Les startuppers en Tunisie en ont gros sur le cœur

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The Dot, premier hub d’innovation digitale en Tunisie, a accueilli aujourd’hui, mardi 24 janvier, 4 startups tunisiennes hébergées, venues se présenter et communiquer leurs actualités dans le cadre de l’initiative « Media Club ».

« Media Club » est un rendez-vous mensuel visant à soutenir les startups en Tunisie et leur apporter plus de visibilité. Ces rencontres débats sont également un lieu de networking de qualité où les startuppers peuvent créer des partenariats au niveau national et international en se mettant en relation les acteurs de l’écosystème entrepreneurial et journalistes. Media Club est également un lieu de partage où les intervenants peuvent débattre sur divers sujets d’actualités afin d’informer, sensibiliser et échanger.

Aujourd’hui, The Dot a proposé de (re)découvrir Dracoss, Birou Suite, SgharToon et WeMove Tunisia, ces startups montantes en Tunisie et dans le monde. Les fondateurs se sont réunis avec plusieurs journalistes pour se présenter, communiquer leurs récentes actualités et débattre sur les moyens d’apporter plus de visibilité aux startups tunisiennes.

Cette occasion a, également, permis aux fondateurs Alaa Chaibi (Birou Suite), Amen Allah Souli (Dracoss), Hidayat Ayadi (SgharToon) et Mariem Sellami (WeMove Tunisia) de faire part des attentes et besoins des startups en Tunisie.

Manque de visibilité

Les fondateurs ont dénoncé le manque de visibilité et crédibilité des startups en Tunisie.

« Les médias ne nous contactent seulement lorsque nous effectuons des levées de fonds. Le reste du temps on nous ignore. », a déploré Hidayat Ayadi (SgharToon). « Les startups tunisiennes méritent plus de visibilité et de couverture, malheureusement nos médias ne nous consacrent pas assez d’intérêt. », a-t-elle poursuivi.

Elle a rappelé, que son application est opérationnelle depuis 2018, cependant, les fondateurs de SgharToon ne viennent de signer un accord avec le ministère que récemment. « Ce projet a déjà été effectué en Arabie Saoudite, il aurait pu être lancé bien plus tôt en Tunisie ».

Partageant son opinion, les startuppers ont appelé les médias à accorder plus d’importance et d’apporter plus de crédibilité aux startups.

Loi de finances 2023 : Les mesures encourageantes cachent des mesures défavorables au développement des startups

Les fondateurs ont également dénoncé certaines mesures de la loi de finances 2023, jugées handicapantes. Hidayat Ayadi a pointé du doigt les trop lourdes taxes affligées aux startups. Elle a expliqué que les startuppers n’ont, finalement, plus assez de budget pour le recrutement d’employés qualifiés, des locaux ou pour les campagnes marketing. Malgré de nombreuses aides, comme le startup Act, les startups ont du mal à subvenir à leurs besoins et parfois même du mal à lancer leurs projets.

Mariem Sellami (WeMove Tunisia) a pour sa part déclaré : « Nous ne devons pas cracher dans la soupe, avoir quelques avantages c’est déjà mieux qu’aucun avantage. Mon regret est que la loi favorise plus les investisseurs que les entrepreneurs et les startups. »

Des conditions nationales peu favorables

Pour les startuppers, la Tunisie offre de nombreux avantages. Cependant, ils font face depuis de longues années à plusieurs obstacles. En effet, les fondateurs ont déploré la lenteur et la lourdeur des procédures administratives. Le manque de financements nationaux a également été évoqué par les entrepreneurs qui, pour certains, sont contraints de quitter le pays. D’autres, dont le projet n’a jamais pu voir le jour, sont stoppées en cours de chemin. Plusieurs entrepreneurs investissent beaucoup d’argent pour finalement mettre la clé sous la porte très rapidement.

Des difficultés qui s’étendent à l’international

En effet, les entrepreneurs réalisent majoritairement des levées de fonds internationales. Ils doivent se tourner vers des business angels et investisseurs étrangers pour effectuer des tours de tables.

« Des investisseurs nous ont proposé de l’argent dans notre projet mais nous ont demandé de nous exporter. Ils ne pouvaient ou ne voulaient pas investir tant que nous étions en Tunisie. Certains investisseurs ne croient pas en la Tunisie et craignent les retombées de notre économie. Lorsqu’ils voient les notes que Fitch Ratings et Moody’s ont attribué à la Tunisie, la lenteur de l’accord avec le FMI, la situation sociale, ils ne souhaitent plus investir pour des projets tunisiens. » a déploré Alaa Chaibi (Birou Suite).

De lourdes conséquences pour la Tunisie

Amen Allah Souli (Dracoss), a, pour sa part, souligné l’intérêt du gouvernement et des citoyens aux projets innovants, notant cependant que le marché tunisien est trop limité. Acquiesçant, Alaa Chaibi (Birou Suite) a expliqué que de nombreuses startups sont, dans ce contexte, contraintes de se tourner vers les marchés internationaux.

Ainsi, Tous ces facteurs évoqués poussent les startups à se délocaliser et quitter la Tunisie. Nous ne parlons plus d’expansion mais de fuites de cerveaux lourdes de conséquences pour la Tunisie. Maillon clé, les startups jouent un rôle important pour l’économie tunisienne et l’employabilité. Il s’agit d’un réel investissement pour l’Etat et d’un levier important du développement de l’innovation.

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