Le Temps des Souverainetés au siècle du Corona

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Nabil ALLANI

En ordre dispersé et sans concertation la plupart des nations ont réagi au Covid en donnant la priorité à la souveraineté. Malgré son caractère international la gestion de la pandémie s’est faite en dehors des mécanismes onusiens exception faite de l’OMS. L’Union Européenne, L’union, le Mercosur, l’ALENA et bien d’autres organismes et  regroupements ont tous brillé par leur silence ou par leur impuissance à apporter des réponses collectives. De point de vue politique, le Corona sonne un retour en puissance de l’Etat et de la souveraineté comme on n’en a pas vu depuis au moins un siècle.

Ce retour en force de l’Etatisme se double de double d’une résurgence des Nationalismes. On ferme les frontières et les espaces aériens, on remet en cause le sacro-saint principe du libre échange dans sa conception mondialiste. Les Etats Unis de Trump menacent de quitter l’OMS, les pays de l’Union Européenne n’arrivent pas à s’entendre, en Afrique c’est chacun pour soi et en Asie la priorité revient à l’Ordre et à l’Etat Nation.

Certes il est entendu qu’une sortie de crise efficace dépend du maintien de la mondialisation qui reste un système probant pour l’intégration des pays et la circulation des richesses. Mais la mondialisation a beaucoup perdu de son crédit. L’occident veut relocaliser ses racines industrielles et moins dépendre de la Chine. Le Brexit va redevenir à la mode et plusieurs pays de l’UE ne veulent plus de la tyrannie de Bruxelles ou du diktat franco-allemand. Bien que fortement mondialisés les secteurs de la santé et l’alimentation tendront à devenir des terrains privilégiant une expansion  des souverainetés nationalistes au grand des multinationales mais aussi des GAFA.

Cette recomposition planétaire n’exclut aucune nation. Et des petits pays comme la Tunisie ont subtilement brillé dans leur gestion du COVID 19, ils ont volé la vedette aux grandes nations et fait preuve d’une résilience portée par l’innovation et la créativité. Ce paradoxe exceptionnel ravive le débat autour de la souveraineté tout en réduisant à néant les vertus organiques de la mondialisation économique.

Unique survivant du printemps arabe, la Tunisie doit gérer les inconnus post-révolutions et l’instabilité régionale. Cela ne dédouane point du débat autour des 5 souverainetés suivantes, les frontières, la santé, l’alimentation, l’éducation et les sciences.

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