L’arsenal de la Tunisie, quoi d’autre que ses entreprises ?

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Kais Mabrouk

Depuis 2011, l’entreprise tunisienne est telle un vaisseau surmontant vents et marrées afin de mener son équipage à bon port. Elle a manifesté sa position de pilier dans la continuité de l’Etat au lendemain du 14 janvier et ceci indépendamment des clivages politiques. Elle a continué à assurer les services élémentaires (santé, éducation, transport, sécurité…) quand l’Etat lui-même s’est arrêté. La gratification par le prix Nobel de la paix attribué à l’UTICA en la personne de Mme.Bouchamaoui en est un grand témoin. Hélas, ce rôle joué par les entreprises tunisiennes n’a pas été repris, relayé et reconnu ni par les médias ni par le peuple. Bien au contraire, l’entreprise a toujours été considérée par les organisations syndicales comme étant «une vache à lait» et où le patron désigné comme l’homme à abattre. Alors que l’entreprise aujourd’hui est un élément fondamental dans la constitution de la nation, où un pays est fort par ses entreprises et où le capitaine d’entreprise est tel qu’un général qui est doté de capacité et d’acuité en mesure de surmonter constamment les difficultés. Il rassemble des opinions diverses pour un objectif commun et récolte les fruits de son entreprise au profit de ses salariés, de sa région et de son pays.

Le classement que nous vous présentons dans ce numéro est le fruit d’un travail de longue haleine mené à bien par l’équipe de rédaction afin de partager avec vous une topographie exceptionnelle de la pérennité de nos entreprises et la fierté de celles-ci dans les exploits qu’elles réalisent au quotidien.

Portant mon regard sur ce classement, je suis heureux de voir que les entreprises en tête de ce classement sont dans la High-Tech et au cœur des technologies nouvelles. Les produits qu’elles réalisent, sous des exigences normatives extrêmes, sont exploités partout dans le monde. Cela prouve encore une fois que notre pays est doté d’une compétence et compétitivité accrues qui se reflètent dans le savoir-faire de nos ouvriers, de nos techniciens, de nos ingénieurs et de nos managers. À nous de les motiver, de les garder et de les faire rêver d’un avenir meilleur ici en Tunisie et nulle part ailleurs.

Néanmoins, je partage avec vous un regret. Le regret qu’elles ne soient pas dans l’amont de la valeur ajoutée. En effet, si nos entreprises tunisiennes, aussi pointues soient elles, sont toujours dans l’exécution des innovations qui nous viennent d’ailleurs. J’aurais tant souhaité qu’elles s’impliquent davantage dans la recherche et le développement. Qu’elles développent des activités d’innovation et qu’elles soient davantage force de proposition de progrès et de forte valeur ajoutée. La Tunisie investit considérablement dans la recherche publique à travers les laboratoires dans les universités. Hélas, l’entreprise tunisienne est loin de ces laboratoires et le transfert technologique y est quasiment absent. Je regrette également que nous ayons de belles startups qui devraient, une fois le «proof of concept» établi, être rattachées à de grandes entreprises par une coopération, une acquisition ou une entrée dans le capital. Mais rare sont les entreprises averties qui relayent ce genre d’initiative et on voit naître et mourir des startups sans aucune démarche dans le sens de la concrétisation de leur avenir industriel.

Je garde confiance en l’avenir à travers nos entreprises, nos chefs d’entreprises et depuis cette tribune, je les sollicite à plus de courage et d’imagination, plus de persévérance et de pugnacité. Ils sont les locomotives de notre nation. Il est de notre devoir, en tant que nation éveillée, de les valoriser, de les protéger et de les encourager à conquérir davantage de marchés, à continuer à recruter des talents et à veiller sur notre compétitivité internationale.

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