Samir Khoudja : « La coopération Suisse est de plus en plus engagée en Tunisie.»

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Coopération économique :

Le volume des importations en provenance de la Tunisie en 2022, s’élevait à 193 millions de francs alors que le volume des exportations suisses s’élevait à 174 millions de francs, pour un volume total d’échanges de 367 millions de francs.

La Tunisie a conclu un accord de libre-échange avec l’Association européenne de libre-échange (AELE), qui est entré en vigueur en 2004. Un accord bilatéral, concernant la promotion et la protection réciproque des investissements, est entré en vigueur en 2014, tandis qu’un accord-cadre de coopération en matière de migration est entré en vigueur en 2014.

Tunisie Hub pour l’Afrique :

La Tunisie présente un potentiel humain important, une population jeune, un pourcentage d’universitaires élevé, notamment dans les branches techniques (ingénieurs, techniciens, médecins, pharmaciens, etc.) avec notamment un marché d’emploi en local limité.

Ces compétences sont reconnues à l’échelle internationale et sont intéressantes pour assister des entreprises suisses dans le développement de nouveaux marchés émergents telle l’Afrique.

La capacité d’adaptation des Tunisiens aux différentes cultures permettra sans aucun doute d’apporter une pierre à l’édifice de l’économie suisse.

Un certain nombre de sociétés suisses en Tunisie opèrent déjà avec ce mode grâce aux ressources locales de la Tunisie, ce qui leur donne beaucoup de succès en Afrique.

Obstacles (admin + procédurales) :

Nul ne doute aujourd’hui que le frein majeur pour tout investisseur demeure la lourdeur administrative.

Il va sans dire que le gouvernement tente d’alléger ces obstacles administratifs qui sont lourds. Plusieurs restructurations dans les administrations sont en cours, mais cela prend du temps, mais aussi des moyens à mettre en œuvre, car le «zéro papier» demande également des investissements.

Le personnel administratif quant à lui, essaye de s’adapter tant bien que mal afin de répondre aux besoins des entreprises. La volonté y est, mais le temps manque.

Les Entreprises Suisses en Tunisie et leur Potentiel :

Une centaine d’entreprises suisses opèrent déjà en Tunisie. Des multinationales comme Roche, Novartis, Bobst, Sika et tant d’autres PME, sont déjà présentes depuis des décennies.

Les secteurs du textile, de la pharmaceutique et de l’industrie des machines sont les principaux secteurs d’échanges économiques entre les deux pays et qui représentent plus de 18.000 postes d’emplois en Tunisie.

D’autres domaines sont également à développer notamment dans l’industrie agro-alimentaire, grâce notamment aux produits bio. D’ailleurs, notre Chambre de commerce et d’industrie Tunisie-Suisse a organisé un événement, le 29 septembre 2022, sur le thème «Les Produits Bio Tunisiens : Potentiel du marché suisse», pour lequel il a été clairement reconnu qu’il y a un potentiel d’exportation très important, tout en respectant les normes suisses.

Il y a aussi le «Tourisme Médical en Tunisie», qui est un axe qui représente une croissance notable de la Tunisie dans le domaine de la chirurgie esthétique ainsi que les soins dentaires, les cliniques tunisienne et les services hôteliers sont mis également en appui afin de recevoir une clientèle demandant un service de qualité et à des prix abordables.

Nous recensons seulement près de 3.000 touristes suisses en Tunisie la dernière année, sachant que ce nombre pourrait croître considérablement avec le tourisme médical par exemple.

Dans le même axe, les maisons de retraites qui hébergent des retraités suisses (appelées EMS en Suisse) font apparition en Tunisie, ou les services médicaux accompagnés d’une prise en charge adéquate, devient également un créneau à fort potentiel grâce à la proximité de la Suisse, essentiellement la Suisse francophone, mais aussi à des coûts abordables et qui pourraient être remboursables par certaines assurances en Suisse, sans oublier les conditions climatiques qui permettront de profiter des belles journées ensoleillées en Tunisie, durant la période des mois rudes d’hiver en Suisse.

L’industrie électromécanique, dans le domaine de la sous-traitance, est de plus en plus présente en Tunisie avec la collaboration des opérateurs locaux en Tunisie.

La Tunisie a toujours été un maillon de la chaîne, grâce à sa «sous-traitance» dans le domaine de l’électromécanique, il s’agit maintenant de faire le pas suivant, dans la «recherche et le développement». D’autres pays qui ont atteint ce niveau n’ont rien à envier à la Tunisie : notre pays regorge d’excellentes ressources humaines dans les domaines techniques, je citerais l’industrie aéronautique et l’industrie automobile ou bon nombre de sociétés étrangères ont déjà fait ce grand pas en Tunisie.

Formation professionnelle et apport de la Suisse à la Tunisie :

La Suisse est réputée pour sa formation duale. D’ailleurs la majorité du personnel technique en Suisse est issu de ce système, qui permet une formation auprès des entreprises tout en poursuivant le cursus scolaire. La coopération suisse est de plus en plus engagée en Tunisie afin d’apporter sa contribution dans divers secteurs de la formation professionnelle, qui reste l’épine dorsale du développement dans la technologie : il s’agit de travailler plus, main dans la main, afin d’atteindre l’excellence.

Bien entendu, l’accompagnement, la formation et le suivi restent le pivot de cette réussite, mais aussi encore faut-il avoir une volonté de la part des investisseurs suisses qui verront leur COGS (Cost of Good Sold) diminuer et qui leur permettra de se positionner sur de nouveaux marchés, période où la guerre des prix règne. Il est également à noter que les jeunes en Suisse, changent de plus en plus de lieu de travail, le marché devient de plus en plus compétitif et certaines entreprises souffrent de ce turn-over.

A la Tunisie de faire en sorte de retenir nos jeunes talents à la condition de les motiver, non pas seulement par les salaires, mais aussi par la formation et par un environnement adéquat, ainsi qu’à améliorer notre compétitivité notamment sur les marchés de l’export, pas seulement sur l’Europe mais aussi sur l’Afrique et ce, en travaillant -main dans la main- avec des opérateurs étrangers, comme la Suisse qui, sûrement, trouverait son compte également.

Il s’agit donc de travailler et de… travailler, car seule la passion et la volonté d’y croire, nous mènera à bon port.

Par : Samir Khoudja

Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie Tuniso-Suisse

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