L’industrie pharmaceutique sonne le glas

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La Chambre Nationale de l’Industrie Pharmaceutique

Le Syndicat des Entreprises Pharmaceutiques Innovantes et de Recherche(SEPHIRE), organisation professionnelle,qui réunit 19 laboratoires pharmaceutiques de recherche et de développement (de droit tunisien, représentant environ 2000 emplois directs et indirects)et qui œuvre pour l’accès aux médicaments innovants pour les patients tunisiens,sonne le glas: plusieurs laboratoires innovants ont quitté la Tunisie et d’autres pourraient leur emboîter le pas….

En Tunisie, plusieurs multinationales de l’industrie pharmaceutique a l’instar de Bayer,Novartis et GSK ont quitté récemment le sol tunisien.Selon le SEPHIRE,La situation est extrêmement critique.En effet, au-delà des entreprises citées qui sont parties,d’autres

laboratoires innovants pourraient quitter la Tunisie dans les prochaines semaines ou mois à venir.Ces départs représentent une perte d’investissements directs en Tunisie que ce soit en termes de main-d’œuvre,de production,d’expertise et de formation. »Ces investissements que perd la Tunisie iront à d’autres pays qui ont une politique plus ouverte aux investisseurs et à l’innovation »,alerte le syndicat ».Par effet collatéral les patients tunisiens n’auront plus accès à des produits vitaux alors que plus de 200 les produits sont déjà en rupture de stock ou en répartition.

 Situation délétère

Derrière le départ des BIGPharma et cri d’alarme des professionnels du secteur se cache une situation que ces derniers jugent délétère:Le fonds, tant attendu, d’environ 220 millions de DT qui avait été promis par le ministère de la Santé pour réduire le niveau de crédit et le retard dans les paiements de la pharmacie Centrale ne s’est jamais concrétisé.Quel fournisseur local pourrait tolérer pendant sept ans des retards systématiques de paiement de plus de 14 mois ? s’interroge le syndicat qui regrette également l’absence de réunions du comité technique ainsi que du comité scientifique depuis plusieurs mois.Le syndicat qualifie les dernières décisions du PCT notamment de réduire les délais de paiement de 2 mois,de calmant qui allège les symptômes mais ne guérit pas le mal.Conséquence directe de cet immobilisme,le classement de pays a malheureusement dévié en termes d’accès à l’innovation dans la région faisant de La Tunisie le dernier pays en termes d’accès aux NME (New Monecular Entity) sur les dix dernières années, le pays qui demande le plus de temps pour enregistrer un produit (avant remboursement)et le pays qui a le délai le plus long pour qu’un produit soit remboursé.

Prompt rétablissement

Selon les professionnels,un prompt rétablissement du secteur passe obligatoirement par une réglementation et un remboursement holistique et complet conformes aux meilleures pratiques suivies par les pays développés et une collaboration efficace entre les différentes parties prenantes impliquées dans le paysage de l’accès aux médicaments.Le SEPHIRE,qui se considère comme un partenaire à la fois du secteur public et du secteur privé et souhaite travailler main dans la main avec toutes les parties prenantes,dit avoir créé plusieurs groupes de travail afin de faire évoluer certaines législations.Pourtant,jusqu’à présent,le rythme des changements reste extrêmement lent, notamment sur ce qui se rapporte aux lois liées à la propriété intellectuelle et à la protection des brevets. »Ces lois remontent à des dizaines d’années alors que la Tunisie a signé des traités internationaux, »regrette le syndicat » qui porte la voix du secteur auprès des autorités et du grand public dans le respect des codes de conduite,conformes à l’éthique de la profession.

Par : Hatem Toulgui

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