel CEO ERUDIA

Entretien avec Samy Kallel, CEO – ERUDIA

Bonjour Samy Kallel, pouvez-vous présenter l’ADN de votre cabinet à nos lecteurs ?

J’ai co-crée ERUDIA il y a 20 ans avec mon associé. ERUDIA est un cabinet conseil en développement pluriel. Nous sommes spécialisés dans le Leadership* car c’est l’affaire de tous. Se positionner en situation de leader et assumer son pouvoir personnel, permet d’avancer dans des situations où il est nécessaire de se mettre en mouvement et de sortir de sa zone de confort. À l’heure où tout s’accélère, il est essentiel de savoir mobiliser ses ressources rapidement en tant qu’individu et par extension de pouvoir dynamiser un groupe. Il est ici question d’exemplarité. Lorsque l’on incarne des valeurs et une énergie à titre individuel, on a la capacité d’inspirer les autres à un niveau collectif.

L’ADN d’ERUDIA est la pédagogie ludique. Nous invitons des leaders de PME et de sociétés du CAC 40 à sortir des sentiers battus, à travers le Leadership personnel, managérial et d’équipe. Notre outil principal est le feedback. C’est la pierre angulaire du travail pour gagner en lucidité. En nourrissant en permanence son ouverture d’esprit, en s’interrogeant sur ses propres besoins, on développe sa lucidité. À travers la pédagogie ludique, on dénoue des process d’intégration et on aide à la transformation tout en s’amusant. Actualisation, adaptabilité, curiosité, le leader peut ainsi interagir avec le monde volatile, incertain et complexe qui l’entoure.

L’un de vos chevaux de bataille préféré est le « leader 100% Lucide ». De quoi s’agit-t-il ? 

De plus en plus de dirigeants et d’entrepreneurs démotivent leurs collaborateurs. J’ai observé qu’ils ne s’en « rendaient pas compte ». En menant une enquête durant deux ans auprès de sportifs, dirigeants, ‘’coaches’’ et artistes, j’ai tenté de comprendre et de définir la notion de lucidité. Victor Hugo a écrit : « Je ne connais ce qui est en dehors de moi qu’en fonction de ce que je suis au-dedans. » Cette capacité « à voir » est donc intimement liée au vécu et à l’histoire de chacun. La difficulté n’est pas corrélée à un évènement, mais simplement à la manière dont on le vit. Il paraît évident que le mouvement est d’aller vers Soi. De revenir à Soi sans culpabilité afin de prendre conscience que l’on est auteur et responsable de sa vie. En accompagnant les leaders, j’accueille leurs ressentis, tout en les guidant à faire face à leur réalité : « Je prête mon oreille aux autres pour qu’ils s’entendent », disait Françoise Dolto. L’expérience montre qu’un bon leader est une personne qui choisit d’avancer et de faire face à sa réalité, sans se justifier, s’excuser ou se projeter.

Pourquoi les neurosciences sont-elles décisives aujourd’hui dans la transformation des entreprises ?

Il y a quelques années, nous pressentions que notre état d’être avait une incidence sur notre façon de faire. Mais l’approche psy était mal accueillie en entreprise et avait tendance à être rejetée. Les neurosciences ont permis de démontrer des données concrètes, qui rendent plus abordable et acceptable le langage psychologique. Il est désormais prouvé que notre cerveau, utilisé en mode automatique, nous maintient dans un système où le « connu » et le « rassurant » sont des valeurs sûres. Alors que dès que nous commençons à nous regarder sans jugement, en posture de non-sachant, le cortex préfrontal s’active et nos capacités d’adaptation, de créativité et d’ouverture au possible se déploient. Il a été reconnu que plus le leader est dans le cœur, plus les effets de son comportement sont modifiés. J’aime l’image du sportif qui, s’il manque d’entraînement et est contracté corporellement, aura des résultats moindres dans ses performances. Il en est de même pour un dirigeant. S’il fait les choses par obligation, il sera hyper tendu et aura des difficultés à s’adapter, à trouver de l’énergie et à rayonner. Les neurosciences nous amènent à intégrer la pensée positive et l’ouverture du cœur comme des solutions pragmatiques. On peut donc travailler son leadership personnel au quotidien. Les bénéfices sont directs : haut niveau d’énergie, détente, engagement, renforcement de la portée de ses actions, meilleure gestion des situations de stress, etc.

Parlez-nous de votre dernier ouvrage : « Le leadership du cœur » ?

J’ai pour habitude de dire : « le cœur ou la peur » ! S’adapter et changer engendrent souvent une forte consommation d’énergie. Or, lorsque l’on est porté par l’énergie du cœur, on fait les choses avec fluidité, on surfe sur une force de vie. Réveiller l’énergie du cœur c’est comme réveiller une flamme, un désir, un enthousiasme. Le mot courage est dérivé de cœur. D’ailleurs, « À cœur vaillant, rien d’impossible ». 

Dans mon livre « Le Leadership du cœur », je cite trois ressources principales qu’apporte un cœur ouvert : la clairvoyance (qui permet de mieux s’orienter), le lien (qui permet d’être interconnecté avec les autres) et la force (qui permet d’avancer). Les entreprises doivent proposer un projet de cœur pour magnétiser des collaborateurs sensibles à l’éthique, en quête de sens, et prêts à contribuer.

Vous vous intéressez à la Tunisie, pourquoi ? 

La Tunisie est mon pays de cœur justement. C’est toute mon enfance car j’y ai vécu durant vingt ans. Je remercie RH Concept de m’avoir donné l’occasion de venir former des dirigeants et managers. J’ai beaucoup apprécié leur état d’esprit et leur humilité à vouloir apprendre.

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