Quatre priorités pour répondre à la crise des prix alimentaires selon la Banque Mondiale

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Banque Mondiale

La Banque Mondiale vient de publier un article sur la crise des prix alimentaires, répercussion de la guerre Russo-Ukrainienne.

« Le spectre d’une crise des prix alimentaires, liée au manque de disponibilité et au renchérissement du blé et d’autres denrées essentielles, figure au premier plan des préoccupations. » souligne la Banque Mondiale, appelant à ne pas minimiser l’impact de la guerre sur les systèmes alimentaires déjà fragilisés par la pandémie, des événements météorologiques extrêmes, des dévaluations monétaires et des contraintes budgétaires. 

Alors que les prix alimentaires mondiaux et nationaux étaient déjà proches de leurs niveaux records avant même la guerre en Ukraine, l’institution financière internationale a précisé que la guerre a entraîné une hausse significative des cours du blé, dont l’Ukraine et la Russie assurent à elles seules plus d’un quart des ventes annuelles dans le monde.  

Idem pour d’autres produits de base agricoles exportés par les deux pays : l’orge, le maïs, les huiles alimentaires, ce conflit a conduit à une forte augmentation des prix des engrais, l’incertitude plane sur les prochaines récoltes.

« Notre capacité à gérer la volatilité des prix alimentaires et à surmonter cette nouvelle crise dépendra des politiques qui seront mises en œuvre au niveau national et de la coopération mondiale. »

Néanmoins, la Banque Mondiale a fait savoir que les stocks mondiaux des trois principaux aliments de base dans le monde (riz, de blé et de maïs), sont encore historiquement élevés. 

« Pour le produit le plus touché par la guerre, à savoir le blé, les stocks restent bien au-dessus des niveaux atteints pendant la crise des prix alimentaires de 2007-2008. Les estimations indiquent par ailleurs que les trois quarts environ des exportations de blé russes et ukrainiennes avaient déjà été livrées avant le début du conflit. », précise la BM, qui propose quatre axes d’action prioritaires pour les pays et la communauté internationale :

1. Maintenir les échanges de produits alimentaires. Forts de leur expérience, les pays et les organisations internationales doivent à nouveau rester unis dans leur engagement à assurer la libre circulation des denrées alimentaires. Le G7 a appelé tous les pays à maintenir leurs marchés alimentaires et agricoles ouverts et à éviter toute restriction injustifiée de leurs exportations.

2. Soutenir les consommateurs et les ménages vulnérables grâce à des filets sociaux. Les pays doivent impérativement maintenir ou étendre les programmes de protection sociale qui amortissent le choc de la crise pour les consommateurs. Outre la question de la disponibilité de nourriture, le problème de l’accessibilité financière des denrées alimentaires se pose de manière particulièrement aiguë dans les pays à revenu faible et intermédiaire, où les populations consacrent généralement une part plus importante de leurs revenus à ces dépenses que dans les pays à revenu élevé. Un grand nombre de ménages avaient déjà réduit leurs dépenses avant la guerre en raison de la baisse de leurs revenus et de la hausse des prix alimentaires. Dans un contexte où les ressources sont limitées, les pouvoirs publics devraient apporter un soutien prioritaire aux ménages les plus vulnérables.

3. Soutenir les agriculteurs. Bien que les stocks alimentaires mondiaux soient suffisants à l’heure actuelle, nous devons protéger les prochaines récoltes en aidant les agriculteurs à faire face à une envolée du prix des intrants, et notamment des engrais, ainsi qu’à une offre réduite. L’élimination des obstacles au commerce des intrants, l’utilisation plus efficace des fertilisants et la réorientation des politiques et dépenses publiques en soutien aux agriculteurs sont autant de mesures qui pourraient contribuer à préserver la production alimentaire dans les six mois qui viennent.  Il est également temps d’investir davantage dans la recherche et développement sur les engrais : le développement des innovations scientifiques et le recours à des biofertilisants, moins dépendants des combustibles fossiles que des engrais synthétiques, permettraient aux agriculteurs de disposer d’un plus grand nombre de solutions durables.

4. Transformer les systèmes alimentaires afin qu’ils puissent devenir plus résilients et assurer une sécurité alimentaire et nutritionnelle durable. Avant même la guerre en Ukraine, de multiples crises avaient contribué à affaiblir ces systèmes. De nombreux pays connaissaient une hausse de l’insécurité alimentaire aiguë, sous l’effet conjugué de chocs économiques, de conflits, d’une sécheresse historique en Afrique de l’Est et d’une infestation acridienne d’une ampleur exceptionnelle.

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