Josef Renggli : «La Suisse soutient de longue date la Tunisie.»

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Interview avec Monsieur Josef Renggli – Ambassadeur de Suisse en Tunisie.

Vous occupez vos fonctions depuis près d’un an, quel bilan dressez-vous ?

J’ai pris mes fonctions à la tête de l’Ambassade de Suisse en Tunisie au mois d’octobre 2021, soit il y a un an. Une année est une période bien trop courte pour dresser un bilan mais suffisante pour se faire une solide impression. Et croyez bien que je suis très heureux d’être ici en Tunisie ! C’est un pays fascinant aussi bien par ses très beaux paysages que par sa riche culture et sa captivante histoire. Ensuite, je ne vais pas être très original en vous disant que les Tunisiennes et les Tunisiens sont des personnes très accueillantes…

Durant cette année, j’ai aussi pu réaliser l’excellent état des relations entre la Suisse et son pays ami qu’est la Tunisie, et me suis engagé pour les développer encore. La Tunisie est un partenaire important de la Suisse dans la région : nos relations formelles datent de l’indépendance, mais depuis une décennie la Suisse a encore augmenté sa coopération avec la Tunisie en engageant des montants importants en soutien au développement économique et à la transition démocratique du pays.

Quel état des lieux faites-vous des relations économiques et commerciales entre la Tunisie et la Suisse ?

Il y a beaucoup à dire à ce sujet ! La Suisse dispose d’un accord de libre-échange avec la Tunisie par le biais de l’Association européenne de libre-échange (AELE).

Entré en vigueur en 2005, celui-ci couvre les produits industriels, les produits agricoles transformés ou encore le poisson et les autres produits de la mer.

Selon les statistiques suisses, le volume total des échanges commerciaux de la Suisse avec la Tunisie en 2021 a atteint 414 millions de francs suisses, contre 396 millions de francs suisses en 2020. Une progression encourageante !

Il existe d’ailleurs de nombreuses opportunités de développement du commerce et des investissements entre la Suisse et la Tunisie dans le secteur industriel, mais également dans les secteurs des services et de l’agroalimentaire.

Leur réalisation dépendra en partie de la stabilité politique en Tunisie et de la capacité des autorités tunisiennes à améliorer le climat des affaires.

Plusieurs atouts séduisent de nombreux investisseurs suisses, comme la proximité géographique avec la Suisse et les marchés européens, la main d’œuvre compétitive, ainsi que le partage de la langue française.

Outre les produits de l’industrie manufacturière, la Tunisie exporte un certain nombre de services vers la Suisse, comme les « call centers », l’outsourcing dans le traitement de données en assurance, la comptabilité, les ressources humaines ou encore l’architecture.

Selon vous, comment peut-on renforcer cette coopération entre les deux pays ?

D’une part, je dirais que les investisseurs de Suisse, comme d’ailleurs, recherchent des conditions-cadres favorables au développement de leurs activités.

Il est donc nécessaire que la Tunisie mette en œuvre certaines réformes qui l’aideront à remettre son économie sur les rails d’une croissance durable. Je n’ai aucun doute que les relations économiques entre nos deux pays s’en trouveraient renforcées – que ce soit en termes de commerce ou d’investissements.

Le secteur touristique est un exemple de ce point de vue : la Tunisie possède un énorme potentiel en matière de tourisme, notamment en provenance de Suisse.

Et pourtant, les connections aériennes entre la Suisse et la Tunisie restent contraintes par un accord aérien bilatéral obsolète qui empêche des compagnies aériennes qui le souhaitent d’amener plus de touristes suisses en Tunisie. C’est pourquoi la Suisse souhaite depuis des années réviser cet accord aérien et en faire un accord « win-win ».

Quelles sont les perspectives pour le partenariat économique entre la Suisse et la Tunisie ?

Le volume des échanges économiques entre la Suisse et la Tunisie ont démontré une très bonne résilience face aux défis importants de ces dernières années. A court terme, je ne m’attends pas à beaucoup de changements.

A plus long terme en revanche, je suis convaincu que les perspectives de renforcement sont bonnes, et je vais m’engager dans ce sens. Dans les domaines du commerce et du transport par exemple, nous pourrions offrir des conditions-cadres plus favorables aux opérateurs économiques, notamment en stimulant la compétition.

La Suisse et la Tunisie ont des économies assez complémentaires qui ne devraient pas craindre la compétition.

Concernant vos dernières initiatives, pouvez-vous nous en dire plus sur le programme « Takween » ?

La Suisse est convaincue qu’un bon système de formation professionnelle aide les jeunes qui arrivent sur le marché du travail à rapidement trouver un emploi.

C’est pourquoi la Suisse soutient de longue date la formation professionnelle en Tunisie. En mai dernier, nous avons lancé le programme Takween, que nous finançons à hauteur d’environ 10 millions de francs suisses. Grâce à ce financement substantiel, la première phase de 5 ans soutiendra activement le dispositif national de formation professionnelle dans ses efforts en vue de former, mettre à niveau et spécialiser plus de 11 500 jeunes afin de répondre aux besoins spécifiques du secteur privé tunisien en main-d’œuvre qualifiée.

Et comme c’est le cas dans le système de formation professionnelle suisse, le programme Takween prévoit une forte implication des employeurs du secteur privé dans la mise en œuvre du système sous la forme de partenariats public-privé.

Plusieurs conventions d’application ont d’ailleurs déjà été signées avec la Fédération nationale des métiers, la Fédération nationale de l’électricité et de l’électronique, la Fédération tunisienne de l’Hôtellerie et des entreprises privées comme Draexlmaier, PSZ Tunisie, WS Tunisie et Electrocontact Tunisie. Je suis particulièrement heureux que notre programme appuie de nouvelles formes de collaborations avec le secteur privé !

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