
Convaincue que la culture est un puissant vecteur de changement, Enda Inter-Arabe continue d’investir le terrain en intégrant l’expression artistique au cœur de son action.
Le 13 février 2026, l’organisation a accueilli dans son espace « El Kahina » une projection presse du film-documentaire « Looking for my mother », signé Anis Lassoued. L’événement s’inscrit dans une démarche qui dépasse la simple diffusion d’une œuvre artistique, mais une occasion de mettre en lumière des trajectoires de vie et de promouvoir l’art comme un outil de transformation sociale.
Ce long-métrage explore avec pudeur et une authenticité brute une histoire à la fois universelle et unique. Anis Lassoued ne filme pas des acteurs, il filme la filiation et l’abandon, la quête identitaire, la résilience et le poids des normes sociales, mais surtout et avant tout, le pouvoir de la création dans la reconstruction personnelle. Avec « Looking for my mother », il nous entraîne dans une aventure humaine, celle de Moez Chriti et sa quête intime sur les traces de sa mère biologique, accompagné de ses amis et de sa famille adoptive. Mais Moez ne cherche pas seulement une mère, il se cherche lui. Car dans son histoire, l’absence n’est pas seulement familiale, elle est identitaire, tiraillé entre la question « pourquoi m’a-t-on laissé ? » à « que vais-je faire de ma vie ? ».
Pris entre le poids du passé et l’urgence de construire son avenir, Moez fait de l’art un langage de survie, transformant sa douleur en musique, en écriture, en performance. Avec son ami, il compose et rêve de produire un clip, pas seulement pour réussir, mais pour exister, faire entendre sa voix et reprendre le contrôle de son histoire.
Enda Inter-Arabe, acteur engagé
Le parcours de Moez s’est construit dans un environnement d’accompagnement où Enda-Inter-Arabe a joué un rôle de soutien et de cadre. Une grande partie du film a été tournée dans les espaces de l’institution de microfinance où ses amis et lui ont participé à des activités artistiques, socioculturelles et éducatives. Ateliers de théâtre, soutien scolaire, espaces de parole, Enda a ouvert ses portes à la jeunesse tunisienne en mettant à disposition ses équipes d’animation et en leur permettant ainsi de se construire.
C’est à une période particulièrement fragile de sa vie, où le jeune homme peinait à formuler ses émotions et trouver sa place, qu’il découvre Enda Inter-Arabe. Au fil des semaines, il s’implique et s’applique, dans les activités proposées par l’organisation, lui permettant de reprendre confiance, de renouer avec la parole et de recréer du lien. Son cercle relationnel s’élargit, ses projets prennent forme et une dynamique collective se construit avec d’autres jeunes engagés dans le même parcours.
Dans cet environnement, Enda devient pour lui bien plus qu’un lieu d’accueil mais un véritable espace de socialisation et de reconstruction, où l’accompagnement humain complète l’appui matériel et éducatif. C’est également au sein de cet écosystème que naît son projet artistique porté avec des amis rencontrés sur place.
« C’est pourquoi, je souhaite associer le nom d’Enda à ce projet, en signe de reconnaissance et d’adhésion à ses valeurs », a déclaré Moez.
Au cœur de cette démarche se trouve une attente plus intime, le jeune homme espère que le documentaire connaîtra une large diffusion, dans l’espoir qu’un jour, sa mère puisse le voir.
Enda Inter-Arabe, plus qu’un acteur économique
Cette action dépasse l’objectif et la fiction. Depuis sa création, Enda Inter‑Arabe s’est donnée pour mission de renforcer l’autonomie des personnes vulnérables en combinant inclusion économique, sociale et culturelle. Engagée depuis plus de trois décennies, l’organisation, surtout connue pour son rôle dans la microfinance, a également développé tout un éventail d’initiatives éducatives, sociales et artistiques qui complètent son accompagnement financier traditionnel.
Au‑delà de la simple assistance économique, Enda met en place un ensemble d’activités accessibles à tous dans son espace communautaire « El Kahina » à Tunis. Cet espace ouvre ses portes aux enfants, aux jeunes et aux femmes pour participer à des clubs créatifs (théâtre, musique, dessin), des ateliers d’expression, des sessions de chant ou des programmes éducatifs qui contribuent à l’épanouissement personnel, au développement de la confiance en soi et à la promotion des valeurs citoyennes. Enda organise également des événements artistiques et culturels annuels, tels que des journées de création, des concours pour jeunes artistes, des cercles de débat autour d’œuvres culturelles, ainsi que des concerts ou fêtes thématiques. L’organisation s’implique aussi dans des initiatives à plus large échelle comme le Festival de la rentrée scolaire à Tunis, qui combine animations, ateliers pour enfants, activités pédagogiques et soutien aux familles, dans une logique de solidarité et d’inclusion sociale.
Cette dimension n’est pas accessoire, elle s’inscrit dans la vision, la mission et la philosophie d’Enda, qui vise à créer des espaces de socialisation, de dialogue et de construction identitaire pour les jeunes vivant des situations de fragilité sociale ou économique.
« Looking for My Mother » devient ainsi une initiative inattendue de sa politique de responsabilité sociale, prouvant encore une fois, que l’impact d’une institution financières ne se mesure pas seulement en crédits remboursés, mais aussi en histoires humaines qui trouvent enfin le droit d’être racontées.











