Retour sur les ATDA 2021: Vers la construction d’un digital panafricain sociétal

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Organisées pour la première fois en terre africaine, les Assises de la Transformation Digitale en Afrique (ATDA 2021) se sont déroulées cette année les 25 et 26 novembre 2021 dans l’enceinte de la prestigieuse Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P).

A l’occasion du 10ème anniversaire des ATDA, cette assise qui a été un franc succès en termes de mobilisation, de contenus et de recommandations, avec environ 400 participants venus de toute l’Afrique et d’Europe, a rassemblé six Ministres du numérique africains (Maroc, Gabon, Niger, Madagascar, RDC, Congo), 15 délégations africaines, 70 intervenants ainsi que l’Alliance Smart Africa.

Les échanges ont porté sur le thème central : « Déployer une infrastructure résiliente, souveraine et durable pour favoriser l’innovation africaine. », marquant ainsi une occasion pour les personnalités ministérielles, experts, directeurs d’agences, PME, startups de participer aux échanges autour de plusieurs panels, keynotes, faces-à-faces et ateliers.

Les débats ont porté sur le développement inclusif et durable de l’Afrique, l’innovation, l’Intelligence artificielle, le Cloud souverain, l’industrie 4.0, l’inclusion numérique, l’Edutech, l’entrepreneuriat, le E-commerce, ou encore les retours d’expériences pays autour de la transformation digitale.

Les ATDA 2021 ont constitué d’intenses moments d’échanges, de séances B2B sur des sujets phares de la transformation digitale en Afrique.

Regards croisés entre décideurs africains et partages d’expériences entre les nombreuses multinationales et institutions nationales et internationales ayant soutenu l’organisation de l’événement tels que : l’ADD, l’AMDIE ou les clubs de DSI Afrique, INWI, N+ONE, SQORUS, INETUM, GEMADEC, DXC CDG Maroc, ORANGE, SAP, HUAWEI, GAINDE 2000, ITC.

A la fin des travaux, le président du comité scientifique de l’événement et Directeur Général de Smart Africa, Lacina Koné, a présenté les recommandations retenues à l’issue de ces deux jours. En ce qui concerne l’Écosystème « Écosystème », il est envisagé :

●        La création et l’investissement dans un écosystème d’innovation africain [startups et recherche universitaire] favorable à l’éclosion des talents africains en mesure de travailler dans une logique de partenariat gagnant-gagnant avec les GAFAM.

●        La création et le soutien de clusters digitaux africains pour pénétrer les marchés internationaux.

●        La création d’un couloir entre les administrations, les entrepreneurs et la société civile, et le renforcement des liens universités-entreprises via des mécanismes de financement collaboratif pour booster l’innovation.

Sur le plan des « Infrastructures », il est recommandé :

●        La création de clouds africains, la concrétisation du développement technologique via l’érection des datacenters et la mutualisation des technologies.

Par rapport au « Capital humain », il est prévu :

●        La formation et le renforcement des capacités des ressources humaines pour participer à la révolution numérique et la vulgarisation de la culture numérique auprès des populations.

Au sujet de la « Législation », il est question de :

●        La ratification du traité de Malabo pour renforcer la lutte contre la cybercriminalité, la mise en place de règlementations sur la protection des données adéquates et le cloud.

Quant à la « Coopération », il est prévu que :

●        Les pays, entreprises et sociétés civiles africain(e)s adoptent une synergie d’actions autour d’un unique agenda de souveraineté numérique en Afrique.

« La célébration de la 10ème édition des ATDA a été le moment pour repasser en revue les différentes innovations qui ont marqué le continent durant cette dernière décennie. C’était aussi une occasion de projeter le continent vers le futur, notamment avec l’irruption de Metaverse qui va indéniablement rabattre de nouvelles cartes. Dans ce registre, la bataille de la souveraineté numérique se passera plutôt sur les contenus que sur les infrastructures », préconise Mohamadou Diallo, Directeur général de Cio Mag et Président du comité d’organisation des ATDA.

Pour Omar Seghrouchni, Président de la CNDP, le Maroc est fier d’avoir coorganisé à la 10ième éditions des ATDA. Il entrevoit l’avenir digital de l’Afrique à travers l’agilité du process à mettre en place à cet effet. « L’agilité nécessite de pouvoir mobiliser ou déployer autrement et rapidement un minimum de ressources humaines pour l’essentiel, tout en assurant la continuité des autres tâches. C’est ainsi que la confiance numérique pourra accompagner, avec agilité, le déploiement du digital », a-t-il déclaré.

Enfin, des trophées ont été distribués pour récompenser certains acteurs du changement :

●        L’Université Mohamed VI Polytechnique – UM6P pour l’excellence de ses cursus pédagogiques.

●        L’Agence du Développement du Digital, acteur incontournable du développement numérique au Maroc, pour son fort impact dans le processus de digitalisation du Royaume. Ce prix vise aussi à encourager les initiatives de l’Agence pour la création du réseau panafricain des Agences gouvernementales en charge du numérique,

●        Smart Africa, pour son engagement dans la mise en œuvre d’un marché unique numérique et les efforts de son CEO Lacina Koné dans la promotion des innovations numériques en Afrique,

●        L’Association des Utilisateurs des Systèmes d’information du Maroc – AUSIM pour son rôle d’éclaireur et d’acteur du changement dans le paysage numérique marocain depuis plus de deux décennies.

●        INWI, pour son engagement dans le Cloud souverain

Après le succès de cette 10e édition au Maroc, les ATDA seront de retour les 15 et 16 décembre 2022 à Genève en Suisse, organisées en partenariat avec l’Union Internationale des Télécommunications (UIT).

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