Les Turcs ne sont pas nos ennemis, mais ils ne nous aiment pas pour autant !

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Nabil ALLANI

La politique d’Ankara suivie dans les pays du Maghreb participe d’une doctrine remplie de menaces pour les pays de l’UMA et qui ne profite à aucun d’entre eux. C’est tout le contraire qui est vrai. L’écosystème géopolitique développé par Erdogan retarde la stabilisation de la Libye, s’invite dans les affaires intérieures de la Tunisie et incarne un grand danger pour son économie.

En Algérie, les choses sont plus complexes et l’indépendance énergétique d’Alger agace les Turcs qui rêvent secrètement d’instaurer un Dey sur les terres de notre grand voisin. La Turquie marque un certain nombre de points en Mauritanie en manque d’investissements mais enrage de ne pas pouvoir franchir le haut Atlas et pavaner dans les citées chérifiennes du Royaume du Maroc.

 Pour rappel, il est  capital et fort utile de rappeler que les janissaires de l’armées ottomane, victorieuse en Méditerranée, a vassalisée sans difficulté les pays du Maghreb après avoir conquis le Proche-Orient, mis en sérieuse difficulté par les forces italiennes et espagnoles, scellé un pacte avec le Royaume de France et rayonné au temps de Soliman le Magnifique. Amers, les Turcs gardent toujours en tête le mauvais souvenir de ne jamais avoir pu se rendre maîtres du Maroc.

 Erdogan, qui est en rupture radicale avec la République éclairée de Kamel Atatürk, veut renouer avec les exploits épiques de Barberousse et réinstaller son hégémonie sur le Maghreb. Pour y parvenir, tous les moyens sont bons. L’économie en Tunisie aidée par des négociants sans scrupules, épaulés par les islamises laminent le tissu industriel du pays, creusent la balance commerciale, bafouent tous les principes du traité de libre-échange, parasitent la politique de Salut de Kaïs Saied, et s’infiltrent dangereusement dans le carré sacré d’un secteur souverain comme celui de l’éducation. 

En Libye, notre second voisin, Ankara  veut dominer la tripolitaine, s’accaparer les ressources énergétiques et prendre le peloton de tête dans la reconstruction du pays et évincer, de facto, les entrepreneurs tunisiens. 

Fort heureusement, ce casus-belli n’est pas irréversible et il est urgent pour Carthage de réagir en suspendant jusqu’à nouvel ordre le traité de libre-échange avec Ankara et en mobilisant une diplomatie politico-économique en direction de nos alliés maghrébins, les pays du Sahel et en construisant un rapprochement stratégique avec l’Egypte. 

Par : Nabil ALLANI

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