Les jeunes et la politique The International Institute of Debate, Le partenaire de la KAS pour l’initiation à la vie politique des jeunes

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La jeunesse tunisienne à l’honneur encore et toujours pour un des programmes phares de la KAS.

Pour la présentation de ce programme, 

Mme Hajer Ben Hammouda, Chargée de programme  

Pourquoi la KAS s’est associée à son projet d’académie politique?

La Konrad Adenauer Stiftung travaille à renforcer les valeurs de la démocratie, de la liberté et des droits de l’Homme. 

La Kas soutient toujours la Tunisie dans son expérience démocratique et croît énormément à sa jeunesse. 

Pour aider les Tunisiens à créer un vrai changement dans la scène politique et construire des compétences capables de gérer le pays d’une manière efficace et ayant une vision et des stratégies claires, donner plus de places aux jeunes et leur ouvrir l’espace de participation politique est devenu crucial. 

La Tunisie a connu des moments phares durant ces dernières années et a besoin aujourd’hui d’investir plus d’efforts pour construire une nouvelle génération capable de créer un changement positif et donner l’alternative tout en proposant des solutions innovantes et ajoutant une dynamique jeune à l’image actuelle. 

Mais, l’image retenue et l’interprétation autour des formes de participation politique se sont construites chez les jeunes à travers les expériences vécues et l’héritage reçu depuis les dernières années. Bien que ceci n’ait pas encouragé les jeunes à s’y impliquer, nous estimons important de ne pas nier ou négliger certains efforts et transférer aussi l’expertise des personnes qui ont contribué positivement et pendant des années au développement du pays, tout en soulignant le devoir de donner plus de chance et d’opportunités aux jeunes à participer à la prise de décision. 

De même, nous pouvons remarquer que, pendant les dernières années, les jeunes sont devenus plus pessimistes et désespérés quant à la situation économique, sociale, politique et même sanitaire du pays. Même que certains sont aujourd’hui actifs dans la vie associative, mais beaucoup d’entre eux expriment parfois qu’ils ne préfèrent pas être politisés ou être actifs dans un parti politique. 

Ainsi, nous trouvons fondamental d’aider les jeunes à retrouver leurs rôles en tant que citoyens actifs, futurs leaders et acteurs de changement. 

C’est pour cette raison que durant notre travail à l’académie, nous avons accentué le point sur la nécessité de créer un pont de communication entre les trois parties : Jeunes, citoyens et acteurs locaux (municipalités, autorités, etc.) 

Le manque d’informations utiles pour les citoyens, la non-connaissance des notions de bases (liées à la démocratie participative, les droits de l’Homme, etc.), le manque de partage et la communication autour des décisions, des lois et des champs d’intervention et du travail des autorités locales ont besoin encore d’être renforcés. On ne peut pas demander aussi aux jeunes ou aux citoyens d’être impliqués aux affaires locales alors qu’ils leur manquent encore ces informations et ces données. 

Nous n’avons pas de culture politique dans notre éducation et c’est bien que vous soyez un moteur d’encouragement dans ce sens, quel message avez-vous pour nos jeunes tunisiens ?

Il est devenu temps que les jeunes se détachent de l’image politique hérité, être créatifs et pensent à créer l’alternative au lieu de se plaindre sans proposer des solutions. Si les Tunisiens souhaitent vraiment avoir une meilleure situation politique, il faut penser à de nouvelles formes et expériences propres à la jeunesse qui respecte les fondamentaux de la démocratie, la liberté et les droits de l’Homme. 

Il ne faut pas hésiter à participer à la vie civique et politique d’une manière formelle et/ou informelle. Assister à des activités associatives et intégrer le monde politique pourraient les aider non seulement à créer un changement positif, mais aussi à améliorer leurs soft skills (communication, travail en équipe, etc.) et à développer un esprit et un regard critique chez eux. Il ne faut pas rester enfermé dans sa bulle personnelle, il faut bouger et essayer de changer les choses ; communiquer, partager son point de vue, discuter, dialoguer, débattre et réfléchir est un droit à tous les jeunes et citoyens pour pouvoir participer à la prise de décision. 

Les jeunes expriment souvent leurs volontés de rendre les administrations publiques plus jeunes et de leur donner plus de chance et d’opportunités. Par contre, ils n’ont aucune confiance en les politiciens et il y’a eu une grande réticence à la politique. Il faut créer un pont de communication et remplir le fossé de générations pour une meilleur synergie et complémentarité entre la dynamique et la créativité des jeunes d’une part et l’expertise et la sagesse des politiciens expérimentés, d’autre part. 

Finalement, l’éducation à la participation civique et politique doit commencer à un âge plus jeune et toute les institutions doivent être y impliquées afin de construire cette culture chez la nouvelle génération (école, famille, clubs, media, etc.)

Aussi, les jeunes doivent comprendre que l’amélioration des conditions de vie à une échelle personnelle ne peut pas se réaliser sans commencer à améliorer les conditions de vie générale et commune. 

C’est la première édition, pensez-vous suivre dans la 2nde édition? Et, pourquoi ne pas lancer une académie politique pour les moins jeunes ? 

