La Tunisie s’engage dans la résilience climatique avec un prêt de 81,9 millions d’euros de la BAD

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La Tunisie et la Banque Africaine de Développement (BAD) viennent de signer un accord de prêt et de garantie d’une valeur de 81,9 millions d’euros, soit environ 276,14 millions de dinars.

Ce prêt permettra de financer le Projet d’amélioration de la qualité des eaux usées épurées pour une meilleure résilience aux changements climatiques (PAQEE-RCC).

Mis en œuvre sur la période 2024-2028, ce projet vise à mieux traiter les eaux épurées et se conformer aux normes en vigueur en matière de leur réutilisation.

Malinne Blomberg, directrice générale adjointe du bureau régional de l’Afrique du Nord de la BAD, a souligné les réels impacts socioéconomiques de la situation hydrique actuelle et le faible taux de réutilisation des eaux usées traitées, qui n’atteint pas 10%. Elle a souligné que ce projet, intégré à l’économie circulaire, démontrera que la réutilisation des eaux usées traitées peut contribuer à l’amélioration du bilan hydrique face aux changements climatiques.

Le PAQEE-RCC aura plusieurs retombées positives, notamment l’irrigation de 3000 hectares de terres agricoles, l’amélioration des conditions de vie de plus de 670 000 citoyens dans les 11 gouvernorats concernés et la création de 250 emplois directs ainsi que 1000 postes indirects.

Le projet comprend le renouvellement des équipements électromécaniques et l’utilisation de l’énergie solaire photovoltaïque dans 19 stations d’épuration réparties dans les gouvernorats de Nabeul, Zagouan, Béja, Jendouba, Kasserine, Sidi Bouzid, Sfax, Gafsa, Tozeur, Kébili et Médenine.

La ministre de l’Économie et de la Planification, Feriel Ouerghi, a souligné que ce projet vise à améliorer le bilan hydrique, renforcer la résilience aux changements climatiques et améliorer les conditions de vie. Elle a également ajouté que le projet s’inscrit dans la continuité de la première phase du PAQEE financée par la BAD, qui s’est achevée en 2020.

Leila Chikhaoui, ministre de l’Environnement, a rappelé que seulement 27 des 125 stations d’épuration en Tunisie sont équipées d’un traitement tertiaire. Elle a souligné l’ambition d’équiper toutes les installations de ce type de traitement, précisant que la réhabilitation des stations existantes est plus rapide que la construction de nouvelles.

En outre, le projet favorisera le développement des énergies renouvelables et la réduction des coûts d’exploitation grâce à l’installation de 13 systèmes d’énergie solaire photovoltaïque d’une capacité totale d’environ 6000 kilowatts.

Abdelmajid Bettaieb, PDG de l’Office National de l’Assainissement (ONAS), a souligné que le projet permettra de respecter les normes de rejet des eaux usées traitées dans le milieu récepteur et d’augmenter leur taux de réutilisation. Il a expliqué que le traitement tertiaire consiste en l’utilisation de procédés chimiques et physiques pour éliminer le phosphore et l’azote contenus dans les eaux usées.

Il a également noté que la Tunisie compte actuellement 125 stations d’épuration qui collectent et traitent environ 290 millions de mètres cubes d’eau par an, dont seulement 20% sont réutilisés dans divers domaines tels que l’agriculture, l’industrie, le tourisme et l’alimentation des nappes phréatiques.

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