L’agenda du secteur de l’énergie africain contre le COVID-19 et la guerre des prix du pétrole

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secteur de l’énergie africain

La double crise de la pandémie de COVID-19 et l’effondrement des prix du pétrole pèsent lourdement sur les économies africaines et l’industrie énergétique de notre continent. Un environnement instable des prix du pétrole a entraîné des réductions substantielles des budgets et des dépenses publiques de nos États, des pertes de contrats et menace des centaines de milliers d’emplois. Parce que rebondir de cette crise historique nécessitera une action gouvernementale stricte et audacieuse, la Chambre africaine de l’énergie a publié aujourd’hui un appel à l’action, détaillant 10 mesures qui forment un agenda du secteur de l’énergie pour l’Afrique, qui est maintenant accessible en téléchargement gratuit sur www.EnergyChamber.org.

Les conséquences de la crise actuelle sont larges et affectent à la fois les perspectives d’exploration les plus prometteuses de l’Afrique, mais aussi ses projets historiques de plusieurs milliards de dollars tels que le projet de GNL de Grand Tortue Ahmeyim (GTA) de BP et Kosmos Energy en Mauritanie et au Sénégal ou le projet GNL de Rovuma LNG d’ExxonMobil et d’Eni de 30 milliards de dollars au Mozambique. Les projets pétroliers souffrent encore plus. Au Ghana, le développement du champ de Pécan a été jeté dans des eaux très incertaines.

Aker Energy a annulé sa lettre d’intention envoyée à Yinson Holding cette année pour affréter, exploiter et entretenir le l’unité flottante (FPSO) de Pécan, qui devrait être le prochain grand développement pétrolier offshore du Ghana. Le projet pétrolier offshore de Woodside Energy, Sangomar, qui est le tout premier project pétrolier offshore du Sénégal, a été approuvé au début de cette année mais connaîtra des retards de financement.

La décision finale d’investissement (DFI) du projet Bonga South West Aparo de Shell au Nigéria, pour lequel l’appel d’offres a été lancé aux contracteurs au début de l’année dernière, ne sera probablement pas approuvé non plus cette année. Les retards dans l’exécution ou dans les DFIs de ces projets auront de graves répercussions sur les économies africaines dont les biens et services locaux devaient bénéficier de milliards de dollars d’opportunités de sous-traitance.

« Notre approche de bon sens préconise des mesures qui soutiendront la continuité des opérations commerciales et la croissance future du secteur. L’industrie pétrolière et gazière ne fonctionnera pour les Africains que si nous établissons des politiques équitables et traitons les sociétés pétrolières et gazières comme des partenaires qui conduisent notre progrès économique. En tant que voix de l’industrie de l’énergie, nous continuerons à travailler avec les secteurs public et privé et d’autres parties prenantes pour revitaliser notre secteur en remettant les Africains au travail, » a déclaré Nj Ayuk, Président de la Chambre africaine de l’énergie

Alors que l’impact immédiat sur les plus grands projets pétrolier et gazier du continent se fait déjà sentir, un impact beaucoup plus important résultera du report ou de l’annulation des plans de forage. Dans les bassins pétroliers et gaziers, les projets de forage sont retardés ou simplement terminés. C’est le cas des activités de forage de Valaris pour Chevron en Angola, des opérations de forage de BW Energy sur le permis de Marin Dussafu au Gabon, du forage exploratoire tant attendu par FAR en Gambie, de l’arrêt anticipé des travaux de forage de Maersk au Ghana sur les champs de Jubilee et TEN, ou de la force majeure de Tower Resources sur le CPP de Thali au Cameroun. Aucun pays n’est épargné et ces retards retarderont encore la découverte de nouveaux gisements et les forages de développement pour accélérer la production de l’Afrique.

Depuis le début de la pandémie de COVID-19 et de ses effets sur la demande et les prix du pétrole, la Chambre africaine de l’énergie mène le dialogue entre les secteurs public et privé pour plaidoyer en faveur de mesures de soutien à notre industrie et à ses emplois. Alors que la Chambre estime que les forces du marché doivent déterminer l’avenir de l’industrie et plaide en faveur d’un gouvernement limité dans l’ensemble du secteur, la situation actuelle appelle à des mesures urgentes. Nous ne pouvons pas laisser nos entreprises et notre industrie s’effondrer par crainte de perdre des emplois et des investissements qui soutiendraient nos économies pour les décennies à venir.

Il convient de garder à l’esprit que l’activité et les revenus du secteur de l’énergie en Afrique génèrent une quantité importante de demande et de services d’autres secteurs de nos économies.

Parmi les mesures clés figurant dans l’Agenda du secteur de l’énergie africain publié aujourd’hui figurent l’extension des CPPs et les ajustements des programmes de travail pour stimuler l’exploration et assurer la reprise des activités de forage. Bien que l’exploration soit une partie importante de notre appel à l’action, la Chambre plaide également fortement pour des allégements fiscaux sur les sociétés de services, des réformes des régimes fiscaux du secteur amont, un soutien bancaire et financier, le développement du contenu régional, des incitations aux projets d’infrastructure et des actions audacieuses pour éliminer les subventions sur les carburants.

La Chambre africaine de l’énergie continuera d’appeler les gouvernements, les régulateurs et les entreprises privées à travailler ensemble pour trouver les bonnes solutions qui fonctionnent pour leur pays et leurs opérations. Nous avons les outils en main pour ouvrir rapidement de nouveaux marchés pour nos activités pétrolières et gazières et créer de nouveaux emplois pour notre continent et devons travailler ensembles à cet objectif commun.

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