Open Sky : l’UGTT bloque 500 000 emplois

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Open Sky-l’UGTT

Depuis sa signature le 11 décembre 2017 entre la Tunisie et l’Union Européenne, l’accord sur les services aériens Open Sky a été qualifié par les responsables tunisiens et européens d’excellente nouvelle pour le tourisme, pour les passagers et pour les entreprises. Les professionnels du secteur du tourisme et des services attendaient depuis longtemps une telle occasion pour sortir la tête de l’eau et gagner en accessibilité et en visibilité. Pour la majeure partie des acteurs de ce secteur, un rêve était en cours de réalisation, l’optimisme était de mise!   

Mais c’était sans compter sur les intentions malveillantes, vieillissantes  et dépassées de certains acteurs du secteur du transport aérien en Tunisie. Tunisair, ses milliers d’agents et leurs représentants syndicaux, pèseront de tout leur poids pour empêcher l’entrée en vigueur de cet accord. Il faut dire que les cinq ans de grâce durant lesquels l’aéroport de Tunis – Carthage sera exempté de cet accord en vue de protéger la compagnie nationale de la concurrence rude et acharnée des géants internationaux du low-cost, obtenu par l’Etat tunisien n’auront pas suffit à calmer les inquiétudes de certains. L’hostilité et l’agressivité manifestées par ces derniers à l’encontre de l’Open Sky, vise essentiellement à masquer et à camoufler les énormes lacunes entachant le fonctionnement de Tunisair. Aujourd’hui la compagnie nationale et attaquable et pénétrable. Célèbre par les interminables et insupportables heures d’attente ainsi que pour la dégradation de la qualité de ses services, elle aura beaucoup de mal à rivaliser avec des concurrents venus d’ailleurs obsédés par les bonnes performances et le bien-être des voyageurs.

Il est clair que la réforme de cette entreprise publique est aujourd’hui urgente et inévitable. Les diverses tentatives syndicales pour l’empêcher n’auront pour effet que de la retarder et d’accentuer le mal d’une compagnie qui monopolise depuis des décennies un secteur concurrentiel par nature. La solution c’est d’inclure dans cette perspective de réformes une éventuelle privatisation totale ou partielle de la compagnie. Or, en l’état actuel des choses, avec 8500 employés pour 27 appareils, aucun investisseur ne se mettra les mains à la poche pour un tel fardeau. Pour que Tunisair parvienne à se relever et à trouver, peut-être, un repreneur, des mesures douloureuses mais nécessaires sont à prendre. C’est ce qui fait le plus peur à la majorité des syndicalistes qui manquent cruellement de courage et de réalisme. Et ce sont ces craintes qui les poussent à faire désespérément barrage à l’accord Open Sky. Des craintes illustrant leur manque flagrant de vision, car d’après les spécialistes du transport aérien, cet accord ouvrirait grand les portes du ciel et boosterait les emplois. Dans les différentes activités liées au tourisme, il permettrait la création de près de 500 000 emplois. Des procédures et des mécanismes risqués mais nécessaires sont à prévoir. L’exécutif doit faire preuve de rigueur et de fermeté. Dans les mouvements des syndicalistes et au niveau de leurs revendications l’intérêt général et la vision sur le long terme doivent primer.

Maher Ben Romdhane

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