La digitalisation en Tunisie : Un long chemin à parcourir, selon EY

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Mounir Ghazali, associé chez EY Consulting, spécialisé en politiques et réformes publiques, a souligné le manque de digitalisation complète parmi les 1000 services publics en Tunisie.

S’exprimant sur les ondes d’Express FM, il a précisé qu’à l’exception de la déclaration des revenus, en particulier pour les sociétés, aucun service public n’a encore été entièrement numérisé de bout en bout.

Il a mis en avant l’éloignement de la Tunisie par rapport à une digitalisation exhaustive. Il a mentionné que bien que l’État puisse collecter l’impôt de manière numérique avec un taux atteignant 95%, il reste beaucoup à faire pour parvenir à une digitalisation complète.

Malgré les défis, Ghazali a reconnu les efforts déployés par l’État et les ministères des TIC pour progresser dans le processus de digitalisation. Il a évoqué l’existence d’une stratégie nationale 20-25 et d’un plan national stratégique (PNS) englobant plusieurs axes liés à la digitalisation dans divers domaines. Cependant, il a souligné le caractère transversal de ces projets, indiquant qu’ils dépendent non seulement du ministère des TIC mais également de choix stratégiques et de décisions de la plus haute autorité.

En ce qui concerne le financement de la digitalisation, Ghazali a pointé du doigt l’absence d’un fort « sponsoring » gouvernemental, notant que bien que la digitalisation soit importante, elle ne constitue pas une priorité pour le gouvernement.

Ghazali a partagé l’approche d’EY, s’inspirant des expériences étrangères, notamment du « design system ». Il a souligné que cet ensemble de bonnes pratiques, déjà mis en œuvre avec succès en France, en Italie et en Angleterre, pourrait être bénéfique à l’administration publique tunisienne. En 2017, l’Angleterre a, par exemple, recruté 800 designers dans le cadre de cette initiative.

L’associé d’EY a souligné l’absence de cette compétence cruciale en Tunisie, malgré son rôle essentiel dans la réussite de la digitalisation des services publics et l’harmonisation du parcours client. Concernant la participation des startups, Ghazali a plaidé en faveur de l’implication de tout l’écosystème de l’innovation, soulignant l’importance d’intégrer les start-ups dans le dialogue sur les politiques publiques. Il a toutefois noté que les start-ups ne sont pas encore directement impliquées dans les projets de digitalisation des services publics, sauf pendant la période du Covid-19.

Selon Mounir Ghazali, une réforme radicale du code des marchés publics est nécessaire pour intégrer les startups de manière effective.

Si l’État vise à digitaliser seulement 40 événements de vie parmi les 1000, la satisfaction client à l’égard des services publics pourrait atteindre 100%, a-t-il estimé.

 

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