Le travail sur le concept du café talk a commencé entre iiDebate et la KAS depuis l’année dernière et on a ciblé la région de Jendouba. Cette année nous avons développé plus ce concept pour le cadrer dans le projet de l’académie politique. C’est un outil que nous estimons efficace pour renforcer l’implication des jeunes à la chose publique d’une manière interactive et participative.
L’objectif de notre académie c’est de créer des jeunes leaders dans les régions. Et nous avons travaillé tout au long de l’année 2021 avec 15 participants. C’est à eux maintenant, de transférer les connaissances apprises, de faire engager les citoyens dans leurs actions terrain et de créer une atmosphère et une dynamique politique dans leurs communautés. Notre rôle était juste de donner aux jeunes les outils et connaissances nécessaires, mais c’est à eux maintenant de créer cette culture politique avec les citoyens de leurs régions. Celle-là ne peut être construite qu’à travers leurs engagements, leurs actions terrains, leur travail continu et leur persévérance. Nous attendons les fruits de ce projet et nous estimons que les participants de la première édition sont capables de le réaliser avec leurs communautés. 

Sinon, le travail avec les moins jeunes est encore une idée à bien étudier, vu la sensibilité de cette cible et la nécessité de réviser toutes les techniques pédagogiques à utiliser. 

M. Elyes Guermazi Executive Director, The International Institute of Debate

Pourquoi avoir initié l’académie politique? 

L’éducation de nos jours est fondamentale pour le développement du pays, le politique intéresse de moins en moins les jeunes, surtout suite aux dernières élections municipales, législatives et présidentielles. Compte tenu de l’absence d’éducation à la vie politique dans les établissements scolaires et universitaires, l’académie politique représente une initiation des jeunes à l’activité politique visant un meilleur engagement à ce sujet. Contrairement à la Tunisie, en Europe, aux Etats-Unis, au Canada et même dans certains pays africains, l’engagement politique est enseigné en tant qu’un module à part entière dans les écoles primaires. Les simulations politiques telles que les jeux de rôles ou les élections, sont souvent pratiqués avec les enfants.

Concrètement, l’académie politique est un programme d’initiation d’un groupe de 15 jeunes des deux sexes intéressés par la vie politique. Ces derniers désirent participer en tant que candidats, ou accompagnateurs de candidats, dans les prochaines élections municipales.

Le programme a pour objet de : 

  • Comprendre le modèle politique tunisien et l’histoire de la politique en Tunisie ;
  • Acquérir des compétences d’analyse politique ;
  • S’ouvrir aux autres modèles politiques dans le monde ;
  • Acquérir les compétences nécessaires en matière de communication et de stratégie ;
  • Créer une vision politique chez le futur candidat ;
  • Former aux techniques de débats, notamment à travers notre concept  Café Talk.

Cette édition d’académie politique est notre première. En collaboration avec la KAS, nous comptons poursuivre notre aventure afin de cibler de plus en plus de jeunes. 

Pourquoi vous êtes-vous associés à la KAS? 

E: La KAS pour nous est un partenaire stratégique et technique, nous partageons les mêmes valeurs, nous travaillons avec des objectifs communs et nous voulons tous les deux créer un changement dans le pays en ciblant les jeunes surtout dans les zones marginalisées. Cette coopération date de plus de 2 ans, nous avons commencé avec une petite initiative dans la région de Jendouba avec plus de 20 participants à travers le programme Café Talk, dans le travail avec Mlle Hajer Ben Hammouda nous avons développé tout le concept avec une nouvelle approche, qui offre un espace de dialogue, espace de partage et espace d’action pour les jeunes. Ce qui est unique dans cette coopération c’est la flexibilité et surtout l’innovation dans les idées proposées par notre partenaire et les recommandations qui peuvent devenir de nouveaux projets et un accès à un réseau de partenaire très large en Tunisie. Durant l’académie politique, l’expérience KAS en Tunisie et en Allemagne nous a permis de servir le contenu de nos formations, le feed-back continue de Mlle Hajer nous a permis de développer les compétences de l’équipe dans la gestion de projets et surtout dans la stratégie d’assurer la continuité du projet à l’avenir. 

Comment optimiser vous votre partenariat avec la KAS? 

iiDebate et KAS ont clôturé la première version de l’académie politique avec un séminaire d’évaluation avec tous les participants qui ont finalisé leur parcours académique avec nous. En effet, ce séminaire nous a non seulement servi pour évaluer l’impact de nos actions sur les compétences et les connaissances des participants, mais aussi cela nous a servi pour travailler sur de nouvelles idées que nous allons essayer de déployer ensembles. Le réseau de la KAS et les ressources pédagogiques et scientifiques sont un atout pour le succès de nos nouvelles initiatives, le café talk avec la nouvelle approche basée sur l’action collective dans les communautés locales fera aussi partie de notre plan d’action. Prochainement, en collaboration avec un autre partenaire de la KAS, l’institut Arabe des droits de l’homme et grâce à sa nouvelle radio “EssaidaFM”, nous aurons une émission sous l’intitulé “café Talk, la voix des quartiers populaires”, afin d’ouvrir l’espace aux jeunes, aux décideurs et à la société civile, un espace de débat, via les médias pour un impact plus large. D’une autre part, nous allons élargir notre travail café talk à travers des clubs dans les institutions éducatives dans les régions, pour soutenir les idées des jeunes et pour comprendre leurs besoins dans le but de créer une passerelle entre les jeunes et les décideurs. 

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