Jesús Arnedo : «Anantara, le luxe sensuel au service du paysage socio-économique.»

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Jesús Arnedo General Manager Anantara Tozeur

Entretien avec Jesús Arnedo, General Manager – Anantara Tozeur.

Pouvez-vous nous présenter votre parcours professionnel ?

Simultanément à mon poste actuel de directeur général à l’Anantara Sahara Tozeur Resort & Villas et dans une optique ambitieuse œuvrant pour le développement de la chaîne Anantara, je participe activement au suivi des nouveau-nés du groupe thaïlandais à Dublin, Rome, Budapest mais aussi à Nice.

Précédemment, j’occupais le poste de responsable du développement et de l’asset-management du groupe Minor en France, en Espagne et au Portugal. 

2 ans plus tôt, je travaillais en tant que responsable régional des opérations au Mexique et à Cuba. Je dirigeais ainsi un riche portfolio de 18 hôtels dont 16 situés au Mexique et principalement dans sa capitale Mexico et 2 à la Havane, à Cuba. 

Antérieurement et pendant maintes années, j’avais dirigé une quinzaine d’hôtels de 4 et 5 étoiles. Essentiellement, j’avais été responsable des ouvertures de nombreux d’entre-eux et c’est ce qui, selon mon humble avis, est véritablement ma spécialité et l’essence même de mon travail.

Comment l’hôtellerie en Tunisie va-t-elle dépasser cette crise ?

La situation n’est guère facile. L’hôtellerie a subi de graves pertes dans les chiffres d’affaires. Les confinements respectifs ont figé la vie en Tunisie, tout comme en Espagne. Nous empruntons le chemin de la résistance et de la patience, en pensant que le futur sera meilleur et que la demande internationale va se redévelopper après les campagnes de vaccinations nationales, internationales et l’extinction du virus. 

À peine ouvert en décembre dernier, Anantara Tozeur a dû fermer ses portes au mois de mars, après à peine 3 mois de fonctionnement, marqués par de faibles taux d’occupation. Notre activité a ensuite repris, à partir du mois de septembre et nous avons œuvré pour la diversification de notre offre tout en nous conformant aux consignes sanitaires.

Je dois, cependant, avouer que le dynamisme du marché tunisien m’a agréablement surpris. Nous sommes chanceux que les Tunisiens et les familles en particulier, affluaient en nombre durant le weekend et les jours fériés. J’espère que les mois suivants seront prometteurs afin de pouvoir stabiliser le fonctionnement de l’hôtel et le repositionner à l’échelle nationale et internationale.

Et comme vous le savez sûrement, afin de garantir une qualité de service irréprochable et digne des Grands Palaces, nous devons impérativement attirer une clientèle internationale et diversifiée. Ceci demeure notre ultime défi. 

Selon votre expérience, que faudra-t-il faire pour améliorer davantage l’offre locale et régionale en matière d’hôtellerie ?

Depuis mon arrivée en juillet dernier, j’avais témoigné de la richesse culturelle, historique et naturelle de la Tunisie. Lors de mes nombreuses visites, j’avais effectivement remarqué que le pays regorge de ressources matérielles et immatérielles, malheureusement inexploitées ou sous-développées. Je cite à titre d’exemple, les sites archéologiques, les sites naturels mais aussi l’artisanat local et les produits du terroir.

Ainsi, afin d’améliorer davantage l’offre locale et régionale en matière d’hôtellerie, je pense qu’il faudrait commencer à l’échelle macroéconomique avec un plan stratégique impliquant secteur privé et gouvernement qui visera principalement à mettre en exergue les charmes de la Tunisie. 

Par la suite, il faudrait travailler sur les communications entre les villes mais aussi avec les pays voisins comme l’Algérie. Il est indéniable que le réseau routier tunisien présente maintes défaillances. Effectivement, les autoroutes qui longent la côte ne communiquent malheureusement pas avec le centre et le sud du pays. Ensuite, il serait opportun de se tourner vers le volet écologique et sur l’importance du recyclage et du tri sélectif des déchets. Et en dernier lieu, le pays doit mobiliser toutes les parties prenantes pour mener à bien et assurer la formation et l’enseignement des jeunes dans les langues et les nouveaux métiers du tourisme et de l’hôtellerie.  

5 maîtres mots à retenir: Savoir-faire, Transport, Gestion, Organisation et Formation.

Il faudrait tout simplement commencer par faire le premier pas !

Quels sont vos projets à Anantara Tozeur Resort Hôtel ?

Comme hôteliers, notre but ultime demeure la finalisation du processus d’ouverture de notre Resort, consolider son service et optimiser la proposition de valeur grâce à nos luxueuses Suites De luxe et Villas. Nous avons repris le travail en septembre avec un rythme accéléré et nous continuons à perfectionner nos services et standards. Nous allons aussi finaliser certains travaux et difficultés techniques, ralentis suite à la crise du covid-19. Dans un deuxième temps, nous allons renforcer la stratégie commerciale et marketing. En dernier lieu, nous continuerons à appliquer notre stratégie de développement économique et social de la région de Tozeur et de ses environs ainsi que notre stratégie de développement durable.

Je partage avec vous quelques projets que je souhaiterais mettre en place dans un futur proche : Un camp dans le désert, prenant pour exemple notre chaîne sœur, Elewana Collection. 

De plus, avec nos 40 hectares de superficie, un camp de chameaux serait aussi envisageable. 

Mon aspiration principale serait qu’Anantara Tozeur corresponde, dans la perception de la clientèle adepte de luxe, à l’ultime destination, en pensant à un voyage inédit au sud tunisien. 

Quel regard portez-vous sur l’hôtellerie de luxe ?

Dans le passé, un hôtel dit ‘de luxe’, représentait des investissements colossaux, en équipements, meubles, décorations, dorures, restaurants étoilés, etc.

Anantara vise à simplifier le luxe. Selon la philosophie de la marque, le luxe réside dans la perception du client, ses sentiments, l’anticipation de ses demandes, les techniques de services, les standards, la haute gastronomie, un emplacement de rêve où le client se sent seul au monde, entouré de paysages naturels extraordinaires. C’est une évolution du luxe matériel vers le luxe sensuel, où le client va se rappeler de chaque détail, chaque expérience et chaque moment.

L’hôtellerie de luxe du futur aura beaucoup de défis à relever, car ces établissements de luxe contribuent de manière directe à façonner le paysage socio-économique de leurs zones de développement et d’activité. En Tunisie, une dizaine d’unités, concentrées notamment dans les zones côtières, présentent un service de luxe et des bilans prometteurs. Ceci demeure cependant insuffisant et je plaide que d’autres zones du pays puissent héberger, à leur tour, de telles infrastructures.

Anantara Sahara Tozeur Resort & Villas souhaite rapprocher les voyageurs des destinations, des petits détails et des charmes locaux. Nous veillons, jour et nuit, à créer des expériences sur mesure et uniques pour une clientèle de loisir ou aussi du business.

Nous sommes déterminés à vous connecter avec la destination, les sites naturels, culturels et les coutumes tozeurienne et, sans doute, tunisienne. 

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